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Les d’Amours.

 

VIEILLE FAMILLE DE FRANCE EN NOUVELLE-FRANCE.

 

 

 

Blason famille D'Amours

par Pierre Provost

   

On écrit souvent et on laisse trop souvent à penser que nos ancêtres venus de France en Nouvelle-France n’appartenaient qu’à des familles paysannes, alors qu’en réalité la nouvelle société qui s’établissait le long du Saint-Laurent provenait aussi bien de paysans, de militaires, d’artisans, de notables et même de représentants des  grandes familles de France.

Ces représentants de ces grandes familles portaient noms : Aigron, d’Ailleboust, Chambau, Chartier, Hennequin, Hotman, Le Prévost, Nau et bien sûr les d’Amours.  Ils avaient souvent des professions héréditaires, transmises de pères en fils et ce pendant plusieurs générations.

 Compte-tenu du nombre élevé d’enfants que pouvaient avoir ces familles nobles, il était de mise que le fils aîné choisisse la carrière de son père, le cadet se destinait à l’armée et le troisième embrassait la vie religieuse.  La famille d’Amours comme celle des Hennequin est des Nau en est un bel exemple.

 En examinant les diverses fonctions rencontrées on constate que des familles comme celle des Hennequin, Nau et d’Amours étaient des familles de robe, c’est-à-dire des familles qui ont fourni des avocats, conseillers au Parlement, conseillers du Roi au Grand Conseil, avocat du Roi ou huissier-audiencier.

Des familles de notaires : comme celle des Le Prévost.

Des familles de chirurgiens : telles les Chartier ou médecins ordinaires du Roi telles les d’Ailleboust.

Des familles militaires : telles les Godefroy et les Nau.

Des familles attachées aux finances et aux revenus de France : telles les Godefroy ou Le Prévost auditeurs à la Chambre des Comptes.

Des familles attachées à la personne du Roi : telles les Benoît, peintre ordinaire du Roi, d’Amours maître d’hôtel de sa majesté.

On calcule que 118 familles nobles de France représentants un éventail assez fourni de professions et de métiers distincts ont donné un ou plusieurs enfants à la Nouvelle-France.

 

Les d’Amours et leurs alliés.

Nous savons tous que la famille d’Amours se rattache à Mathieu d’Amours des Chaufours et de la Morandière, auteur des d’Amours de Freneuse, de Clignancourt, de Louvière, de Plaine, de l’Île Ronde, du Jour et de Courberon.

Du plus loin où les recherches nous ont mené, cette famille remonte au 15e  siècle en Anjou dans les Seigneuries du Serrin et de Soujay.  Ils portèrent : « d’argent au porc-épic de sable, ».  Les d’Amours de Courcelles en Normandie brisèrent cet écu d’un lambel de gueule en chef, tandis que la branche aînée le chargèrent : « d’argent à trois clous de la Passion de sable, surmonté d’un porc-épic de même ».

Les d’Amours remontent à Mathurin d’Amours, époux de Marguerite Bridée, lequel était Seigneur du Serrin en 1450.  Sa descendance s’établit ainsi :

I-                  François d’Amours, Seigneur du Serrin, conseiller et maître d’hôtel de sa Majesté, le 5 juillet 1489.  Il avait épousé Guillemette, alias Gillette Hennequin, ce qui remonte l’alliance de ces deux familles au 15e siècle.  Leurs enfants s’illustrèrent autant dans la robe que dans l’épée.  On compte deux de leurs enfants comme Chevaliers de Malte : Ogier d’Amours et Augustin d’Amours.

II-               Gabriel d’Amours, Seigneur du Serrin, conseiller du roi au Grand Conseil.  Il épouse Madeleine de Bidaut, fille de Maître Charles, Seigneur du Petival, secrétaire du roi et de Catherine Auvrillot de Champlastroux.

III-            Pierre d’Amours Seigneur du Serrin.  Avocat au Parlement en 1561. Conseiller au Grand Conseil en 1563, conseiller au Parlement en place de Jean Le Prévost Seigneur de Mallassis en 1568, conseiller d’État privé en 1594.  Surintendant de Justice et de police de la Ville de Troyes.  Il épouse Jeanne le Prévost la fille de Maître Jean, président aux enquêtes du Parlement et d’Anne le Clerc.  Leur fille Élisabeth épouse Michel de Lauzon, Seigneur d’Aubervilliers-lez-Mendon, conseiller au Parlement.

IV-            Louis d’Amours.  Conