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Le 47ème Régiment d' Infanterie
Ce régiment semble bien être l' héritier du Régiment de Carignan-Salières.
 Régiment de Lorraine Régiment de Monsieur
 
Courriers entre Mr le Marquis Desgouttes et Mr De Drucourt en juin et juillet 1758 à Louisbourg   courrier intégral retranscrit
 

Mise à jour le 16 décembre 2013

  Portraits Officiers Supérieurs en Présence Portraits  des officiers en Présence      
Avril 1758 Mai / Juin1758 Juillet 1758   Reddition  Soldats de Louisbourg  Forces en Présences

Louisbourg du 8 juin au 26 juillet 1758

 

 
 
Photo :Nouvelle-France-Horizon Nouveau FRCHAN NN T7367 Photo : Patrimoine militaire Canadien
                                                                                     

En Décembre 1756, le nouveau gouvernement Anglais dirigé par William Pitt modifie profondément le déroulement de la guerre . Il convainc le Roi Georges II de faire porter l' effort principal de la guerre dans les Colonies, tant en Amérique du Nord qu' au Indes. Pour en chasser la France de tous ces territoires et avoir ainsi la suprématie maritime. Et ainsi ils récupérerait  l' ensemble des bénéfices provenant des zones de pêches, fourrures etc... qui étaient colossaux.

 John Campbell, Comte de Loudoun inversement à Montcalm, s' allie et favorise la levée de troupes locales, telles les Rangers mettant en valeur leur aptitudes sur le terrain. La décision d' une invasion à grande échelle est alors prise. Les Anglais doivent prendre Québec puis Montréal . Mais avant cela il faut supprimer la forteresse naval qu' est Louisbourg  et l' Isle Royale.

L’attaque des forces anglaises contre les forces françaises au Canada  prévue en 1757  a été reportée en 1758 pour des raisons militaires. En 1757, les troupes sont  engagées contre la ville de Rochefort en France et sur la côte basque de Biscaye Espagne.
Ce fut un fiasco pour les forces Anglaises. Il fallut donc attendre 1758 car l’hiver approchait et il n’était pas question de risquer des navires et des hommes durant cette période. En janvier 1758, la décision finale prise en Angleterre, nomma  le Général Amherst commandant en chef des troupes pour l’expédition contre Louisbourg et  l’Isle Royale  etc... et l' Amiral Boscawen pour ce qui concerne les forces Maritimes.

 
                                                                                  Officiers Supérieurs Anglais
          

Le général AMHERST avait sous ses ordres entre autre les officiers suivants 

Du côté maritime, l’escadre était commandée par l’Amiral Boscawen
L’escadre comprenait 22 vaisseaux de ligne,
18 frégates escortant les transports de l’armée,  un brûlot, et 154 bâtiments de transport

           

Général Wolfe avec Amherst sur Louisbourg puis sera détaché sur la côte incluant Gaspé Mont-Louis, Pabos..... 
Sous ses ordres

Major Dalling, Capitaine Jacob

 



Sous les  ordres de Boscawen
 Sir Charles  Hardy

 

 

           

   Général Abercromby se dirigeait sur Fort Carillon
Sous ses ordres

Major Scott

Charles Lawrence
Gouverneur de la Nouvelle-Ecosse
http://www.cyberacadie.com/Biographie/2_
Illustration_Charles_Lawrence.jpg

     Général Forbes se dirigeait sur Fort Duquesne          

 Né le 21/12/1714; décédé le 25/septembre 1774
Officier de L' armée Britannique, il Participa aux Bataille de Louisbourg en 1745 et 1758.
le Colonel Bradstreet participa à la capture du fort Frontenac.
Il termina sa carrière en tant que Major Général, grade qui lui fut donné en 1772
Sources:  flickr de Yahoo
         
 
                                                                                                                                         Officiers Supérieurs Français
       Drucourt            Desgouttes
   Boishebert    
       
       
 

 

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                                                  L’attaque totale a été répartie en plusieurs endroits :

Louisbourg, l’attaque de cette cité commença le 8 juin 1758,   

Déjà en mars du côté de Louisbourg sont apparus quelques vaisseaux jugés ennemis et en avril on en vit un plus grand nombre sur l' ile D' Estocatary qui ont croisés plusieurs jours dans les parages. Ce qui a eu pour effet que l' on renforça le poste de l' ile d' entrée par l' arrivée de M. de la Loue capitaine au Bataillon d' Artois qui a été nommé commandant du poste afin de s' assurer du bon fonctionnement de celui-ci et veiller à ce que l' artillerie soit bien servie et tire à bonne portée. Des  consignes d' alerte sont données...
 
Le 5 avril
 L' Apollon armé en flûte chargé de vivres est entré dans le port, commandé par le Capitaine Bellefeuille (Capitaine de Brûlot). Il nous apprit le départ de M. Desgouttes commandant le Prudent vaisseau armé de 74 canons et du Raisonnable commandé par le Prince de Monbason de 64 canons convoyant 4 Frégates et une Flûte chargée de vivre et munitions de guerre.
 
Le 14 avril
 Première mise en alerte et distribution des consignes
 
Le 24 avril
  Le Prudent et la Chèvre ont mouillés dans ce port, quand aux autres frégates, La Mutine a relâchée aux Isles du vent pour voies d' eau, suite à un abordage avec le Raisonnable, et a été contraint de rentrer à Rochefort. La Diane prise en chasse à la vue de Louisbourg, l' on ignore son sort, la Fidèle s' est séparée de l' escadre depuis plusieurs jours sur les bancs de Terre-Neuve. Le Raisonnable, qui avait abordé la Mutine a été contraint de rentrer à Lorient.
 
Le 28 avril
  Il nous est arrivé une escadre venant de Brest commandé par M. Boissier ,ces navires sont :
L' Entreprenant de 74 canons, commandant, M. Boissier,  Le Célèbre de 64 canons armé en flûte Cdt M. de Marolle,  Le Capricieux de 64 canons armé en flûte Cdt Chevalier de Tourville, Le Bienfaisant de 64 canons armé en flûte Cdt Chevalier de Courseran, La Commette frégate de 24 canons Cdt de Sorgerre. .
Les trois bâtiments en flûte étaient chargés de vivre et d' un bataillon de volontaires étrangers, ayant une partie de leur canons à fond de cale et le reste en batterie. Ce même jour il est apparu 9 vaisseaux ennemis, puis le soir 22 autres voiles. L' on fit partir aussitôt plusieurs détachements pour garder les postes de la côte de Gabarus

Le Port
en activité avant
L' Assaut

   

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Le 1er Mai
 Visite de la Pointe Blanche par Desgouttes et Franquet afin de déterminer les emplacements de canons.
 
Le 14 Mai
  Renforcement de ces consignes par le Chevalier de Drucourt, M. de St Julien commandant le Bataillon d' Artois, M. Marin commandant  le Bataillon de Bourgogne et M. Dauthonnay, commandant  du Bataillon des volontaires étrangers qui devrons rejoindre leur positions dès les 2 premiers coups de canons tirés du Cavalier de la Porte Dauphine et de la Générale au poste de la Cormanrandière, ou de la Générale du poste de la Pointe.  
 
Jeudi 1er Juin
  ; A 8h ce matin, il est apparu 70 voiles Anglaises dans le sud , les vents contraire ne leur permettant pas d' approcher au plus près.
Dans la soirée sont arrivées ici en provenance de port Dauphin deux officiers,  l' un de la marine et l' autre du Bataillon de Cambis pour nous faire part de
 l' arrivée à Port Dauphin des navires suivant : Le Dragon, Le Sphinx, Le Hardi, Le Zéphir et un bâtiment de la compagnie des Indes
 M. de Chassault nous signal avoir fait passer à la Baie de L' Espagnol,  le Bataillon de Cambis, pour rejoindre Louisbourg par voie de terre.
 
Vendredi 2 Juin
 La Flotte Anglaise ne pouvant manœuvrer correctement faute au vent se regroupe dans la baie de Gabarus, tous les postes sont renforcés et
il est mis en réserve 2 compagnies de grenadiers ainsi qu' un nombre important de piquets près à renforcer les différends postes. Il est fort à penser que les Anglais font les préparatifs pour débarquer au petit matin. Des barges ayant été repérées en direction semble t- il des Anses à Gautier. Il a été demandé 100 hommes à M. Desgouttes pour renforcer cet endroit.
 
Samedi 3 Juin 
A 4 heure ce matin ,une seconde division d' environ 40 voiles anglaises est apparue du coté de l' entrée de Gabarus ce qui porterait à environ
2 à 3 vaisseaux à 3 ponts; 8 à 9 portant de 4 à 70 canons une douzaine de frégates de 24 à 40 canons. Un trois ponts se tient au large de l' entrée.
Quelques tirs ont été échangés, un boulet anglais a touché une réserve de poudre et démoli de la sorte une partie de ces retranchements. Il y a été envoyé une compagnie de grenadiers et 2 piquets avec des outils et des munitions. Il y a été dénombré 3 morts et plusieurs blessés dont le Chevalier de Chassy.
   
Dimanche 4 Juin
. L'ensemble de la flotte Anglaise prend semble t-il ses positions d'attaque prête à débarquer ses troupes et faire ouvrir le feu par ses navires de guerre. Du côté Français l'on renforce ses positions, la Pointe Plate a été renforcée de deux canons de 24 et d'un mortier de 8 pouces. Le mauvais temps pluie et brume ne permirent pas le débarquement.
  
Lundi 5 Juin
. Soldats et matelots de l' Escadre travaillent au coude à coude afin de renforcer les positions avec l' apport de pièces d'artillerie, renforcement des tranchées ou des points nécessitant un appui .L'arrivée de 10 compagnies du régiment de Cambis en soirée permet un renforcement en hommes des différentes positions. D'autres compagnies sont attendues.
  

Mardi 6 Juin . Les positions sont les suivantes

Positions Commandants   Nombres d' hommes   Annotations
Les Anses de la Cormorandières M. de St Julien   985 Commandant Le Bataillon D' Artois
La Pointe  Plate M.  Marin   620 Commandant le Bataillon de Bourgogne
La Pointe  Blanche M.  Dauthonnay   250 Commandant Les Volontaires Etrangers
La Montagne de Diable        Joubert     70  Joubert et Villejoint couvraient toute la zone comprise entre leurs deux positions
La Pointe aux Basques       Villejoint      (Acadiens)     90  
Les Anses à Gauthier     150  
Le Grand  Laurembeq       50  

Tous ont reçu consigne de se prêter main forte et d'agir au mieux des mouvements ennemis.
Le reste des troupes étant à l'intérieur de la ville, aux ordres de Drucourt, commandant en chef de la place.

  Mercredi 7 juin . Quelques mouvements de navires Anglais vers les anses à Gautier et Laurembeq où ils se sont présentés. Ils sont revenus à Gabarus le soir même. Il est dit ceci:  "....L' ennemi rangé en bataille par plusieurs lignes au nombres de 200 voiles dont 23 vaisseaux de ligne et 18 frégates n' avaient encore rien fauté, ni fait acte d'hostilité que quelques volées de canons qu'ils envoyaient par intervalles sur nos retranchements de la Cormorandières et qu'ils tiraient d' une grande lieue et par lesquels ils n'avaient pas grand effet......" M G

 Il arrivera par la suite un nouveau bâtiment de guerre et 5 frégates
A cet instant les forces en présences sont :  
                                                  Français                                              Anglais
Nom du Navire Tonnage Canons Capitaine

Annotations

 L'Apollon 800 56   Belefeuille                 Armé en Flûte
 Le Prudent 1500  74  Desgouttes Brulé dans la rade.
 Le Raisonnable 1100  64  Mombasson Aborde la Mutine et est obligé de rentrer à Lorient
 La Chèvre 300 12                                        Frégate
La Mutine 380 24       Marchesseau                                                  Frégate
Voie d'eau
obligé de retourner à Rochefort
La Diane 440 28   Gervais                                             Frégate
Disparu
La Fidele 500 30  Salaberry Frégate
...                                            Flûte
Abordée ,coulée
L'Entreprenant   74  Boissier (Beaussier)  
Le Célèbre   64  Marolle  
 Le Capricieux   64  Tourville  
Le Bienfaisant 1100 64  Courseran Pris dans la Rade
La Comète   24  Lorgeris                        Frégate
La Galatée 360 24  Dubois Frégate
Pris par
L' Anglais, avec 3 marchands
Le Dragon        
Le Sphinx        
Le Hardi        
Le Zéphir        
L'Aréthuse      Vauquelain                    Frégate
Le Robuste        
La Perle                                              Transport
Le St Joseph        
la Ville de St Malo 230 14 Auguste César Le Gentil Transport
Le Messager 500 10   Transport
Le Gaudechou        
La Thérèse        
Le Prudent II        
Le Rinocéros        
la Mignone       Frégate
Le Gabriel de L' Ile de Ré        
L' Aimable Marthe de la Rochelle        
Le St Jacques        
L' Espérance de la Rochelle        
Le Rubis        
Le Hanovre       Frégate
Le Winchetser       Frégate
La Sagitaire de Bordeaux        
         
                                                        Les Forces Françaises    
                                                              6 Vaisseaux de Guerre
                                                             10 Frégates
                                                               1 Brûlot
                                                             10 Bâtiments de transport
           Plus un nombre important de navire de Pêche et divers bloqués par les Anglais
                                       
                                                Force de Terre
                                                   Régiment d' Artois                           ( 2ème Bataillon )
                                                   Régiment des Volontaires étrangers ( 2ème Bataillon)
                                                   Régiment de la Compagnie des Indes
                                                   Régiment de Cambis                         ( 2ème Bataillon )
                                                   Régiment de Bourgogne                  ( 2ème Bataillon )                 
                                                   Régiment de la Reine                        ( 2ème Bataillon )
                                                   Régiment du Languedoc                  ( 2ème Bataillon )
                                                   Régiment du Berry                            ( 2ème et 3ème Bataillon)
                                                   Régiment de Guyenne                      ( 2ème Bataillon )
                                                   Régiment du Béarn                           ( 2ème Bataillon )
                                                   Régiment de la Sarre                         ( 2ème Bataillon )
                                                   Régiment Royal Roussillon             ( 2ème Bataillon
                                                  
   Hommes de troupes provenant des Vaisseaux et des détachements des Régiments: Armagnac et Auxerrois; ainsi que des détachement des Régiments de la marine: Pentiève, Beauvoisis, Montrevel.
                                                    Régiment  Suisse

                                                     Soit un Total de ~ 7000 hommes
 
Pertes : 2140 tués ou blessés au combat. 1200 morts de la peste (y compris des civils)
5600 prisonniers, 239 canons de capturés, 8 à 10 bâtiments de guerre détruits ou capturés  




   
Tous renseignements concernant ces forces en présence sont les bienvenus
   
Nom du Navire Tonnage Canons Capitaine équipage
                                                    1ère  Division
 Le Royal William   84  Le Chevalier  Hardy  
(Contre Amiral)
            Evans (Cpte)
   765
 Le Morthumberland   70   Lord  Coloil   520
 Le Centurion   54            Mantel   320
 Le Burford   70           Gambiev   520
 La Vangard   70            Marshal   520
 Le Nortingand   60     400
 La Défiance   60            Beard   400
                                                          Frégates
 La Borcas             Gramon     (Frégate de 20 à 36 canons)  
 La Niglingale             Himtée                                  "  
 La Scarbrough        
 La Kénington             Beore                                    "  
 La Deaunou        
 La Junon             of Prins                                 "  
 La Diana             Portmahon                           "  
         
                                                2ème Division
 Le Namur   90 M. Boscawen     (Amiral)
            Buessle   (Cpte)
  700
Bedford   64            Touble   400
Le Terrible   74            Collins   700
 L' Arc en ciel   50     300
 Le Lancastel   68            Eugeumb   520
 Le York   60            Pigot   420
 Le Dublin   74           Veduey   600
 Le Captain   64      Amherst    ( Général en chef)   520
 Le Prince Frédérik   64             Man   520
                                                      Les Frégates
 La Ethéna        
 La Lightumg        
 La Grammond        
 La Hunter        
 La Bind        
 La Beauver        
 La Piloc        
 La Trent        
 La Port Mahon        
                                                     3ème Division
Princesse  Amélia   80     M.  Durel      (Comodore)
              Bray    (Cpte)
  665
 Le Prince of Orange   60             Terquesone   420
 Le Sundherland   50             Dousse   320
 Le Pembrook   60              Simere   400
Le Sumerset   60              Hughes   520
 Le Kinston   600             Parry   420
 L' Oxford   70             Pry   520
Devonshire   70            Gordon   520
                                                        Les Frégates
 L' Asguirel        
 Lahel        
 La Halifax        
Jeurbroryh             Lynde                                   "  
Shannon             Tyloc                                    "  
Lortna             Squiwell                               "  
Lingbtining             Hawk                                    "  
                                    Les Forces Anglaises
                                      24 Vaisseaux de Guerre dont 3 à trois ponts
                                      23  Frégates de 12 à 36 canons
                                         1 Brûlot
                                     154 Bâtiments de transport

                                               
       Force de terre
 
                                      14 Régiments de bonnes troupes
                          Régiment  Royal                  954 hommes, officiers inclus
                          Régiment  Amherst             859       "                   "
                          Régiment Vithemore          1007       "                  "
                          Régiment Braggs                 704        "                  "
                          Régiment Hatvay                 633        "                  "
                          Régiment Hopson               736         "                  "
                          Régiment Valbertonne        945
                          Régiment  La Celle               948
                          Régiment  Webb                1029
                          Régiment  Austraher           695
    1er Bataillon de Royal Amériquin          1033
                       (Colonel  Monkton)
    2ème Bataillon de Royal Amériquin        902
                       ( Colonel Laurence)
                        Régiment Royal Ecossais    1119
                        ( Colonel Fraisier)
                             Régiment  Forben               741
 Troupes Légères ou Coureurs des Bois     490  ou 1100 selon les documents
                             Corps D' artillerie                324  Canonniers
                                  Ingénieurs                        22
                            Environ  500 Hommes de Troupes provenant des Vaisseaux

                                       Soit un Total de ~ 17000 hommes
 
 
Pertes : 6800 hommes tués ou blessés dont 3800 soldats réguliers avec 10 à 12 vaisseaux de ligne détruits

( il semblerai que le nombre de vaisseaux anglais détruits
soit erroné, si vous avez des informations concernant ce sujet penser à nous.)

 
                                                                                 Portraits  des officiers en Présence
                                  Officiers  Français                                                 Officiers  Anglais
  Monsieur de Marolles   Colonel Fraisier  
  Chevalier de Tourville   Colonel Laurence  
       

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Tous renseignements concernant ces forces en présence sont les bienvenus

Le 8 Juin :  A 4 heures et demie du matin, les bâtiments anglais situés aux anses de la Cormorandières et Pointe Plate, ouvrent le feu et durant 1h1/2 pilonnent les positions françaises. A six heures les canots et barges chargées de troupes quittent la protection des navires et avancent vers la côte. Ils ont formé 3 divisions ayant chacune leur pavillons de ralliement .La division blanche s'est porté sur la Pointe Blanche. Mons. Dauthonay  qui y commandait était à faire feu de sa grosse artillerie, qui consistait en 2 pièces de 18 pouces et 1 pièce de 24 pouces mis en batterie depuis deux jours. Malgré ces tirs les Anglais ont continué leur approche des côtes. On a alors battu la générale en ville. Les positions ont été renforcées.
Alors que les grenadiers de Cambise et un piquet marchaient à la Pointe Blanche, l'on a vu les barges virer de bord et se porter à la Cormorandière où la division rouge s'était dirigée. Cette division a attaquée l' Anse au Sable. Pendant ce temps, 3 barges chargées de 100 tirailleurs avec le Général Wolfe s'attaquaient à une partie de rochers jugée jusqu'alors inaccessible. Ils l' a gravirent et s' y accrochèrent .

Wolfe fut le premier des officiers à mettre pied à terre.

(Le général James Wolfe a été élevé dans une famille militaire, il a souffert d’un état sensible toute sa vie qui est tourmenté par ses maux et par les représailles des supérieurs opposés à son avancement dans le service britannique. Pour notre but, nous prenons la biographie de Wolfe avec son service comme quartier-maitre général durant la guerre de « Sept ans ». L’expédition contre la ville de Rochefort et les côtes espagnoles de Biscaye furent un fiasco. Dans l’enquête suivante sur la conduite de son ami, Sir John Mordaunt , commandant militaire, Wolfe a su tirer profit de la situation. Il a été fait Colonel du 67 è Régiment, nouvellement formé. En janvier 1758, Jeffrey Amherst en tant que Général principal a été au commande de l’expédition contre Louisbourg, l’Ile Royale etc. Wolfe a été nommé au rang local en tant que Général de brigade en Amérique…)
A l' Anse au Sable, où le Gouverneur avait posté ses troupes près de 2000 hommes, ne laissant que 300 soldats en ville. Les 2000 hommes se tenaient silencieux, les armes prêtes, derrières les retranchements de l' Anse aux Cormorans. Les Anglais qui ne voyaient point le piège où ils allaient tomber, continuaient de descendre à terre.
La colonie aurait été sauvée si on leur eut donné le temps d'achever leur débarquement, et de s'y avancer avec la confiance de ne trouver que peu d'obstacles à franchir; " Alors, accablés tout à coup par le feu de l' artillerie et de la mousqueterie, ils eurent infailliblement péri sur le rivage ou dans les flots, au milieu de l'opération précipitée du rembarquement, car la mer était dans cet instant fort agitée."
Mais l' impétuosité française, fit échouer toutes les précautions de la prudence. A peine les généraux anglais eurent-ils débarqués une partie de leur troupes et fait signe aux autres d' aborder, que l'on se hâta de découvrir le piège.
 Au feu brusque qui éclata sur leur chaloupes, et plus encore à l' empressement qu'on eut de déranger les branches d' arbres qui masquaient les forces que l' on avait tant d' intérêts à cacher,  ils devinèrent le péril et l' évitèrent. Revenant sur leur pas , ils ne virent pas d'autres endroits pour descendre que le rocher ou Wolfe avait envoyé des tirailleurs.
Le général occuper du soin de faire rembarquer ses troupes; ordonna à un officier de s'y rendre. Ce que fit le Major Scott avec une poignée de soldats. débarquant seul de sa chaloupe à moitié coulée. Il ravive ses hommes réduit à une dizaine et atteint les hauteurs,  protégé par les rochers, il y contient une contre offensive française et indienne et malgré l' artillerie,  prennent possession du seul point qui leur permettaient d'assurer leur descente vers la ville.

Les Français débordés et pris en flanc, inquiets du bruit qu' un autre corps d' armée ennemi était débarqué au Cap Blanc, croyant qu'ils seraient coupés de la ville, quittent leurs positions et rejoignent Louisbourg.

Les Français avaient perdus 200 hommes tués ou prisonniers.
Parmi ces tués " Le Capitaine et le sous-lieutenant des grenadiers de Bourgogne; M. Mascle est blessé.

A 7 heures du soir, les troupes avaient rejoint Louisbourg, le véritable état de siège venait de commencer.
Un conseil de guerre réunissant, Drucourt Gouverneur de la place, Desgouttes, commandant en chef de la flotte, Beaussier, Marolle, le chevalier de Courserac, le chevalier de Sorgeville, Du Dresnay, Desrochers, le chevalier de Tourville, où chacun faisait part de ses réserves.
Desgouttes a demandé le départ de la Flotte, Drucourt a rejeté toute idée de laisser partir celle-ci.

Les sept compagnies restantes de Cambise, sont arrivées à 7heures du soir au fond de la Baye, les chaloupes des vaisseaux les ont été chercher. L'on a mis le même soir le feu aux maisons du Barachois qui formaient un faubourg considérable.

Les Troupes ont couché au bivouac dans le chemin couvert et les Grenadiers soutenus de quelques piquets au four à chaux que l'on a commencé à démolir
A minuit, le Bizare est parti avec sa cargaison pour Québec et la frégate la Comète est partie pour la France. .

Les Anglais, selon un document d' un Lieutenant du Régiment de Valbertonne auraient eu 400 tués.
La Division qui attaqua L' Ance aux sable, a perdu environ 400 hommes tués ou noyés, duquel nombre était un capitaine de grenadier du Royal Ecossais; 2 autres capitaines, 4 lieutenants, et que leur descente au ....., à gauche de l' ance s'était faite par hasard qu' il n'a pas cru cet endroit susceptible de descente, que 3 chaloupes s' y étaient jetées pour éviter le feu des Français et que ces dernières avaient fait signal aux autres d' avancer.

Le 9 Juin :

A 5 heures du matin, l'on a envoyé une partie des troupes se reposer, ce qui n'était pas sans besoin. Depuis 8 jours, elles avaient couché au pied des retranchements de la côte par des temps de brumes et de pluie qui ont fait tomber malade, une grande quantité de soldats.
Il a été envoyé au port Dauphin, un ordre express à Monsieur du Chafaux de faire voile pour Québec avec tous les bâtiments qui étaient dans ce port.
L'ennemi n'a pas attaqué ce jour se contentant de renforcer ses positions prises la veille.

Un nouveau Conseil de guerre a lieu :
Le Marquis Desgouttes commandant l'escadre du Roy à Louisbourg, s'est rendu à 9hres du matin chez Monsieur le Chevalier de Drucourt, gouverneur,
auquel il a fait part de son point de vue et de son désir de sauver l'escadre en la faisant quitter le port. Le Conseil a décidé que si cela se faisait c'était livrer la ville à un assaut de terre et de mer sans aucune protection et de ce fait forcer la ville à capituler rapidement. Il a donc été décidé, que la flotte resterait à Louisbourg.
Etaient présents, Desgouttes, P. Revol, Denis de Bonaventure, Franquet, Marin, Anthony, Drucourt.

Vers 10 heures du soir, les anglais ayant démasqué une batterie de 10 à 12 mortiers,  ont arrosé les français de plus de 250 bombes pendant la nuit. Plusieurs sont tombées sur la ville, les autres aux alentours des vaisseaux, certaines les touchant, nous faisant craindre d'y mettre le feu et de les faire sauter. La décision a été prise de déplacer les dits bateaux afin d'en assurer leur protection tout en leur laissant la possibilité de répondre aux tirs ennemis.
 

A gauche
Échange de tir avec
les navires anglais.

A droite
Renforcement des positions

Le 10 juin :

L'Etat Major a  eu connaissance des emplacements des camps de l'ennemi anglais qui paraissent situer au-delà du ruisseau de la Pointe Plate sur le chemin de
la Cormorandières à l'étendue et au nombre de leurs tentes. Ils ont jugé qu'il pouvait y avoir environs dix à douze milles hommes. Ils se sont donc préparé à faire toute la résistance possible, ils ont fini la démolitions du four à chaux et des cheminées des maisons brûlées qui pouvaient nuire. Les ouvriers dans ces travaux sont soutenus et protégés par des piquets des compagnies volontaires.

Le 11 juin :
Un ingénieur et deux compagnies de volontaires ont été demandées pour couvrir la démolition de la batterie royale par des ouvriers. Cette démolition a été très avancée. Il est arrivé hier au soir, deux Acadiens de l'île St Jean dont ils sont partis avec 14 des leurs et 12 sauvages. Ces derniers sont restés au Port Toulouse et les Acadiens à la Cabane à pierres. Il a été rapporté que le désordre y était grand et que les vivres qui y avaient été portées avaient été pillées par les Indiens sans que le soldat appliqué a sa garde ne puisse faire quoi que ce soit. Rapporté également,  la présence de sergents , caporaux et soldats qui le jour de l'attaque avaient été séparés de leurs unités, perdus dans les bois et qui s'étaient regroupés à cet endroit. Ce qui a porté Messieurs de Villajoint, La Poterie, Vilmé et Rousseau a demandé douze à quinze hommes pour se porter avec eux sur les lieux afin de rassembler tout ce monde et d'en former si possible une compagnie de volontaires. Ils ont reçu les ordres nécessaire ainsi qu'un ordre de Monsieur d'Anthonnay à remettre à un officier de son bataillon et ses  20 hommes  qui se sont retrouvés du côté de Miré, n'ayant pu rejoindre les autres. La petite troupe est partie à l'entrée de la nuit avec en plus le sieur Lagonnère, avec 20 hommes de la compagnie Dacarette pour se porter sur les arrières de l'ennemi, faire quelques prisonniers et les inquiéter.

Sept vaisseaux de ligne et deux frégates sont venues mouiller au large à environ une lieue et demie par le travers du Cap Noir.
Sur le soir, ils ont appris qu'un sergent et quatre volontaires de la compagnie de Gamberse étant en patrouille venaient de déserter.

Le 12 juin :
La destruction de la batterie royale se poursuit sous la protection des deux compagnies de volontaires. Deux autres compagnies se sont portées à la Pointe Blanche où ils ont trouvé un détachement ennemi avec lequel ils ont échangé des tirs de mousquets.
La frégate l'Aréthuse commandée par le sieur Vauclin s'est positionnée au Barachois pour écarter et prendre en flanc l'ennemi s'il débouchait dans cette partie.

Le Contre-amiral est sorti de Gabarus avec 5 vaisseaux qui ont mouillé sous le Cap Noir pour bloquer le port.
Wolfe avec deux milles hommes prend possession d'une batterie dite du Phare et de tous les autres postes abandonnés par les assiégés. La batterie du Phare était importante parce qu'elle commandait le port, la ville, et les ouvrages d'une île située en face. De part et d'autre, l'on se prépare au Siège en aménageant ses positions.

Le 13 juin :
Au lever du soleil, de nouvelles troupes débarquent vers les Anses à Gautier. Elles font revoir les prévisions françaises d'attaque qui étaient d'y faire un coup de mains par une partie de la garnison. Par réflexion et la difficulté d'y faire effectuer des reconnaissances, ils n'ont cru pouvoir l'entreprendre.
A dix heures, les compagnies de volontaires, Du Roquart, Desmailles, Garcemences et Camberse se sont accrochées avec des troupes ennemies sur les premières hauteurs du chemin de leur camp. Le feu de la mousqueterie a été vif de part et d'autre l'espace de deux heures.
Messieurs Desmailles, Camberse, Roquart et De Beuve y ont été blessés, les trois premiers légèrement, et De Beuve plus sérieusement. Des soldats ont également été tués et blessés. Les capitaines de compagnies ne croyaient pas s'engager autant mais l'ardeur et la grande volonté de leurs troupes les y a conduit.
La connaissance des forces que l'ennemi peut avoir à l'Anse à Gautier est imparfaite. La situation des lieux ne permettant pas d'y envoyer des reconnaissances.
Mais il est certain, cependant qu'ils s'y établissent, Il leur est tiré dessus depuis l' ile et à partir des vaisseaux, lorsqu' il se découvre quelques pelotons de troupes.

Le 14 juin :
Les Anglais fortifient leurs positions et approchent aux mieux possible des positions Françaises, des échanges de tir ont lieu et Monsieur Desgouttes fait sortir sa chaloupe carcassière armée de deux canons pour tirer sur des transports de troupes Anglaises qui était par le travers des Anses à Gautier. Une frégate venu du large protéger ses transports à obligé cette chaloupe à faire demi-tour après un échange de tir.
  Des fausses alertes ont tenu en éveil les troupes Françaises. Il a même été fait appel à L' Aréthuse pour canonner quelques positions supposées Anglaises.
Le Sieur Drucourt, à envoyer un tambour porteur d' une lettre pour les Anglais, dans laquelle il demandait des nouvelles du sort d' officiers qui étaient tombés aux mains des Anglais lors du débarquement. Ce sont Monsieur de Belesta et Langlade capitaine des grenadiers ainsi que des Sieurs Savary et Romainville.
  Un échange de courriers plein d' amabilités à lieu , ou l' on se rassure les uns et les autres sur les bon soins apportes aux blessés; tant d' un coté que de l' autre.

Le 15 juin :
Renforcement des positions, d' un coté et de l' autre. Rien à signaler sinon que les Anglais prépare méthodiquement leur attaque.
 

Le 16 juin :
Rien de Spécial, des patrouilles de part et d'autre. Les troupes en présence prennent du repos. Des piquets ont approvisionnés les différents postes de défenses Français. 150 travailleurs ont été employés du coté français à faire un épaulement sur les talus du rempart à l' angle du flanc du bastion dauphin pour couvrir la batterie de ce flanc.

Le 17 juin :
Du coté Français l' on poursuit le travail de renforcement des positions de défenses.
     Le général Amherst a envoyé à Madame Drucourt 2 Ananas, en lui faisant dire qu' il était très fâché des inquiétudes que la circonstance allait lui causer.

Le 18 juin :
 
Retour de politesse, le Marquis Desgouttes fait parvenir au général Anglais un panier de 50 bouteilles de vin en remerciement des intentions apporter à Madame Drucourt.

Le 19 juin :    
Nuit calme, à 5 heure ce matin , les volontaires d' Artois ont amené un déserteur Irlandais à leur autorité. Ce dernier  leur a appris que lors de la descente des anglais, il ne s' en ai fallu de peu que cela tourne à l' avantage des Français; mais le déclenchement trop rapide du tir et le découvrement des positions françaises trop tôt,  a permis aux Anglais de reprendre l' attaque rapidement en d' autres lieux. Les Anglais auraient perdu 400 hommes lors de cette première attaque. Interrogé sur les forces de l ' Anglais, celui-ci dit venir du régiment de Walbreton et que les forces anglaises sont  de 13 régiments dont 6 venus cette année de la vielle Angleterre. Ces régiments sont composés chacun de 10 compagnies, qui sur le pied complet devraient être de 68 hommes faisant au total 685 hommes ,officiers inclus. Seul le régiment des Montagnards écossais dont le corps est de 1300 hommes commandé par le Colonel Treghets diffère des autres.
 
Voici selon les dires du déserteur l' état des régiments arrivés de la vieille Angleterre vers la fin du mois d' avril
.

-un bataillon du Royal écossais commandé par M.Rootges
-un bataillon Heudeside                               "
-un bataillon                             commandé par M.Walpool
-un bataillon                             commandé par M.William                                                     
-un bataillon                             commandé par M. de Montaigu        
-un bataillon                             commandé par M.Fletger                                                                              

Régiments qui étaient déjà à la Nouvelle-Angleterre
-Walbreton
-Dombar
-Haquets
-Lasalles
-2 bataillons du Royal Américain
-1 corps de 1600 coureurs des bois venant de la Nouvelle-Angleterre, non vêtus et sans uniforme commandés par M. Quennedy
-300 canonniers du régiment de pool pour l' artillerie
-500 soldats de vaisseaux

Tous ces corps de troupes sont estimés au nombre de 11920 hommes.

Toujours selon les dires du déserteur:
L' Amiral  commande en chef l'expédition et les forces de terre et de mer.
Le Général Lawrence, gouverneur de la Nouvelle-Ecosse, commande en second pour la terre
Le colonel Amherst commandant après lui.
Monsieur John O Neil commandant de l' artillerie et le génie avec 7 ingénieurs peu expérimentés suivant le rapport du dit déserteur. La grosse mer ne leur a pas permis jusqu'ici de débarquer l' artillerie. Ils y travaillent mais avec beaucoup de peine et de difficultés.
Ils ont fait un chemin depuis la pointe plate pour communiquer derrière les hauteurs vers le fond de la Baye jusqu'à l' anse à Gauthier et Lorembec
Le camp anglais occupe depuis la Pointe Plate où il est à la droite, il s' étend sur la gauche vers les hauteurs qui conduisent vers le chemin Rouillé.
Les coureurs des bois de la Nouvelle Angleterre sont campés sur la gauche du grand chemin de Miré au delà de l' habitation du Gras, ayant avec eux 6 pièces de canon de six.
Depuis le fond de la baye, jusqu'à l' anse à Gauthier et Lorembec ils ont dans cette partie 2000 hommes.
Ils cherchent à assurer leur camp par les derrières contre les partis ( partisans ) et les sauvages par des redoutes qu'ils ont élevées. Qu'ils ont des " blocosses" de bois prêtes à assembler où ils auront du canon pour le même objet.
Sur la montagne en avant de la droite de leur camp, sur le cap au Goéland, ils forment une batterie de 12 mortiers de 13 pouces.
Sur la seconde montagne est installée une batterie de 18 canons de 18 pouces.
S
ur la troisième montagne en suivant sont 12 mortiers de 13 pouces.
Sur la pointe du carénage la plus avancée dans la rade, une batterie de 16 canons de 18 pouces qui ont été débarquées à l' anse à Gauthier.
 
Le déserteur anglais prétend que le projet du général est de tenter l' entrée de la rade en battant le Fort de l' Islot.  Les bateaux du Roy ainsi que toute l' artillerie ouvriront le feu à son signal. Il dit qu' ils ont apporté 14 000 fascines et gabions, qu' ils ont 48 chariots avec des bœufs pour le service de l' artillerie.
Qu' ils ont plus de 3 000 malades et que leurs hôpitaux sont établis derrières la Pointe Plate.

Egalement que les régiments venus d' Europe sont arrivés le 25 avril à Halifax, que la flotte pour venir à Louisbourg est partie de ce dernier lieu le 22 mai.
Qu' en outre des vaisseaux de guerre de cette flotte, il y avait 180 voiles, qui le tout n' a pu être rassemblé que du 31 mai au 2 juin; et qu' il n' est resté à Halifax qu' un vaisseau de 300 hommes.
Que le jour de la descente, ils ont perdu par le feu ou par les berges submergées 748 hommes.
Que le canon qui a tiré de l' Islot vers la Lanterne a tué et blessé 60 à 70 hommes.
Que l' Amiral Hawks est arrivé avant hier de la Méditerranée avec 5 vaisseaux dont les équipages sont presque tous sur les cadres.
Ce dernier prétend qu' un sergent déserteur du régiment du Royal Etranger qui a quitté les Français le 10 de ce mois, a empêché les Anglais qui voulaient désertés de venir ici , leur faisant croire qu' ils y avaient beaucoup de malades. Ce même homme a porté à la connaissance des Anglais, les emplacements des poudres et des mines Françaises.

Ce même jour arrivé d' un prisonnier matelot de l' Escadre Anglaise.
Celui ci a été fait prisonnier par les Acadiens du Sieur de Villejoint, fils. Ces derniers ont pris 4 matelots qui étaient en train de faire du bois à Gabarus. Après un premier interrogatoire effectué sur place, l' un d' entre eux a été envoyé aux autorités Françaises.
Selon ces prisonniers,

Les troupes Anglaises seraient au nombre de 15 000 à 18 000 hommes à terre, inclus environs 1 500 coureurs des bois.
Qu' ils ont 22 vaisseaux de guerre, une bombarde et près de 200 bâtiments de transport dont 20 chargés de fascines, dans les autres, est l' artillerie et ustensiles.
Que l' Amiral Boscawen en commande l' expédition en général, qu' il doit tenter de forcer la rade avec 6 vaisseaux de 90 canons ayant appris par les prisonniers qu' ils ont fait fait aux retranchements qu' il n' y avait que 5 vaisseaux de force pour la défendre.
Que se croyant certains de prendre Louisbourg, ils ont embarqué des familles, beaucoup de malades à leurs bords qu' ils ont peine à les manœuvrer.
Ils ont 1 100 hommes à l' Anse à Gauthier, 300 à Lorembec et doivent en envoyé 1 500 à l'Isle St Jean.

Les Anglais appréhendent beaucoup une escadre française et espagnole de 36 vaisseaux de guerre qui doivent, disent-ils, arriver. Interrogés s' il en ont eu des nouvelles, ils ont répondu que non.
Il a péri bien du monde dans les berges en débarquant, qui se sont noyés ou tués par les Français, ainsi que de nombreux blessés. Les Anglais n' auraient fait que vingt prisonniers, tous blessés.

Selon Monsieur de Villejoint
Un habitant arrivé de l' Espagnol hier, rapporte que les vaisseaux dont on était inquiet ont fait voile le 8 de ce mois, il tient cette nouvelle d' un homme qui les a vu appareiller. Par la même voie, il apprend qu' il apparut, hier, par le travers de la baye des Espagnols, 10 vaisseaux faisant route vers Louisbourg.
Monsieur de Villejoint, signale également qu'il lui est impossible de mener quelques attaques de harcèlement que ce soit tant les troupes Anglaise sont dense.
 Il fera l' impossible pour désorganiser les préparatifs anglais en vue de la prise de la ville.

Nuit du 19 au 20 Juin
Vers les 9 heures du soir, Les Anglais commencèrent un tir vers L' Islot et les Vaisseaux. Il en est tombé une vingtaine de bombes sur l' Islot le reste étant dirigé sur les vaisseaux. 120 obus auraient été tirés. Les vaisseaux s' étant retranchés près de la ville, quelques bombes touchèrent cependant le" Prudent " ;
 " L' entreprenant ";" Le Bienfaisant " sans faire de victimes. Par contre sur le" Célèbre ", il y eu trois officiers tués et deux matelots blessés. A terre trois soldats ont été blessés.

20 Juin
Les Anglais poursuivent leurs tirs. Les vaisseaux français ripostent sur la batterie du fond de la baye et sur celle du fanal. A bord du Bienfaisant, il y a eu ce jour
 4 morts, 2 officiers, 1 garde marine, et 1 matelot.

21 Juin
.Les tirs se sont poursuivis pendant la nuit. Les Anglais installent une nouvelle batterie à la Chapelle Ste Claire. 30 hommes sont astreints à cet ouvrage.
Du coté français, les volontaires ont mis le feu à un dépôt de fascines que les anglais avaient fait sur une hauteur en avant de leur camp, vis-à-vis le bastion du Roy.  Les Français envisagent de couler plusieurs bâtiments à l' entrée du port, pour en fermer l' accès aux Anglais. Les vaisseaux Français ne sont plus à même d' en interdire l' entrée.

22 Juin
Journée calme avec un fort vent du Sud-sud-ouest, brume et mer fort agitée. Ce qui n' empêchera pas les Anglais de poursuivre leur travaux d' approche et aux Français de fortifier le quai et se préparer à couler dans la passe de l' entrée du port les navires suivants; " L' Apollon"," La Fidèle", " La Chèvre", et un navire malouin. Monsieur Desgouttes, malgré les ordres de Monsieur de Drucourt a ordonné le départ de deux navires L' Entreprenant et le Célèbre vers les 9 heures
du soir, mais le temps devenu trop calme et la brume persistante ont empêché ce départ.

23 Juin


Guerrier Micmac


Milicien Acadien

Du côté français, à 1 heure de l' après-midi, est arrivé Monsieur de
L' Ery, parti de Québec le 8 mai avec Monsieur de Boishebert . Ce dernier étant resté à Miramichi pour y rassembler son détachement et ensuite se diriger sur Louisbourg. Les autorités françaises pensent ce dernier arrivé à Port Toulouse, Son détachement doit consister en soldats de la colonie, en Acadiens et en sauvages Micmac. Les deux guides Acadiens rejoindront Messieurs de Boishebert et Villejoint. Les Français ont quelques problèmes avec leur ravitaillement, un premier dépôt ayant été dévasté lors du débarquement Anglais, un second a été dilapidé par un administrateur peu scrupuleux.

Photos: Patrimoine Militaire Canadien


Chef Micmac

Une autre nouvelle rapporte également que Messieurs de Vaudreuil et Montcalm avaient décidé de faire le siège de fort Lidius près du lac St Sacrement. Tout était près pour ce siège. Leurs troupes et miliciens sont prêts pour se rendre au fort St Frédérick où l'ensemble des troupes vont se rassembler..

24 Juin
Les Anglais ont profité de cette journée pour apporter de nouvelles pièces à leur batterie et d' en ajuster le tir. A 9 heures du matin un nouveau conseil de guerre a lieu du côté Français; il en a été décidé que les vaisseaux resteront dans la rade et devrons subir le même sort que la citée. Chacun ayant fait valoir son avis, malgré la réticence de Monsieur le Marquis Desgouttes, celui ayant malgré tout reconnu que c' est la présence des navires dans la rade qui ont empêché une attaque de la ville par ce côté. Il a donc été convenu de renforcer la protection des navires par des " Blaindage" approprier. De même des bouées ont été mises en place pour marquer les positions ou seront coulés les bâtiments qui fermeront l' entrée de la rade.
 Sur les 10 heures ce matin un tambour-major Anglais porteur d' une lettre pour Monsieur Drucourt et de deux ananas pour Madame Drucourt. Le courrier apportait des nouvelles des prisonniers Français, ainsi qu' une autre lettre pour Monsieur Meyrac, cette dernière envoyé par l' Amiral Boscawen  aurait été trouvé  à bord de la frégate " l' Echo ". ( Bâtiment pris par les Anglais ).
  Monsieur de Drucourt, répondit en remerciant Hamerst de sa sollicitude et lui faisant savoir que dès le lendemain, il enverra à bord d'un des premiers vaisseaux par une chaloupe, le linge et autres effets que les officiers blessés et prisonniers demandent.

  Monsieur de Drucourt, envoya également une lettre à Monsieur de Boisebert le 24 juin 1758 à trois heures de l' après-midi. Copie de cette lettre:
 
    " Monsieur de l' Ery m' a appris avec plaisir, Monsieur, votre départ de Miramichy, il est inutile de vous marquer ici les regrets que
j' ai, que vous n'ayez pu partir que le 8 may de Québec, dès ce temps nous attendions l' ennemi.

Si vous avez reçu mes précédentes par différentes voies de courriers qui retournaient à l' Îsle St Jean en bâtiment et à la rivière St Jean, vous aurez pu voir les arrangements que j' avais pris, et par un dépôt de vivres chez Mr. de Villejoint qui vous eu conduit au Port Toulouse, et par d' autres chez Pierres à deux lieues d' ici et chez La Borde à la rivière de Miré. mais les circonstances ont rendu nulles ces précautions.

Premièrement, Vous n' avez pas passé par l' Îsle St Jean.
Secondement, Le jour de la descente des Anglais, le 8 du présent et les suivants, les Sauvages et autre ont dévasté et pillé ledit dépôt, et celui qui avait été préposé chez La Borde pour l' administration s' est conduit de façon qu' aujourd'hui il n'y a pas pour 4 jours de vivres; aussitôt l' arrivée de Monsieur de l' Ery les ordres ont été donnés pour que deux goélettes risquassent le passage à la Rivière de Muiré, ce qui devait être fait, mais ils n'ont pu partir cette nuit, voila  les vents contraires et je doute de la réussite.
 Si donc, Monsieur, si vous parvenez chez Mr. de Villejoint et que vous n' y trouviez pas les ressources en vivres et en munitions telles que vous devez les avoir, le seul parti à prendre est à la faveur de  vos deux conducteurs que Villejoint fils vous indiquera de forcer le passage ( depuis la frontière des bois entre le chemin de Miré et la maison de Rodrigue) jusqu' au bord de la mer vers chez Martissans et Dolobaratz, et là vous ferez les signaux de trois coups de fusils avec vos serviettes ou mouchoirs blancs au bout de bâtons, il me parait que ce trajet ne peut se faire pour plus de sureté qu' en se trouvant à une heure après minuit sur la  lisière des bois et tout de suite profiter du reste de la nuit pour se rendre sur le bord de la mer. Je dis que dans ce trajet d' environ une lieue et demie, si les avant-gardes en patrouilles des camps qui sont situés vers l' habitation de Bonnaventure et Dugras, et celles des batteries ou redoutes que nous connaissons au delà de la rivière sous le bien, ayant connaissance de votre troupe, leur premier mouvement est le seul qu'ils aient à faire, est de crier alerte, non pas pour venir en force vous reconnaitre et attaquer; Mais au contraire pour que chacun soit sous les armes et se préserver soi-même. Je pense donc qu'il est inévitable à un corps d' environ 400 hommes de se rendre au lieu indiqué et quand au jour, nous en aurions connaissance, il nous sera facile à faire sortie jusqu' au pont du St Esprit. un détachement assez fort pour vous faciliter l' entrée sans être obligé de venir en chaloupe, point à ce que, une fois sur le bord de la mer, le feu du canon des vaisseaux vous protège. Les Volontaires que nous avons chaque nuit dehors n' ont jusqu'à présent rien aperçu qui puisse s' y opposer, il résulterait de votre entrée ici, Monsieur, que la place même, nous vous donnerions les connaissances du local pour faire vos dispositions et tomber à l' improviste sur tel ou tel poste qui sont de votre connaissance, situés à savoir une redoute entre la Pointe Blanche et la Pointe Plate vers le Cap au goéland, ensuite leur camp situé en deçà du ruisseau de la Pointe Plate et revenant sur les hauteurs qui gagnent l' habitation du Gras près le chemin de Miré sont deux autres redoutes, les unes et les autres à environ 1000 toises de la ville entre chez Le Gras et l' habitation de Mr. de Bonnaventure et un autre camp que nous savons occupé par les coureurs de Bois au nombre de 1600 et continuant la chaine à gagner les habitations de Mr. de Raymond et de Morin. Ils traversent ordinairement la plaine n' approchant pas la lisière des bois et leur premier poste paris au delà du Ruisseau sous le Bien, là ou ils ont fait une batterie de 6 à 8 canons et se sont précautionnés dans le même goût en revenant à la Lanterne, ayant fait des redoutes et batteries dans ces parties là.

Au rapport d' un déserteur, ils ne peuvent pas être plus de 1000 à 1100 hommes y compris les malades en assez grand nombre de façon que ces forces occupent depuis le Cap au Goéland jusqu'à la Lanterne, la division doit en être grande et l' accès facile par un je l' indique, qui est je crois le même que celui des Acadiens qui ont conduit Mr. de l' Ery, au reste l' on peut se fier à eux, car il me paraissent pratiques.

Vous aurez pu voir par ma dernière que je désirais faire le présent aux sauvages et armer ceux qui ne le seront pas, comme plusieurs des nôtres que j' ai su avoir quitter leurs fusils pour emporter plus de vivres.

Vous savez que nous étions convenus dès l' année dernière que vous m' amèneriez celle-ci, les Canibas amalécites, je m' en suis expliqué de même et des raisons pourquoi avec Monsieur de Vaudreuil, qui m'a approuvé, vous pouvez même vous rappeler, que vous me dite l' année dernière, que si vous aviez été prévenu, vous auriez eu 300 acadiens, que vous ne manqueriez pas de prendre celle ci, mais je vois que le nombre en est beaucoup au dessous. Souvent il se présente des sujets dans un temps qui refusent dans un autre, mais il n' est pas douteux que si les hasards avaient pu vous faire arriver au commencement de juin avec une cinquantaine de soldats, trois cent acadiens et canadiens et soixante ou quatre vingt sauvages de Miramichi, L' Îsle St Jean et les nôtres que nous avions ici au nombre de quarante ou cinquante, ils ne se sont pas établi tranquillement, et même eussent remplis de certains vides dont vous pouvez avoir connaissance au delà de l' anse au sable, car l' année dernière votre détachement y était et ou il n' y avait personne et là même ou ils ont fait leur débarquement après avoir tenté celui de la Cormorandière.

 Je vous envoie, Monsieur, la Croix de St Louis que le ministre m' a adressé pour vous, portée là en attendant le moment d' être reçu, cela ne peut faire qu' un bon effet, ceux qui vous suivent doivent être bien aise des grâces que le Roy vous accorde et leur donner de l' émulation.

Je suis très sincèrement votre très humble et très obéissant serviteur

Signé  Le Chevalier de Drucourt

Un second conseil de guerre composé des chefs des corps et des Capitaines de Vaisseaux a eu lieu, il en résulte ceci, que les vaisseaux subiront le sort de Louisbourg, malgré un réquisitoire de Desgouttes en faveur d' un départ. Les vaisseaux devrons se protéger au maximum, et interdire l' entrée du Port à tout prix.

25 juin;
La nuit a été belle et tranquille, si l' on peut dire avec tout de même un bombardement des anglais sur les positions françaises, mais avec beaucoup moins d' intensité, que les jours précédent. Durant la journée les Anglais ont poursuivi la fortification et l' aménagement de leur batterie située à la Tour Blanche, Ils ont augmenté la puissance de feu de deux pièces. Les Français ont ripostés depuis la Rade, l' Île et la Pointe à Rochefort.
   Une des bombes anglaises a blessé à l'Île 2 soldats, 1 canonnier, 1 milicien et détruit un mortier.
  Monsieur de Pocly s' est porté le soir pour réparer les dégâts subi sur l'île; mais après réflexion et en accord avec Messieurs Vallée et de la Houillère, ils ont jugés préférable de masquer les dégâts au lieu de les réparer, étant donné que cette partie de l'Île était fort défectueuse et que la réparation apporterait plus de problèmes que d' aide.
 

                                                                                            Positions des différends point du récit

 25/26 juin ;
 Echange de tir réduit provoquant quelques dommages de part et d' autre. Un piquet de volontaire Français commandé par Monsieur Garsemeur est sorti pour détruire un four en bois que les Anglais construisaient, sur le chemin du haut miré. Leur attaque se solda par un échec et le piquet du se retirer en combattant, poursuivi par des forces Anglaises supérieur en nombre.

26 juin;
La journée se passa à quelques réparations et préparations de part et d' autre.

26/27 juin
Echange de coups de canon, Les Français mettant hors d' état de nuire, la batterie anglaise de la tour.
  Les Anglais ont travaillé à la construction d' un chemin, que le feu du canon français installé au bastion du Roy avait interrompu le jour précédent, alors que ces derniers travaillaient à l' installation d' une redoute sur la hauteur ou les volontaires de Cambise avaient brûlé leur dépôt de fascines. Les navires Français ont tiré toute la journée pour interrompre ce travail.

27/28 juin
 
Les Anglais ont bombardé l'Île, La Pointe à Rochefort et les vaisseaux Français sans succès. Les Français se sont aperçu que les Anglais avaient commencés un retranchement à la Pointe Blanche en avant du Cap aux Goélands. Les volontaires Français ont Fusiller toute la journée les postes avancés Anglais.
  Mons de Couagne a fait travailler toute la nuit sur les batteries de l' Île, afin de les consolider et d'éviter que cet endroit en très mauvais état s' écroule et ne forme une brèche importante dans le dispositif Français.

28 juin
 
Durand la journée les Français se sont préparer à couler dans la passe les navires prévus à cet effet; soit L' Apollon, La Fidèle, et un autre bâtiment.
       Une note MG dit ceci:
   
" L' Ilot ne pouvant plus s' opposer à l' ennemi, ses défenses étaient rasées, tout le fort ruiné, à peine dans les débris avait on pu réussir à faire une allouve pour les trois piquets que nous y avions. Quel parti prendre.. on ne vit plus quoi faire...., la seule chose étant de combler la passe, on s'y décida. l' Apollon, vaisseau de 50 canons qui servait d' hôpital dans le port fut choisi, la frégate Le Lys, deux navires marchand, et une goélette, l' Echo; on fit à ces bâtiments de nouveaux sabords.
 Ils savent si mal couler qu' on fût obligé deux jours après d'y en rajouter deux autres qui n'embouchèrent qu' imparfaitement la passe.
   Cette opération fit cependant le bonne effet , qu' elle fit abandonner à l' ennemi le dessein qu' il avait d' attaquer par le port, et le força d' en venir à une tranchée....Jusqu' alors ils n' avaient pas encore ouvert assez ouvert de boyaux. A gauche étaient les marais d' espaces en espaces, à droite la Frégate les Chagrinait..... C' était pourtant le seul endroit ou ils pouvaient approcher..... Ce fut le 28 juin que les deux batteries furent démasquées. Tous leurs coups portaient ....nos vaisseaux ripostaient et faisaient un feu d' enfer, mais si mal ajustés qu' ils leur fût impossible de faire taire un seul instant, les batteries de l' ennemi."

29 juin
 
Les échanges de coups de canons se sont ralenti, les Français ont pris connaissance de l' avancement des travaux Anglais, grâce a l' arrivé d' un déserteur, ils ont annuler une sortie prévue de 300 volontaires aux ordres de Mons Joubert, capitaine de la colonie, cette sortie, avait pour objet de surprendre par la gorge, le poste le plus avancé de l' Anglais sur la hauteur ou les volontaires de Cambis avaient brulés des fascines; Il parait que la redoute que les Anglais construisent sur cette hauteur, va leur servir d' entrepôt pour faire leur approche.
 L' attaque Française devait se faire au point du jour, soutenue par 2 compagnies de grenadiers et 6 piquets qui devaient se porter à la digue pour favoriser la retraite. Dans le même temps 2 autres bâtiments sont préparés pour être coulés à l' entrée du port.
 La désertion d' un deuxième soldat Anglais du régiment de Wabb, a confirmé le rapport des premiers en signalant que ces derniers étaient mal ravitaillé en nourriture. Que la Frégate l' Aréthuse les incommodait beaucoup sur la hauteur que les volontaires Français avaient prévu attaquer, ainsi que dans le vallon qui va de cette hauteur à leur camps et qu'ils sont obligés de faire dans ce fond un épaulement considérable.
  Vers les Quatre heures du matin, le Capricieux reçu une bombe, qui malgré tout le "Blaindage" possible tant en cordage et autre, cette dernière a percée le gaillard devant les deux poutres et le faux pont, a cassé également un banc de la 2ème batterie et en autre est entré fort avant dans la cale ou ayant éclatée elle a mis le feu que l' on a eu de la peine à éteindre.
  Le Marquis Desgouttes devant la multiplicité des batteries Anglaises demande une nouvelle fois de faire sortir l' escadre ou du moins quelques vaisseaux, mais la réponse de Monsieur le Chevalier Drucourt reste la même, les vaisseaux doivent restés dans le port. Drucourt demande même à ce que les navires soient limités au minimum dans leur réserve de poudre, et que les matelots qui ne servent pas aux batteries descendent à terre et que les voiles soient démontées afin de servir de toile de tentes pour ces derniers. Les vivres à bord des bateaux seront réduit et le reste devra être mis à l' abri à terre dans les endroits prévus à cet effet.
  Suite à ceci Desgouttes à immédiatement exécuté l' ordre et fait évacuer ses bateaux après avoir mis ces derniers sur quatre amarres comme les considérant entièrement désarmés, sous la garde de 25 hommes dirigé par un officier afin d'y entretenir une espèce de police, de prévenir les accidents de feu, et de faire tirer des coups de canon, laissant croire à l' anglais qu' ils sont encore au complet. De cette façon Desgouttes rend les gens de l équipage de son navire Le Prudent plus utile au service de la place. Il en sera de même pour le Bienfaisant commandé par le Chevalier de Courserac qui n' ayant presque plus d' équipage , se trouve par cette raison hors d' état de rendre aucun service à la rade; de même pour Le Célèbre et le Capricieux qui étant parti de France armé en Flute avec très peu de monde se trouvent réduits à un très petit nombre qui sont excédé par le travaille journalier des vaisseaux et de la place.
  Le Prudent,  quoiqu' il ait pris en partie le peu d' équipage restant des navires que l' on a coulé bas est aujourd'hui par le nombre de morts et de malades réduit à très peu de monde. Il n'y a que l' entreprenant auquel il peut rester 500 hommes. La totalité des équipages sera réuni au corps de la place.
  Cette prise de Position fut approuvé par l' ensemble des officiers et par Mons. Drucourt. Ces navires ne seront détruits qu' à la dernière minute.
  Les officiers restant à même de se rendre à bord pour défendre la place le cas échéant.

30 juin
A 5 heure du matin, un déserteur Anglais a fait à peu près le même rapport que les autres au Français; C' est à dire que l' Anglais a environ 14 régiments qui au complet font 14000 hommes, mais ces derniers ne sont pas tous complet à l' heure actuel. Il ne semblerai qu' il ne soit que 12 à 13000 hommes. Ils doivent faire
l' attaque générale quand toutes leurs batteries de canon et mortier seront en état, les vaisseaux par le port et les troupes à l' escalade avec des échelles.

 Les batteries Françaises ont moins tirées ce jour, mais ces tirs ont ralentis et inquiétés les Travailleurs Anglais.

 La division de l' Escadre du pavillon de st Georges, qui était mouillé par le travers du cap noir et qui a appareillée hier vers les 5 heures du soir, pour faire route pour la partie est, n' est pas apparu ce jour.

 Vers les 6 heures du matin deux piquets de volontaires Français, commandés par le sieur Joubert et Garseneur, tous deux capitaine de la colonie, aux ordres de Mons. Marin, lieutenant colonel de service, sont sortis de la place, pour couvrir plusieurs piquets employés à enlever des palissades pour le retranchement du quai; Le premier piquet fut envoyé à la croisée des chemins de la batterie royale au haut miré près de l' habitation de Le Gros, l' autre piquet fut posté suir les hauteurs du pont du St Esprit. La cie des grenadiers de garde fut portée à la digue pour recevoir les volontaires s' ils étaient repoussés.

 A 9 heure, un corps de 5 à 600 Anglais a débouché sur la gauche de l' habitation de Le Gros. La sentinelle Française avancée donna l' alerte par deux coups de fusil. L' anglais fut aussitôt aperçu débouchant par trois vallons. La retraite fut ordonné du côté Français. Cette retraite se fit lentement et en bonne ordre, ne laissant aucun blessé ou tué aux mains des Anglais. La disposition des piquets prévus pour protéger la retraite fut excellente et retardaient considérablement l' avance Anglaise. De nouvelles cies de volontaires français sortant de la place pour prêter mains fortes aux piquets et faciliter ainsi la retraite.
 L' Anglais n' ayant pas pu avancer au delà de la digue.
Le 2ème piquet français a réussi à faire une patrouille du coté du cap Noir et a poussé jusqu' à l' ance de la pointe blanche ou elle a trouvé des fascines débarquées. Mons de Garseneur en rendit compte immédiatement au gouverneur, qui lui envoya 100 hommes armés, commandé par Mons Brousede  capitaine au régiment de Bourgogne, pour les enlever. L' Anglais s' en étant aperçu envoya un fort contingent, qui empêcha les français de les emporter, mais ces derniers réussirent à y mettre le feu.

   Des échanges réguliers ont lieu entre le Gouverneur Drucourt et L' Amiral Desgouttes.
Le gouverneur voudrait que les navires restent dans la baie et que leurs canons appuie la défense de la ville. Desgouttes quand à lui préfèrerais quitter le port et tenter de rejoindre la France, abandonnant ainsi la cité; c' est dans cet état d' esprit que sont échangés de nombreux courriers; chacun argumentant pour la défense de ses idées. Mons. Drucourt s' appuyant sur les idées du Roi, Desgouttes cherchant à protéger son escadre.
En date du 30 Juin une réponse du Chevalier Drucourt à Mons. Le Marquis Charry Desgouttes.
 

" Ayant cru avoir raisons suffisantes pour désirer le séjour des vaisseaux du Roy dans la rade de Louisbourg, j' en ay réitéré la demande à Mons Le Marquis Desgouttes avec d' autant plus d' insistance que deux conseils de guerre avaient portés le même jugement, le party pris de rester. Les Vaisseaux ont essuyés un bombardement qui  détermina à Desgouttes à me demander mon avis pour les approches de la ville.
  Les raisons qu'il allègue me paraissant conséquentes, ma façon de penser fut comme la sienne. L' accident qui arriva hier au Capricieux le détermina à se rapprocher encore autant en dedans qu' il était possible conservant cependant la vue sur les vaisseaux  qui entreraient et qui depuis ceux  qu' on  a coulé bas seront obligés de passer beaucoup plus près. Cette circonstance faisant craindre la perte des vaisseaux du Roy soit par incendie ou être coulé bas.
  Mons Le Marquis Desgouttes n' a pu prendre de meilleurs précautions que de sortir ses poudres et à mon avis ne peut prendre de meilleurs pour l' avenir que de mettre les vivres à terre et de se précautionner de façon qu' a la dernière extrémité de l' obligation d' abandonner les vaisseaux, ils puissent entrer en ville et y porter leurs secours et leurs aides pour contribuer à notre plus longue défense et protéger notre fort ainsi  qu' il a plu au Roy d' en ordonner"

     A Louisbourg le 30 Juin                                       Signé, Le Chevalier Drucourt
 

 Dans la journée il a été compté du côté français, 8 soldats volontaires blessés ainsi qu' un soldat du régiment de Bourgogne.

1er Juillet
      Les volontaires Français ont eu connaissance des travaux effectués par les Anglais et se sont aperçu de leur avancement. L' Anglais travaillais beaucoup en deçà des hauteurs qu' ils occupaient depuis quelques jours. La Frégate L' Aréthuse et le Bienfaisant ont beaucoup gênés leur travaux, mais malgré cela, la progression est nette. A la lumière du jour les Français s' aperçurent que les travaux anglais consistait à la construction d' une redoute  qui couperait toute communication avec leurs postes situés  au delà de la digue.
 Vers les 6 heures du matin 2 piquets soutenus par 2 cies de volontaires sont partis pour enlever des bois qui se trouvaient au fond du Barachoua du côté du Pont St Esprit. L' Anglais s' en aperçu et fit filer des troupes des hauteurs, du côté de chez Le Gras. Les troupes se sont affrontées durant environs une heure et demi.
 Les Français soutenus par les bastions du Roy et du Dauphin qui firent feu sur l' Anglais. Il y eu plusieurs officiers et soldats tués du côté Anglais, et seulement 5 blessés léger et 1 grave du côté Français.
  Deux Acadiens et un déserteur envoyés par le Sieur Villejoint, sont arrivés auprès des autorités Françaises. Ces derniers annoncent  que deux goélettes chargées de vivres et de munitions pour le détachement de Mons Boishébert sont arrivés à Miré
Le déserteur confirme que les escarmouches faites par les volontaires leur ont tués ou blessé beaucoup de monde. ce dernier annonce également que la maladie qui sévit à bord des vaisseaux, commence à se rependre à terre.
  Des Travaux sont fait au Bastion de la Reine, ou les français travaille à l' ouverture de nouvelles embrasures, afin d'y installer une batterie de 3 canons sur sa face droite; pour battre et enfiler le long de la cote gagnant la Pointe Blanche. Ils construisent également des plates formes, le long de la même face, ainsi qu' a celle de , gauche qui auront leur directions sur la cote du Cap Noir à la Pointe Blanche.
 Déjà durant la nuit du 1er au 2 Juillet cette batterie fut mise à contribution pour tirer là ou les travailleurs anglais s' activaient.

  Il a été aperçu plusieurs bergers au fond de la baye que les chaloupes auraient du intercepter si leur services avaient été fait avec régularité ce qu' aurait du être le cas étant donné la situation.
  La Batterie Anglaise  de la vieille intendance qui comprend 4 grosses pièces et 1 mortier qui  ont commencés à tirer sur les vaisseaux français qui ont ripostés.
Les Français ont coulés 2 vaisseaux de plus à l' entrée du port. Le Lieutenant du régiment de Cambis a été blessé au Barachois.

2 / 3 Juillet
 
Les Anglais pendant la nuit ont commencé un retranchement sur la hauteur de la Pointe Blanche et une autre redoute au Barachois sur une hauteur qui avoisine celle que ces derniers avaient commencé la nuit précédente.
  Mons de Laboulardière fils est sorti de la place pour ameuter et conduire les Sauvages dont il parle la langue.

3 Juillet
 
Les Anglais ont fait progresser leurs travaux pendant la nuit, par le travers de la Pointe Blanche ainsi que le dessus droite et gauche du Pont St Esprit. Cela malgré le tir français qui cherchait à ralentir l' avancement des travaux.
  A 7 heure du soir la batterie anglaise située au dessus de la Vieille Intendance a ouvert le feu sur les bâtiments de la rade; 4 boulets ont atteints " le Prudent  " .
 Sur ce fait, il est à signaler que les boulets tirés étaient chauffés à rouge et faisaient des dégâts assez considérable; un de ces boulets avait même démarré un début d' incendie. Suite à cela Mons Desgouttes demanda l' autorisation de laissé ses vaisseaux à la garde seulement d' une cinquantaine de personnes, et de rentrer en ville avec le reste des équipages. Ce qui lui fut accordé aussitôt.
Une batterie anglaise située à la droite du ruisseau du St Esprit a ouvert le feu jusqu' à vers les 10 heure du soir, sans causer de dégât.

3 / 4 Juillet
 Durant la nuit les anglais reprirent le bombardement de la ville et du port par le tir de 24 pièces à la fois, ce qui eu pour effet d' accélérer la descentes des équipages.

4 Juillet
Au point du jour 200 travailleurs français sont parti établir une redoute au Cap Noir pour favoriser la cie des volontaires chargé d' éclairer cette partie. 2 pièces de petit canon vont y être installés. La brume a favorisé autant les travaux français qu' anglais. Les Français profitant de chaque éclairci pour ajuster leurs tirs. Ces derniers semblent satisfait des résultats et des félicitations sont adressées aux canonniers ainsi qu' à l'ensemble des troupes.
  A huit heure du matin Mons le Chevalier de Courserac avec 70 à 80 de ses hommes est venu occuper les batteries des Bastions Princesse, Maurepas et Roussillon , accompagné dans l' après midi par le Chevalier de Tourville. Les hommes qui étaient en poste dans ces endroits ont été pour renforcer les batteries situées aux Bastion du Roy et celle du Bastion de la Reine.

  A huit heure du soir, les français ont délibérer sur un projet de sortie proposé par Mons. Dauthonnay qui devait donner sur la partie droite du côté du pont du St Esprit, avec 800 hommes, comprenant les 5 cies de volontaires, une cie de grenadiers, et le reste en piquets. La décision final fut prise à minuit, mais le temps de rassembler les troupes qui furent prête entre 1heure et 2 heure du matin, rendit cette décision trop tardive. A 2 heure du matin commença la sortie du Lieutenant de service Mons de Dauthonnais avec ses hommes. Les troupes commencèrent leur avances par le chemin couvert au trois divisions. La première cie devait attaquer les deux redoutes situées au Barachois par la tète, la seconde par les flancs, et la 3ème par les derrières. La grande clarté de cette nuit laissa à penser à Mons de Dauthonnais que les troupes seraient découvertes puisque peu de temps après sa sortie, ils ont aperçu les anglais qui se positionnaient en nombre beaucoup plus important, prêt à les recevoir, ce que laissait à penser les coups de fusils tirés par ces derniers. Mons de Dauthonnay ordonna aussitôt la retraite il se replia et rentra dans la ville.

5 Juillet
.....Temps brumeux et pluvieux jusqu' à midi à tel point que les français n'ont découvert les travaux anglais qu' à partir de ce moment et les ont dès lors beaucoup canonner.
 Vers 9 heure ce matin, Monsieur de Tourville après en avoir reçu l' accord est remonté à bord de son navire, pour tirer sur une batterie anglaise qu'il venait de découvrir à droite, à la croisée des chemins de Miré; batterie sur lequel il pouvait tirer de son navire La Capricieuse, ce qui fut fait, aidé en cela par l' ensemble des navires et des batteries françaises.
 Les anglais pendant ce temps poursuivent les boyaux de communications entre les différentes batteries, tout en en installant de nouvelles de plus en plus proche de la ville.

6 Juillet
   Même travail de renforcement des positions et tir de ralentissement de part et d'autre. Des bombes ont été envoyées à l'intérieur de la ville, dont une est tombée sur l'hôpital du Roy; blessant deux religieux et tuant le chirurgien major des volontaires étranger.
  La frégate L' Aréthuse s'est rapproché de la ville afin d'être moins en cible des batteries anglaises. Des échanges de courriers entre Desgouttes et Drucourt concernant la position de la flotte et des équipages nous montre les désaccords qu'il y avait entre eux, pour savoir ce qu'il adviendra des équipages et des navires.

7 Juillet
  Les anglais se rapprochent du coté de la Pointe Blanche et occupent actuellement d' anciennes positions de défenses construites par les français.
 Drucourt fait parvenir un courrier aux généraux de terre et de mer anglais pour leur proposer d' accepter l'installation d'un hôpital qui serait respecté de part et
d' autre. Il fait parvenir également des vêtements pour les officiers français blessés et fait prisonniers à bord des navires anglais.
 Un échange de courriers a lieu entre Drucourt et Boscawen, ainsi que les généraux Amherst et Hardy. Les officiers et soldats français sont bien traités; mais Monsieur de Savary après avoir eu la jambe coupée est mort il y a 2 jours.

8 Juillet
  Une légère accalmie a eu lieu cette nuit et les armes se sont calmées .Une pluie assez dense est tombé de minuit jusqu'a vers les 7 heures ce matin. Les anglais avancent leur travaux d' approche. Les français poursuivent l' installation de 9 pièces de canon aux face du Bastion de la Reine qui seront fini demain. Ces derniers envisagent de construire un ouvrage au Cap Noir en y installant 4 pièces de canon de 12 qui pourraient stopper les anglais ou tout du moins les ralentir dans leur approche.
  Pour permettre de gagner un peu de temps, les français ont prévu une sortie aux ordres de Monsieur Marin. Le détachement était composé de 5 compagnies de volontaires, 2 compagnies de grenadiers et 6 piquets. L'ordre a été donné à minuit et le détachement fin prêt à 1 heure du matin.
 Sous un ciel de demi-lune, le détachement passa par la porte de la Reine, il devait marcher proches l' une de l'autre, une colonne longe le bord de mer, tandis que l' autre a longé le marais. Avant les 2 heures une pénétration du premier retranchement anglais a été effectué baïonnette au canon, peu de coup de feu sauf des piquets, ce qui eu pour effet de gâcher quelque peu l' effet de surprise. Mais le résultat est tout de même important, 30 prisonniers, dont un ingénieur et un lieutenant de grenadiers, le nombre des morts anglais est inconnu , il y a cependant un colonel et plusieurs officiers. Du coté français, on compte 51 morts et blessés dont 2 capitaines de volontaires, il s'agit de Monsieur de Garcement  Cdt des volontaires de la colonie et Monsieur de Chauvelus, Cdt des volontaires de Bourgogne. Monsieur de Jarnage lieutenant des grenadiers d' Artois est blessé et a été fait prisonniers par les anglais.
  A 2 heure de l'après midi, les français ont appris l' arrivée du sieur de Boishébert à Miré, ce dernier commande une troupe de près de 600 hommes, incluant les acadiens du sieur Villejoint.
 Un groupe d' Acadiens habitant du fort de" Toulouze" a défait les conducteurs de 3 barges qui faisaient l'eau au fond de la Baye de Gabarus.
 Dans l' après midi le feu des bouches de canons a été fort vif de part et d'autre. Les français renforcent les retranchements du Cap Noir afin d'y installer 2 pièces de canon de 12.
 Un échange de courrier entre Drucourt et Desgouttes a lieu et consiste à faire que l' ensemble des équipages libres soient mis au service des canons du fort et des retranchements.

9 Juillet
Un accord de cessez le feu a eu lieu ce matin dans le but d' enlever les morts et blessés de part et d'autre. Des échanges de vêtements ont lieu pour les prisonniers et des réparations sommaires des deux côtés sont exécutés.

10 Juillet
Echange de tir très important; coté français 200 travailleurs armés ont été amené au retranchement du Cap Noir et 50 autres aux embrasures du Bastion de la Reine.
 A bord du navire Le Prudent, un canon a explosé causant la mort  de 3 hommes en blessant 9 autres. Même incident a bord de L' Entreprenant, causant morts et blessés.
Dans l'après midi les anglais ont commencé un épaulement entre la hauteur du centre de leur camp et leurs retranchements de la droite.
 Le bombardement intense d'une position de batterie anglaise située près du Pont St Esprit, a obligé ces derniers à effectuer durant la nuit de grosses réparations.

11 Juillet. 
 
Les Anglais tentent d' installer une nouvelle batterie de 6 canons, au près du pont St Esprit, à la droite du ruisseau. Les Français ont tiré un feu violent, pour tenter de les en empêcher, causant de sérieux dommages.
 De part et d' autre des constructions ont lieu, soit pour fortifier une avancée ou creuser une tranchée de défense.

12 juillet
Très mauvais temps, avec pluies violentes, peu propice à l' avancement des travaux; Quelques tirs des deux côtés.

13 / 14 / 15 juillet
Des tirs continues, mais peu d' action vitale. Quelques réparations sont exécutés de part et d' autre. On ressent la préparation d' un assaut massif, apport de munitions des deux côtés, troupes mises au repos, une grande anxiété règne; celle de troupes qui se préparent à un rude combat.

Nuit du 15 au 16 juillet

 La Frégate l' Aréthuse a mis à la voile vers les 21h30 cette nuit pour regagner la France et informer le Roi de la situation. La batterie anglaise du fanal a ouvert le feu sur la frégate et lancé des fusées pour avertir son escadre. Quelques bâtiments anglais prirent l' Aréthuse en chasse; mais le capitaine Vauquelain, qui n' en était pas à sa première sortie et avec son navire armé de 30 canons forçat le blocus et rejoignit Bayonne sans encombre.

16 juillet
Journée d' intense activités côté anglais, ils ont avancé leurs travaux de positions et avancé leurs batteries de façon à atteindre plus aisément la ville; tout ceci malgré un tir éparse du côté français, il semblerai que ces derniers veulent économiser leurs munitions.
Vers les 19 heures, les volontaires du Régiment D' Artois ont du abandonner leur position au Barachois par un assaut donné par un corps de plus de six cent hommes. Sans aucun appui du côté des vaisseaux, dont un bâtiment aurai peu prendre la place de la frégate partie la nuit et qui aurai certainement appuyé les volontaires.
 La position enlevée, les anglais fortifie aussitôt la dite place sous un feu de mitraille intense et continue , mousqueteries et canons. Les anglais protégeant leur ouvriers en ripostant de la même manière, mais avec canons et mortiers.

Le 17 juillet
L' échange de tirs se poursuit, et malgré ces tirs, les anglais poursuivent l' avancée de leur travaux qui est très net. Le fort et les vaisseaux ont joins leur force pour tenter de ralentir le travail au maximum, mais sans grand résultats. De nouvelles batteries sont installées. Côté français, on dénombre une vingtaine de soldats tués ou blessés.

Le 18 juillet
Le positionnement des troupes anglaises démontre que ces derniers occupent bien leur dernière acquisitions, et surtout renforce efficacement l' emplacement des nouvelles batteries. le feu des batteries anglaises a été très diminué ce jour.
 Côté français, il a été distribué des fusils de remparts, environ 50 à 10 par piquet depuis la grande place d' Armes jusqu' à la barrière de la porte Dauphine.
Lors de tirs plusieurs de ces fusils ont explosés, blessant les soldats. Il a été décidé de ne plus se servir de ces fusils. Un tir de mitraille a été ordonné sur les travailleurs et soldats anglais.
  Les Volontaires de la Colonie ont repoussé les assauts des Montagnards Ecossais pourtant supérieur en nombre. Une sortie française de dix grenadiers des volontaires Etrangers commandé par le sieur Lafosse lieutenant de cette compagnie à repoussé un poste anglais.

Le 19 juillet
 Une réunion d' état major français a lieu, afin de délibérer sur le sort des vaisseaux du Roi; ( Voir courriers Desgouttes-Drucourt)
Les anglais poursuivent leurs aménagements, gêné par un tir de retardement des batteries françaises.

Le 20 juillet
 
Durant la nuit peu de tir coté anglais, mais coté français des tir à mitraille sur les soldats et ouvriers anglais qui poursuivaient l' avancement des travaux . malgré ces tirs, les travaux avançaient bon train mettant sérieusement en danger les positions françaises. En effet au fur et à mesure des avancées des canons de petit calibres sont installés . Les français arrosent les positions avec des canons de 12 bien protégés et sont prêt à supporter un assaut de petites troupes.

Le 21 Juillet
 Durant la nuit même principe que la nuit précédente; tirs français sur les travaux anglais; alors que des travailleurs français tentent de réparer et renforcer tous ce qui est possible.
Dès le début du jour, les tirs anglais s' intensifient causant de sérieux dégâts aux fortifications ; les français ripostent avec leurs faibles moyens.
 Vers les 2heures et demi de l' après midi une bombe tombe à bord du Navire " Célèbre " y mettant le feu qui va se communiquer à " L' Entreprenant " et " Le Capricieux " . Vers les 7 heures du Soir, les 3 navires étaient définitivement perdus . Certains bastions sont sur le point de céder face à la pression anglaise.

Le 22 juillet
 Les ouvriers anglais ont fort bien travaillé et installé 2 nouvelles batteries de 6 et 7 canons, ainsi qu' un emplacement de 5 mortiers  de 12 pouces qui bombardent le bastion de la Reine. Causant d' importants dégâts coté français; Les 3 canons de l' éperon, le cavalier du bastion Dauphin en son entier, 4 canons de la batterie d' en bas, les 3 canons de 12 pouces de la batterie à Barbette, toute cette artillerie a été mis hors d' état. Le feu qui a pris au corps de casernes du Bastion du Roi ,n 'ont pas permis au français de riposter.
 Toutes tentatives de sorties coté français a été annulées. Dès l' entrée de la nuit 20 petits mortiers anglais ayant été rapprochés ouvrent un feu nourris sur le chemin couvert et le bastion du Dauphin; visant principalement les embrasures des pièces françaises.

Le 23 juillet
A une heure du matin, un branle bas de combat a lieu coté français, toutes les unités restantes se sont portées a leurs postes, échangeant des tirs avec les positions anglaises.
 Vers les 4 heures du matin, une ronde des officiers français montrent l' état dégradant des positions et du peu de moyens qu'il leur reste. Tant en Hommes valides, Qu' en armes et munitions. Ils se sont rendu compte des dégâts causés aux batteries du Bastion du Dauphin, de la Courtine du dit Bastion; ces derniers ont estimés à 200 hommes le nombre qu' il faudrait pour réparer les dégâts. Il a été impossible d'y travailler cette nuit suite à l' incendie des casernes du quartier neuf, qui a commencé à 10 heures du soir et ne s'est terminé qu' à 5 heure du matin, obligeant les soldats à se tenir sous les armes toute la nuit.
 Durant cette même nuit, les Anglais ont tiré depuis leurs positions sur le chemin couvert aux canons et aux mousquets; ils ont également tiré aux mortiers sur la ville en employant des bombes remplies d' artifices afin de mettre le feu aux maisons. C' est ainsi que le feu a été mis aux quartier de la Reine, qui a été consumé, ainsi que la brasserie et deux maisons voisines; Les bombes causent des dégâts très important aux niveaux des civils et militaires dans la place. Les Anglais au petit jour laissent apparaitre de nouvelles batteries, qu' ils mettent aussitôt en action. Les différents bastions Français subissent de très gros dégâts; le Cavalier du Bastion Dauphin, est entièrement abandonné.

Le 24 juillet
 
Le tir sur la ville s' intensifie , et les français ne possèdent plus désormais suffisamment de canons pour faire face à l' avancée des troupes britanniques. Les Soldats français sont exténués, ne pouvant prendre de repos, n' ayant plus d' abri et devant faire face de tous côtés. Malgré un courage étonnant de Madame Drucourt qui parcourait les remparts sans relâche, encourageant les soldats, faisant le coup de feu avec eux, donnant quelques oboles de ses propres deniers aux soldats, elle mettait elle même le feu a trois pièces de canons.

Le 25 Juillet
  Malgré les tirs important de la part des Anglais, tant sur la ville que sur les différentes positions françaises, aucun nouvel incendie s' est déclaré; Le mauvais état de la place, tant à l' intérieur , qu' à l' extérieur, les trois tournées de reconnaissances effectuées par Augustin du Bosc Henry et Monsieur de la Houillère ont déterminé ces derniers à demander avis à  Monsieur Franquet.  Afin de faire une nouvelle inspection générale en compagnie des commandants des corps concernés, afin d' en dresser un mémoire et avoir l' avis de chacun. La tournée se fera demain matin.                                                   

  
                                                                                                             26 Juillet 1758     

Le Prudent  en Flamme et Le Bienfaisant subissent les assaut des barquesAnglaises
A une heure du matin, un appel aux armes retenti coté Français, du Bastion du Roy et du Bastion du Dauphin les canons tirèrent à mitraille sur les troupes anglaises, environ une demi heure après l' ouverture du feu, les Français apprennent que les vaisseaux de la rade, dont le Prudent et Le Bienfaisant sont attaqués, Le Prudent est en flamme, trouvé échoué, les anglais libère les prisonniers français en leur disant de regagner la berge par leur propre moyens puis y mettent le feu. (il est impossible de savoir si c' est le canonnier en charge de la destruction du navire en cas de prise par les anglais ou ces derniers qui ont allumés ces incendies). Le Bienfaisant ayant été amené au fond de la baye.
 Les deux équipages surpris endormis, comptaient, 130 hommes pour l' un et 150 pour l' autre.

Après ces évènements et sur demande de Monsieur Drucourt un conseil de guerre est décidé.
Y assistent:
Messieurs   Prévost; Bonnaventure; La Houillère, Desgouttes; Saint Julien; Marin; Dauthonnais.
 Les décisions à prendre seront lourdes de conséquences.

 
 

Un examen complet de la situation est alors fait , de cet examen il ressort ceci.
( Copie du mémoire de Monsieur Franquet; demandé par Monsieur le Chevalier Drucourt)

 

  Des Fortifications de Face à la terre.
En considérant la droite des ouvrages appuyés au profil à la mer de la porte Dauphin, et la gauche à celui des ouvrages du Bastion Princesse, l'on dira que le premier profil à la mer, comprenant le batardeau est déchiré par le canon qui ne le voit que d' écharpe, et que le passage des eaux et la vanne qui soutient cinq pieds d' eau dans le fossé, ne sont nullement endommagés
  Que l' angle flanqué du bastion Dauphin et sa petite face droite en retour vers la porte sont ébréchés jusqu'à deux pieds au dessus de la contrescarpe, de manière qu' il reste encore neuf à dix pieds de revêtement à abattre ce que l' ennemi ne saurait faire sans placer du canon sur le chemin couvert.
  La face gauche est ébréchée dans son étendue, néanmoins sans que les ruines du revêtement permettent d' y monter.
  Le parapet de la face droite quoique épaissi s'éboule avec facilité et en diminuant de la hauteur, il donne prise à battre les pièces en rouage et sa face gauche, les embrasures en sont en si mauvais état, qu' on serait d' avis de les masquer et de ne s'occuper dorénavant qu' tirer un feu de mousqueterie de son parapet.
  Le Cavalier qui est au dessus est totalement ruiné, son revêtement en charpente n' a pu résister à l' étonnement du canon; de manière que les ruines embarrassent la manœuvre et la communication le long du terre plein de la dite face gauche.
   Le Flanc gauche de ce bastion est encore dans sa vigueur.
  La courtine qui conduit au bastion du Roy, malgré deux épaulements qui la traversent , est enfilé en partie et écharpée dans l' autre , principalement à son extrémité vers le flanc du dernier bastion.
  Les deux pièces qui sont à couvert de la deuxième traverse sont encore en vigueur, mais leur revêtement  quoiqu'étançonné en dehors se ruine tous les jours , plus par l' effet de nos propres canons, que par ceux de l' ennemi.
  Les 5 pièces du flanc droit du bastion du Roy se soutiennent en vigueur, quoique vivement baillés, son revêtement extérieur n' est qu'ébréché; mais ces embrasures faites en charpente s' ébranlent tous les jours , comme elles sont formées par châssis posés, l' un  sur l' autre avec des entretoises qui les lient ensemble à queue d' hironde sur toute l' épaisseur des merlons, il est à craindre qu' on ne puisse les réparer sans beaucoup de tenue.
  Les embrasures de la face droite sont dans un mauvais état, on a voulu les réparer la nuit dernière, mais ayant été construites en maçonnerie, il n'y a pas eu moyen d' y employer des saucissons, de façon qu' on a préféré les masquer, le canon ennemi plonge dans toute cette face et découvre à revers tout son flanc gauche.
  La courtine qui conduit du bastion du Roy à celui de la Reine n' a d' inconvénient que d' être enfilée et plongée, son parapet est en état, mais son terre plein que l' on a voulu traverser d' épaulement se trouve si embarrassée qu' une troupe n' y peut marcher qu' avec précaution.
  Le flanc droit du bastion de la Reine n' a point encore souffert.
  Les quatre embrasures dont on a percé sa face droite sont totalement détruites et son revêtement qui a souffert plus d' impression de l' étonnement de notre canon que de celui de l' ennemi s' ébrèche tous les jours.
  Les trois pièces qui sont à  Barbedette vers son angle flanqué, sont en bonne état, il est vrai que l'on n'y tire point et que l' ennemi semble peu presser de les démonter.
  La face et le flanc gauche de ce bastion, la courtine suivante et le flanc en face droite du bastion princesse sont dans leur premier état.
  Le chemin couvert d' entre le profil des ouvrages du bastion Dauphin et la place d' armes droite et la demi lune qui couvre la courtine d' entre le bastion Princesse et celui de la Reine, est vu de revers et écharpé par quelques coups de canons qui échappent de leurs objets, la partie la plus maltraitée est celle d' entre le dit profil et la place d' armes de l'épaule gauche du bastion Dauphin, le soldat ne s'y tient qu' avec bien des risques, et les palissades en seraient totalement détruites sans la précaution de remplacer tous les jours celles qui sont enlevées.
  Il résulte des parties attaquées plus vivement que d' autres, que le dessein de l' ennemi est de mettre en brèche le bastion Dauphin , qu' il en fait son attaque principale, et que même espère t-il par la supériorité de son feu engager la place à composition sans être obligé à un logement sur le chemin couvert pour battre les parties du corps de la place que son feu éloigné ne saurait découvrir.

                De l' intérieur de la place

 
Les ouvrages de la gorge de la ville étant plus bas de 14 à 15 pieds que le revêtement du corps de la place, donnent des facilités à l' ennemi d' en traverser l' intérieur par son feu de toutes parts, et de donner tant d' inquiétudes qu' il n'y a pas un seul coin ou on ne couvre des risques, le feu y est croisé par toutes les batteries établies de la parallèle qui règne depuis la côte du port jusqu'à la Pointe Blanche, le corps des casernes  du bastion du Roy et ceux du bastion de la Reine sont brumés de manière que les troupes sont répandues dans la ville et le long des talus intérieurs qu'il y sont tout au plus à l' abri des éclats de bombes, aussi n'y a t-il pas de jours qu'il n' y ai plusieurs soldats de tués ou blessés.
   Le seul feu dont ai tiré de ce front à été de l' Eperon situé de la porte Dauphine, mais ses trois embrasures qu' on ne destinait que contre une troupe qui aurai tenté de se glisser le long du profil des ouvrages, ayant été ruiné par un feu supérieur de l' ennemi, l' on a été obligé de les masquer.
  La salle aux armes ayant été maltraitée d' une bombe, on y a perdu quantité de fusils qui nous feront faute dans le remplacement de ceux qui crèvent tous les jours.
  Les magasins n' ont point encore souffert et les vivres n' y manquent pas.
  Les troupes démontrent toujours beaucoup de volonté et de vigueur mais les habitants semblent saisi du découragement.
 

             De l' hôpital

  
Il n' y a point un endroit ici où l'on puisse mettre les malades et les blessés à couvert que dans les casemates que l'on a affectés à Messieurs les officiers blessés, les autres sont à l' hôpital de la charité et répandus dans les maisons particulières aux risques d' y être brûlés et assommés par les bombes.

   Fait à Louisbourg le 25 juillet 1758, au matin
                                                              Signé  Franquet.

                                                                                             
 Supplément

   Au mémoire ci dessus du 25 juillet, conformément à la visite faite le 24 aux susdits ouvrages de la place.

  
La brèche de la face droite du bastion Dauphin s' étant accrue jusqu' au 26 au matin, au point que suivant l' avis des officiers du conseil, l' ennemi pourrait partir de ses ouvrages avancés pour venir combler avec des fascines le fossé et de là monter par la brèche sur le bastion que son mauvais état à son étranglement par le cavalier qui est en ruine, ne permettront pas de défendre avec vigueur.
  L' on a remarqué ce matin que l' ennemi avait ouvert 5 embrasures à une nouvelle batterie et que le feu en paraissait dirigé sur la face droite du bastion du Roy d' ou pourrait s' en suivre une seconde attaque, laquelle pourrait devenir la principale.

  Vers une heure de la nuit du 25 au 26, il y a eu une forte alerte occasionnée par l' incendie du vaisseau " Le Prudent " que l' ennemi avait attaqué avec des barges et chaloupes, il s' empara en même temps de l' autre vaisseau " Le Bienfaisant " que l' on aperçu au jour avoir été conduit au fond de la baye.

  Cette opération ayant réussi à ses souhaits, en rappela d' autres dont cette place était susceptible.
1. La première était que l'ennemi au moment qu'ils nous soupçonnerait occupés de la défense des brulés , ne fit une descente à la Pointe à Rochefort pour faire diversion de nos forces.
2.Qu'il ne vint avec les dites barges et chaloupes attaquer de vive force le front du port.
3. Qu'il n' embossa deux vaisseaux vis à vis du mur crénelé pour le battre à ruine, manœuvre qu' il pour rait commencer à l' entrée de la nuit et celle de son attaque qu'il méditerait à la place.
4. Tous les revêtements en maçonnerie de la place étant en mauvais état et leur ruines s' étant accrus par l' étonnement de notre canon autant que par le feu de l' ennemi, semblent augmenter l' inquiétude d'y être enlevés d' un coup de main...
D' ailleurs les membres du conseil exposent les risques que courent les soldats d' être tués ou assommés sous les prétendus blindages.
5.Et enfin que le nombre des malades augmentant et les secours diminuant, d' ailleurs exposés à être brulé ainsi que la direction du feu de l' ennemi saisirait le moment de l' incendie pour faire les attaques mentionnées ci dessus.

  Ces considérations paraissantes assez fortes pour obliger les assiégés à prendre vu un parti dans les circonstances, on les a exposées ici du consentement du conseil par l' avis des membres pour concourir à le déterminer le plus prudent dans la situation présente.
 Toutes ces considérations étant du sûr, de l' aveu des membres du conseil, et bien fondées, chacun d' eux à mis ci au bas l' avis qu'il croit juste sur le parti à prendre sur le sort de la place.

Signé:
 Franquet; Le Chevalier de Drucourt; Prévost; Bonnaventure; Desgouttes; La Houillère; St Julien; Marin ; Danthonay
 

 

26 Juillet 1758

Conseil de Guerre du 26 Juillet 1758.
Résultat du conseil de guerre assemblé par Monsieur le Chevalier de Drucourt le 26 juillet 1758 au matin
sur le parti à prendre concernant la place de Louisbourg assiégées par les Anglais

" Vu la situation de la place exposée par le conseil, la brèche qui est estimée praticable, n'étant défendue par aucun flanc et ne présentant d' autre feu que celui d' une cinquantaine d' hommes sur le bastion Dauphin et à L' éperon.
  N' ayant aucun secours à attendre et nul autre espoir que l' ennemi sur le brèche pendant qu' il réussira dans l'une des autres parties qu' il peut attaquer en même temps et qui le rendra également maître de la place et l'expose à être enlevée de vive force, ce qui devient encore plus facile, les vaisseaux ne servant plus de défense à la partie du quai de la Grave.
  Mon avis est qu' il convient mieux au service du Roy d' essayer d' avoir une capitulation qui conserve le sort des troupes, des équipages et des matelots qui sont ici, ce qui peut être ne serait pas accordé si l' ennemi réussissait dans quelqu' une des attaques qu' il formerait s' il faisait une entreprise générale.
   Le retard d' un ou deux jours pouvant être très préjudiciable soit par l' incendie de l' hôpital, soit par l' incendie des magasins dont la privation entrainerait la perte d' une partie des sujets qui sont à Louisbourg par les difficultés que l' on trouverait de la part des anglais à fournir des vivres aux troupes, aux matelots et aux habitants jusqu'à leur embarquement et pour la traversée. J' opine pour qu' il soit entré en capitulation avec l' ennemi."
A Louisbourg le 26 juillet 1758     Signé:  La Houillère.

" Attendu le mauvais état de la place et tout ce qui est détaillé dans le mémoire que Monsieur Franquet a fourni à Monsieur le Chevalier de Drucourt, gouverneur, indépendamment de l' état général des malades, de la quantité de morts de blessés, le défaut d' armes à feu, de la ruine de nos batteries et de la famine certaine si on éprouve un nouvel incendie....Je suis d' avis qu' on entre en traité de capitulation."
A Louisbourg le 26 juillet 1758   Signé:   Prévost

"
La brèche paraissant praticable à la partie de la porte Dauphine et d' autres parties du pourtour de la place, susceptibles d' attaque, tous en mauvais état, tant par l' étonnement de notre feu que par le grand feu des ennemis, tous le coté du port escaladable dont les ennemis sont maître aujourd'hui. Les Troupes extraordinairement fatigués, les incendies des deux corps de casernes les ayant mises dans le cas d' être sans asile, ne sachant ou se tenir dans la ville par le feu du canon des ennemis et une quantité étonnante de bombes jour et nuit me font opiner d' en venir à la voie d' une capitulation."
A Louisbourg le 26 juillet 1758   Signé: 
Denis de Bonnaventure
 

" Messieurs les membres du conseil m' ayant fait l' honneur de m' y admettre après avoir visité avec ces messieurs le 25 au soir, les ouvrages qui sont abattus par le canon ennemi, tels le Cavalier Dauphin, je certifie que la brèche au Cavalier, y est praticable, et vu l' exposé du mémoire, mon avis est que l' on entre en pourparler de capitulation."
Ce 26 juillet à huit heure du matin   Signé: Desgouttes

"
Vu le résumé de monsieur Franquet sur le mauvais état de la place et du défaut de ressources pour en réparer les brèches qui y seront faites, puisqu' on ne trouve pas les moyens de remédier à celle qui est déjà à la face droite du bastion Dauphin, n'y aucune des choses qu'il faudrait pour réparer les embrasures de la face gauche dont l' intérieur et la batterie est remplie du décombre de son cavalier. Je pense qu'il est expédient de demander un pourparler avant d' attendre que les fortifications soient plus endommagés pour avoir une capitulation convenable tant aux habitants de la ville qu' aux troupes de la garnison qui pourraient être usités ailleurs pour le bien du service."
A Louisbourg le 26 juillet 1758   Signé:  Saint Julien

" Vu l' exposé de Monsieur Franquet à Monsieur le Chevalier de Drucourt sur l' exposé de la situation de la place, et tous les exposés étant vrai, je suis d' avis qu' on demande à capituler."
  Signé:  Marin

" Vu l' exposé au mémoire de Monsieur Franquet touchant l' état actuel de la place après l' avoir reconnu ce matin en la compagnie de Monsieur le Chevalier de Drucourt et de plusieurs des membres du conseil, mon avis est que n' ayant aucun secours prochain à espérer que ne pouvant par la suite nous obstiner à la défense de la place sans exposer la garnison et les habitants aux plus grands malheurs attendu la quantité de moyens que l' ennemi peut mettre en usage pour s' en rendre maître et la diminution considérable des forces et des moyens de défense, je pense donc que l' on peut entrer en capitulation avec l' assiégeant.
A Louisbourg le 26 juillet 1758   Signé: Danthonay

" Vu les avis des membres du conseil, je me détermine comme eux à envoyer un officier demander une suspension d' armes pour entrer en pourparler avec le commandant anglais"
A Louisbourg le 26 juillet 1758   Signé: Le Chevalier de Drucourt.
 

 
                                               Au Camp devant Louisbourg
                                                 
Le 26 Juillet 1758
Le Chevalier de Drucourt
Autorisons le sieur Loppinot, aide major de cette place, de passer au camp du Général Amherst, lui proposer une suspension d' armes pour entrer en pourparler avec son excellence..
A Louisbourg le 26 juillet 1758 à 11 heure du matin  Signé: Le Chevalier de Drucourt


Le gouverneur Drucourt assiégé depuis le mois de mai et après une résistance acharnée ne se rendit que le 26 juillet 1758. Cette vaillante résistance a empêché les Anglais de mener leur flotte vers Québec, la saison étant trop avancée.

(Voir correspondance intégrale entre  Drucourt  et Desgouttes de juin et juillet 1758)
 
                                                                                                                                      Capitulation
                                                                                                       
                                                                                    Monsieur
   En réponse du billet que je vient d' avoir l' honneur de recevoir de votre excellence par les mains du sieur Loppinot

  Je n' ai à répondre à votre excellence qu' il a été décidé par son excellence L' Amiral Boscawen et moi, que ses vaisseaux devaient entrer demain pour faire une attaque générale sur la ville.

  Votre excellence sait fort bien la situation de l' armée et de la flotte et comme son excellence Monsieur L' Amiral ainsi que moi désirons forts d' éviter l' effusion du sang, nous donnons une heure après le reçu de celle ci que votre excellence peut se déterminer de capituler comme prisonnier de guerre ou prendre toutes les mauvaises conséquences d' une défense contre cette flotte et l' armée.
  Nous avons l' honneur d'être avec des très parfaites considérations  Signé:  Boscawen,   Jeff Amherst.



                                                                                                      Messieurs
Vos excellences recevront ci joint capitulation que j' ai l' honneur de leur proposer avec autant plus de confiance qu' elle est conforme à celle accordée à la garnison de Mahon. Je n'ai jamais douté que vos excellences, se soient ainsi que moi portées à éviter l' effusion de sang. Mais vous sentez que ma situation à tous égards ne me met pas dans le cas d' accéder à la proposition que me font vos excellences, et je suis fort déterminé à éprouver les suites de l' attaque générale que vous m' annoncez.

 

                                                                                                     CAPITULATION
                                   Proposée par Monsieur le Chevalier de Drucourt, capitaine des vaisseaux du Roy, Gouverneur de Louisbourg

1) Tous les actes d' hostilités cesseront jusqu'à ce que les articles de la capitulation soient convenus et signés et tous travaux suspendus de part et d' autres.
2)On accordera à toutes les troupes qui sont actuellement à Louisbourg et dans l' étendue de l' Isle Royale tous les honneurs de la guerre, comme de sortir de la place le fusil sur l' épaule, tambours battants, drapeaux déployés, 24 coups à tirer par homme, mèche allumée, six pièces de canons et deux mortiers avec 20 coups pour chaque pièce. Une chaloupe couverte pour le gouverneur et cinq autres chaloupes aussi couvertes pour la garnison qui ne seront sujettes à visite dans aucun cas.
3)L' on remettra demain au soir une porte aux assiégeants qui ne pourront faire entrer leurs troupes dans la place qu' après qu' il auront fourni les vaisseaux nécessaires pour le transport des officiers et des troupes, des matelots, habitants et généralement pour tous les sujets du Roy tant civils que militaires. Que tous leurs sujets officiers, soldats et habitants généralement auront leurs meubles, bagages et effets mobiliers assurés et transportés en France par les vaisseaux de sa Majesté Britannique ou qu' ils pourront les vendre et en disposer de gré à gré avant leur départ.
4)Tous les officiers, les troupes et habitants de la ville de Louisbourg et sujet de sa Majesté très Chrétienne et ceux qui sont dans les différents ports et autres lieux de l' Isle Royale conserveront aussi leurs bagages, marchandises et effets mobiliers en quelques lieux qu' ils puissent être, ainsi que les bâtiments de mer à eux appartenant mouillés sous le feu du canon de cette place de Louisbourg et dans les différents ports, havres, et rivières de l' Isle Royale avec la liberté de les emmener avec eux en France, et pour lesquels il leur sera fourni les passeports nécessaires pour la sureté de leur navigation en allant en France et les habitants demeureront paisiblement dans leurs maisons jusqu'au jour de leur embarquement.
5)Jusqu'à l' entière évacuation de la Place on jouira dans la ville du libre exercice de la religion catholique apostolique Romaine.
6) Il sera fourni aux dépends de la Couronne d'Angleterre, les vaisseaux nécessaires et convenables tant en nombre qu'en capacité pour transporter directement en France tous les officiers militaires et civils, toutes les troupes, matelots, les habitants de Louisbourg et de toute l'lsle Royale avec tous leurs meubles et effets mobiliers, les vivres nécessaires, la subsistance générale des uns et des autres, tant jusqu'au jour de l'embarquement, que pendant la traversée, leurs seront fournis en même part et portion qu'on leur fournit actuellement dans la place.
7) On observera surtout de n'employer aux dits transports que des vaisseaux en état de faire la traversée sans accidents, de ne les point surcharger et de n'y pas entasser du monde de façon à leur faire contracter des maladies. Il sera procédé audit embarquement sans perdre de temps et le transport ne pourra être retardé de plus d'un mois après la signature de la capitulation.
8) Il sera fourni un vaisseau de guerre pour le gouverneur et l'état major de la place qui sera débarqué au Port de Brest ainsi que toutes les troupes
9) Quant aux troupes de la colonie, on demande qu'elles soient conduites à Rochefort ainsi que tous les habitants de l'lsle Royale.
10) ll sera aussi fourni un vaisseau de guerre pour le commissaire ordonnateur et autres personnes de ses bureaux, pour les officiers du conseil supérieur et ceux de l'amirauté
11) Il sera pareillement fourni un vaisseau de guerre pour l'Etat Major et autres officiers des vaisseaux qui ont été brûlés à Louisbourg par le feu des assiégeants, les matelots seront également transportés à Brest. A l'égard de ceux qui se trouveront hors d'état d'être embarqués pour le présent, on leur fournira tous les secours, les logements et les quartiers dont ils auront besoin jusqu'à leur départ pour France et il leur sera pareillement fourni les vaisseaux nécessaires par Sa Majesté Britannique Les religieux consacrés au service spirituel et temporel des hôpitaux du Roy, pourront librement et sans être inquiétés continuer leurs fonctions jusqu'à l'entière évacuation ainsi que les chirurgiens et autres personnes employées dans les hôpitaux. il restera pareillement pour le soin des blessés, malades et convalescents un commissaire et deux officiers par bataillons.
12) Lorsque les troupes sortiront de la place, il ne sera permis à personne de débaucher les soldats pour les faire déserter de leurs régiments et /es officiers conserveront sur leurs soldats la même autorité en tous temps et en tous lieux. On observera de part et d'autre la plus exacte discipline
13) Tous les prisonniers faits de part et d'autre dans l'lsle Royale depuis le premier juin seront rendus.
14) Le gouverneur de la Place, tous les officiers et les troupes elles mêmes, ainsi que tous les sujets du Roy sortiront de la place sans être sujets à aucun acte de représailles de quelques nature que ce soit et sous quelques prétexte que ce puisse être. La capitulation ne pourra être altérée, mais sera suivie en en son entier au plus grand honneur et avantage de la garnison.
15) Sous les conditions énoncées aux précédents articles, Monsieur le Chevalier de Drucourt, Gouverneur de l'Isle Royale après que les otages auront été donnés de part et d'autre pour la fidèle exécution des dits articles, consent de livrer une des portes de la ville de Louisbourg avec le fort de l'Isle de L'entrée du Port à ...................Commandant en Chef les troupes de sa Majesté Britannique avec les munitions de guerre, canons et mortiers, à la réserve de ceux mentionnés dans le deuxième article, de lui faire remettre les poudres et munitions qui se trouveront dans la place, de faire indiquer les endroits où sont les mines préparées et chargées.
16) Comme ainsi de faire évacuer le Port Toulouse, le Port Dauphin, celui de l'Espagnole, la Rivière de Miré, tous les havres et autre lieux généralement nommés ou non nommés qui sont habités dans l'lsle Royale. Toutes les garnisons et habitants de ces ports, havres, rivières et tous autres endroits ci dessus de l'Isle Royale auront leurs bagages, équipages, meubles et effets libres et qu'ils seront transportés en France avec leurs dits effets ou pourront les vendre au plutôt à Louisbourg en vertu des passeports qui leurs seront fournis à cet effet

                                                                                                  
 

                                                                                                            Monsieur

Nous venons de recevoir la réponse qu'il a plu à votre excellence de faire sur les conditions de la capitulation qui vous ont été offerts.
Nous ne changerons point dans nos sentiments là-dessus, il dépend de votre excellence de les accepter oui ou non et vous aurez la bonté de donner réponse là dessus dans demi-heure de temps

       Nous avons l'honneur d'être signé Boscawen, Amherst



         
                                                                                                Messieurs,

Pour répondre à vos excellences en aussi peu de mots qu'il est possible, j'aurais l'honneur de leur réitérer que mon parti est le même et que je persiste dans la volonté d'éprouver les suites de l'attaque générale que vous m'annoncez.

J'ai l'honneur d'être signé le chevalier de Drucourt


                                              Nouveau Conseil de Guerre à 3 heure de l' après-midi

Représentations faites à Monsieur le Chevalier de Drucourt au Conseil de guerre tenu à Louisbourg le 26 juillet 1758 à trois heures après midi par Monsieur Prévost, Commissaire général de la Marine, ordonnateur à l'Isle Royale.

" Le mémoire présenté ce matin au Conseil par Mr Franquet en date du 24 de ce mois, ne porte en substance qu'un état apprécié suivant lui de celui actuel des fortifications de cette Place. Mais quoique le supplément qu'il y a point aujourd'hui fasse mention d'une plus grande dégradation dans les ouvrages et à la brèche, il a paru que le conseil pensait encore plus désavantageusement sur la destruction générale de ces objets, car suivant le sentiment de tous les membres du Conseil, le bastion du Roy est fort maltraité et la brèche du Bastion Dauphin très praticable et on a unanimement jugé que l'escalade était encore aisée en plusieurs autres endroits, d'ailleurs il a été reconnu aussi par le Conseil que le reste des troupes de la garnison excédé de fatigues depuis le moi de May n'était plus dans un nombre suffisant pour défendre une attaque que les assiégeants peuvent exécuter maintenant par terre et par mer eu égard aux tristes événements arrivé cette nuit dernière aux deux vaisseaux du Roy "le Prudent " et "le Bienfaisant ". Ces considérations vont ont déterminé, Monsieur, a arboré à 10 heures ce matin le Drapeau sur la Brèche du bastion Dauphin, et à dépêcher un officier pour demander au général des troupes anglaises une suspension d'armes afin de traiter de la capitulation, le général des assiégeants qui a fait répondre qu'il ne donnerait qu'une heure, pour que toute la garnison se rendit prisonnière de guerre, a occasionné un autre conseil, où il a été décidé de soutenir plutôt l'attaque générale par terre et par mer que Messieurs Boscawen et Amherst annoncent par leur lettre commune, que d'accepter des conditions aussi dures, et cette résolution a été prise, quoique le Conseil ait reconnu et avoué que les forces à opposer à l'ennemi étaient impuissantes et la réussite dans ses desseins certaine.

Une telle décision, Monsieur, m'a paru extrême au premier moment et m'a fait naître des idées qui lui sont opposées, sur lesquelles cependant j'ai gardé le silence, lorsque j'ai vu qu'on envoyait de nouveau vers les généraux ennemis, Mr Dauthonnay, lieutenant colonel des Volontaires Etrangers, mais le retour de cet officier qui n'a rien pu gagner sur les esprits. Le parti violent que le Conseil continue de prendre, m'oblige pour le bien de l'État, pour la conservation des sujets du Roy et pour épargner les horreurs à l'humanité, de vous mettre sous les yeux ce qui en pourra résulter.

Si dans l'attaque générale que les ennemis menacent de faire et qu'ils peuvent effectuer à présent par la grande supériorité de leurs forces, il y avait espérance de la soutenir avec quelqu'espèces de succès. Je me donnerais bien garde, Monsieur, de vous faire les plus petites représentations, mais le Conseil reconnaît qu'on sera forcé infailliblement de quelque coté. Il a été arrêté, que faute d'un réduit les troupes qui resteront en état d'agir, se retireront derrière le petit étang du demi-bastion Princesse, endroits découverts, sans aucune ressource et au bout de la ville, soit qu'on y soit forcé et détruits, ce qui est plus probable, que deviendront 4000 âmes qui composent les familles de cette ville, 1000 à 1200 malades abandonnés dans différents hôpitaux sous des tentes et équipages en officiers mariniers et matelots qui restent de nos cinq infortunés vaisseaux et des navires particuliers, ils seront tous exposés au sang et au carnage, aux horreurs que peuvent commettre des soldats effrénés. Entraînés à ces horreurs par un prétendu ressentiment de ce qui s'est passé en Canada et par l'appât du pillage. ils seront donc tous détruits et la mémoire en sera conservée éternellement dans toutes les Colonies; car, Monsieur, il ne faut pas considérer seulement celle de l'lsle Royale dans cet instant, puisque de quelque façon que les choses tournent, elle est perdue pour Sa Majesté, mais aussi toutes celles qui sont sous sa puissance et plus encore les Etablissements que le Roy voudra faire dans la suite ; parce que si Louisbourg a subi un sort aussi cruel, il deviendra une barrière de terreur insurmontable pour tous les négociants et qui il viendra dans l'idée de faire le commerce dans les colonies établies, et dans celles naissantes; encore plus pour tous les habitants ouvriers ou cultivateurs auxquels il serait suscité d'y siégé passer même avec des avantages.

Voilà les considérations, Monsieur, que je vous expose et dont je rendrais compte au Roy notre maître et à son ministre, dans le même esprit que celui du tableau que je vous fais, très persuadé que son service et le bien de l'Etat les exigent..

il me reste encore, Monsieur, a vous faire observer que les Conseils que vous avez tenus jusqu'à présent n'ont été composés que de militaires, je ne suis point surpris conséquemment de leur opinion, la gloire des armes du Roy, leurs honneurs et celui des corps qu'ils commandent les ont suscités, mais il n'y a que vous et moi, Monsieur, chargés de l'administration de la Colonie et des sujets du Roy qui la composent, aussi ces Messieurs dans leurs voix n'y ont eu aucun égard, ils ne considèrent qu'eux et leur troupe, faits pour être exposés aux dernières extrémités, cela est d'autant plus beau et plus louable, que le moment critique assure pour toujours leurs sentiments, mais remarqués en même temps, Monsieur, ainsi qu'ils l'ont dit eux mêmes, qu'ils ne peuvent ni ne doivent opiner autrement, quoiqu'ils reconnaissent néanmoins en votre présence la justice des raisons que je vous expose en faveur de la vie d'un peuple aussi nombreux.

C'est, Monsieur, à la demande de ce peuple intimidé parce qu'il a appris qu'on était décidé à soutenir l'assaut général des assiégeants, que j'ai résumé les raisons spécifiés dans ce mémoire et j'ai l'honneur de vous les donner par écrit comme vous le désirez..

Fait à Louisbourg, le 26 juillet 1758 signé Prévost "


Ma dernière et positive réponse était partie lorsque Mr. Prévost vint me réitérer les représentations ci dessus et qu'il m'avait faites en conséquence de ce qui allait résulter d'une attaque générale et aussi peut en état d'être soutenue de notre part, qu'il s'ensuivrait la perte totale de tous les négociants et habitants de la ville qui venaient de lui adresser ainsi qu'à moi une requête touchant leur situation, qui était telle pour eux, qu'il y avait lieu de prévoir que personne dorénavant ne voudrait habiter les villes de guerre dans les Colonies, s'ils étaient entraîner dans leurs malheurs.

Ces considérations jointes à l'impossibilité réelle de résister à l'assaut qui devenait certainement général, depuis la perte des vaisseaux du Roy et à la certitude d'être également prisonnier de guerre. Ainsi pour éviter la désolation à tout le peuple d'être enlevés de vive force et après nous être transportés en différents endroits de la ville avec Messieurs Franquet, de la Houillère et Poilly, ne trouvant aucun réduits capable d'y former un retranchement pour se retirer en cédant à l'assaut général, Monsieur le chevalier de Courcerac , qui s'est trouvé présent, a bien voulu se charger de ma part de courir après le porteur de ma dernière réponse et la rapportée.

 

Nous nous sommes rassemblés aussitôt; les membres du Conseil ont réitéré de me dire qu'en qualité de militaires, ils ne devaient pas par leurs dits jugements différents que celui de souffrir l'attaque générale ; mais que eu égard aux considérations ci dessus, le Gouverneur et l'Ordonnateur étaient dans le cas de parvenir aux moyens de l'éviter.

En conséquence de ce que dessus et de la situation de la place susceptible d'être enlevée par terre et par mer depuis le défaut des vaisseaux eu égard à l'incendie générale des casernes, n'ayant aucun réduit à mettre la troupe, personne de la milice bourgeoise ne voulant plus paraître sur les Batteries, les malades et les blessés des équipages des vaisseaux dans leurs tentes auprès du mur crénelé, continuellement enlevés du canon et des bombes des ennemis ; je me suis donc déterminé à écrire ce qui suit aux généraux assiégeants :



  
                                                                                             Messieurs,

Le peu de temps que vos excellences m'indiquent ne me permet pas d'entrer dans les détails que la capitulation que vous exigés méritent. J'ai chargé Monsieur Dauthonnay, lieutenant colonel auquel j'ai joint Monsieur le Chevalier Duvivier, aide-major général et Monsieur Loppinot, officier major, de régler avec vos excellences les modifications en faveur des habitants et des conditions que vous demandez.

J'ai l'honneur d'être signé le Chevalier de Drucourt


                                                               
                                  Monsieur

           Nous avons l'honneur d'envoyer à votre excellence les articles de la capitulation signée.

Le lieutenant colonel Danthonnay n'a pas manqué de parler pour les habitants de la ville, et ce n'est nullement notre intention de les faire souffrir, mais de leur donner toutes les assistances dans notre pouvoir.
Votre excellence aura la bonté de signer un duplicata des articles de la capitulation et de `l'envoyer ici.
Il nous reste à présent que d'assurer votre excellence que nous saisirons avec beaucoup de plaisir toutes les occasions qui pourront s'offrir pour convaincre votre excellence que nous sommes avec la plus parfaite considération

Messieurs signé Boscawen, Jeff. Amherst

 

                                              Articles de la capitulation

 datée du camp devant Louisbourg le 26 Juillet 1758 entre son excellence l'amiral Boscawen et son excellence le major général Amherst d'une part et son excellence monsieur le chevalier de Drucourt, gouverneur de l'Isle Royale et de Louisbourg, Isle St Jean et de leurs dépendances

D 1) La garnison de Louisbourg sera prisonnière de guerre et sera transportée en Angleterre dans des vaisseaux de sa Majesté Britannique
D 2) Toute l'artillerie, les munitions de guerre et de bouche aussi bien que les armes de toutes espèces qui sont à présent dans la ville de Louisbourg, Isle Royale, de St Jean et leurs dépendances, seront livrées sans le moindre dégât aux commissaires qui seront appointés pour les recevoir à l'usage de Sa Majesté Britannique
D 3) Le gouverneur donnera ses ordres, que les troupes qui sont dans l'Isle St Jean et ses dépendances, se rendront a bord des vaisseaux de guerre de l'amiral Boscawen enverra pour les recevoir
D 4) La Porte Dauphine sera livrée aux troupes de Sa Majesté Britannique demain à huit heures du matin, et la garnison y compris tous ceux qui ont porté les armes, se rangera à midi sur l'esplanade, posera les armes, drapeaux, instruments et armements de guerre, et la garnison sera embarquée pour être transportée en Angleterre dans un temps convenable
D 5) L'on aura le même soin des malades et blessés qui sont dans les hôpitaux, que de ceux de sa majesté britannique
D 6) les négociants et leurs commis qui n'ont pas portés les armes seront transportés en France de telle façon que l'amiral jugera à propos.

signé Boscawen, jeff Amherst "

 

                                                         Demandes accordées
                                             par leurs excellences Monsieur l'amiral Boscawen et le Major-Général Amherst

O 1° Les effets appartenant, tant aux officiers qu'aux soldats de la garnison
D 2° Ceux du régiment de Cambis déposés à Saint Anne
D 3° Ceux des habitants de la Place
D 4° Des vaisseaux de guerre, tant pour les officiers de l'Etat Major, officiers principaux de la Marine et des troupes de terre, que pour le Commissaire Ordonnateur et ses adjoints principaux, que les officiers du Conseil Supérieur.
D 5° Les femmes et enfants quelconques seront transportés en France à volonté
ID 6° Item, les habitants de la colonie a Rochefort, leurs excellences promettent d'ailleurs toutes sortes de facilités et les agréments que pourront requérir les officiers de la garnison


                                                            
                                   Messieurs

J'ai l'honneur de renvoyer à vos excellences le duplicata des articles de la capitulation que j'ai signé. Monsieur le chevalier Duvivier m'a rapporté que vous pensiez que le nombre ale bourgeois qui avalent porté les armes était beaucoup plus considérable qu'il n'est réellement, ll consiste en une faible compagnie de Volontaires qui était à la descente, et qui pendant le siège ont été employés sur les batteries, comme cet objet est de très peu d'importance, vos excellences me feraient plaisir de les laisser, ainsi que les autres négociants dans la même liberté.

J'ai l'honneur signé le chevalier de Drucourt "

                                                                                                    Monsieur,

Je reçois en ce moment la lettre de votre excellence en date d'aujourd'hui avec la capitulation signée, les troupes sous les ordres de Monsieur le major Fasquhaw sont prêtres à prendre possession de la Porte Dauphine et j'envoies à votre excellence le Brigadier Wilhemaure avec des officiers et des commissaires nécessaires pour voir mettre en exécution le quatrième article de la capitulation à l'égard de la garnison qui doit mettre bas les armes.

Le brigadier Wilhemaure s'informera dans quels endroits il sera nécessaire de mettre des gardes à présent pour tenir le bon ordre et pour éviter aucune confusion dans la ville. Je serais charmé de toutes les occasions de con vaincre votre excellence que j'ai l'honneur d'être

signé Amherst "

                                                                                                         Monsieur

 En conséquence du quatrième article de la capitulation, j'avais donné les ordres nécessaires à la Porte Dauphine, mais le pont à refaire en partie pour y pouvoir passer et le masque en entier de la dite porte à déblayer a causé du retardement à la livraison aux troupes que votre excellence y a envoyé, la garnison sera à midi (ainsi qu'il est énoncé) à la Place, pour remplir l'objet de l'article de la capitulation, le major indiquera les endroits pour y poser des sentinelles , je désirerais aussi, Monsieur, trouver des occasions de marquer à votre excellence les sentiments de la parfaite considération avec lesquels j'ai l'honneur d'être.

signé le chevalier de Drucourt

 

                                                                                      27 juillet 9h du soir

 

                                                                                                           Monsieur,

J'ai été sorti quand la lettre que votre excellence a eu la bonté de m'expédier, m'est arrivée ou je l'aurais répondue plutôt, aussi, je dois reconnaitre à votre excellence le reçu d'une lettre qu'elle m'a honoré en date d'hier que j'ai reçu ce matin.

J' envoies à Monsieur le Brigadier Général Wilhemore des passeports afin que votre excellence puisse faire savoir dans les différents endroits les articles de la capitulation.

Si je savais qu'il y aurait aucune chose qui pu être utile à votre excellence ou a Madame de Drucourt, j'aurais un grand plaisir d'obéir à vos ordres et contribuer de mon coté de faire le séjour que votre excellence feras ici, le plus agréable que les circonstances permettent et je puis assurer votre excellence que l'amiral Boscawen ne manquera pas de la part de faire de même.

j'ai l'honneur d'être signé Jeff Amherst "

                                                                                                    Reddition Finale

En conséquence de ce que ci dessus, le brigadier Whilhemore entra à midi et prit possession de la Ville, les officiers à la tête de leurs troupes ne furent pas désarmés, il fût établi des corps de gardes et des sentinelles pour maintenir le bon ordre, ce qui fût assez difficile pour les premiers moments et surtout dans une Place aussi ouverte de toutes parts puisque les officiers et soldats ainsi que les vivandières de l'armée, montaient indifféremment par la brèche de la Porte Dauphine, par l'angle de l'Epaule des Bastions du Roy ; par la face droite du Bastion de la Reine, l'officier ordonna des sentinelles le long des remparts pour qu'on entra que par la porte Dauphine; ils ont avoué qu'il avaient fait beaucoup plus d'honneur à la Place qu'elle ne méritait et qu'elle ne valait de si grands travaux et autant de précautions qu'ils avaient prises pour en faire le siège et ont été surpris que vu notre situation après trois incendies aussi considérables, nous n'eussions pas capitulé plutôt et dans le moment que nous arborons le pavillon pour entrer en pourparler, ils envoient la formation pour nous signifier de nous rendre.

 Notre principal objet était de retarder et de prolonger notre fin autant qu'il serait possible, pour qu'ils ne fussent plus en état de faire d'autres entreprises ou d'envoyer un parti de leurs troupes réglées au secours de Lidins que nous avions su par l'arrivée de Monsieur de Boishebert devait être attaqué vers le 15 juillet.

 Finalement, j'ose espérer que depuis que je suis ici jusqu'à ce dernier moment, ma conduite a été éclairée de façon à n'être susceptible d'aucuns reproches, les comptes que j'ai rendus au Ministre, la connaissance de tout ce qu'il y a de militaire ici depuis trois ans, tous les départements qui y sont venus dans cette intervalle et nomment Monsieur de la Houillère, les chefs et anciens officiers des différents bataillons, qui sont au fait des places et de la façon dont elles doivent êtres pour faire honneur à ceux qui les commandent et défendent, ne dissimuleront pas leur façon de penser à tous ces égards là, m'en rapportant à leurs décisions.

                                                                                                 Notes du Major Général.

 Tout le conseil, hors le commandant d'Artois, Bourgogne, Cambis approuva Louis Augustin du Bosc Henry, le sort emporta les faibles, nous fumes sacrifiés à l'habitant, le général ennemi accorda les articles et dernières demandes (qu'ils n'a pas tenu, la plupart des habitants ayant été pillés avant notre départ). La capitulation fût signée par les proposants et non parles commandants. ..C'est ainsi que Louisbourg a été rendu, 49 jours après la descente. Nos pertes du siège sont dans le soldat, le matelot ou l'habitant de deux mille cent hommes, neuf cent hommes et quarante six officiers, tous tués que blessés et douze cent morts de maladie. L'ennemi convient avoir eut douze cents hommes tués ou blessés. Avec impatience, nous attendons qu'ils nous mènent en Angleterre faire notre amende honorable et achever d'avaler le calice avec toute son amertume... Voilà notre malheureuse histoire de l'Isle Royale.

 

 

Durant ce siège il faut souligné la forte personnalité de Mme de Drucourt qui fut plus que la femme du gouverneur, elle tira elle-même au canon, apportant son soutien partout où son courage la portait, auprès de la population durant les bombardements, à l'hôpital, et au côté de son mari lors des moments difficiles.
Durant le siège, le Capitaine Corsaire Vauquelain à bord de sa Frégate L'Aréthuse donna du tracas aux Anglais bombardant leurs positions et forçant le blocus pour emmener avec lui les dernières missives de Louisbourg. Malgré cette action, et une sortie de grande ampleur menée par le lieutenant-colonel de Moras, ne font que retardée la fin.
Sans secours extérieur accablé par les bombardements et la peste, la Forteresse capitule à l'instigation d'une population civile désespérée.

Après le « Nettoyage » de l’ile St Jean , Wolfe fut expédié sur Gaspé avec le Major Dalling et le capitaine Jacob entre autres, ayant  comme ordre de détruire toutes les installations françaises en Gaspésie.

Photos : voir sources

                   La Reddition de Louisbourg le 26 Juillet 1758
Notes :  Un brûlot est une sorte de bâtiment plein de matières combustibles et  destiné pour brûler d'autres vaisseaux.
              Piquet: petit détachement de 3/4 soldats qui sont près a intervenir a tout moment pour renforcer un endroit critique.
             Fusil de Rempart :
 
Nos Sources;  spécifiques pour Louisbourg en complément des sources marquées pour l' ensemble du site:

Courriers entre Drucourt et Desgouttes; Le journal du siège de Louisbourg (Auteur inconnu); Le Siège de Louisbourg D' Augustin Dubosc henry;
Le Site Http://drucourt.free.fr/page/ le siège de louisbourg.htm
Découverte du Canada ( Les Amis de L'histoire); Histoire du Canada Français (Les Amis de L'histoire); René Chartrand;
French and indian war; Wildermen war Tournament;
www.remuseun.org.uk; Canadian Héritage.org/reproduction/10149.htm. www.blupete.com/hist/nova scotia/bki; History of Nova Scotia.
Livre du Lieutenant de Vaisseau Jean Michel Roche " Dictionnaire des Bâtiments de la Flotte de Guerre Française de Colbert à nos Jours " tome 1 de 1671/1870.
Journal de la Campagne de Monsieur De Villiers.
Bien entendu, si vous avez des documents concernant cet événement et que vous souhaiteriez les faire connaitre, cette page est à vous, et nous vous en remercions à l'avance.
Archives de Brest, Finistère.( Ville de St Malo 1P7 115 ); Nous remercions le personnel de la salle de lecture qui a été d' une très grande amabilité.

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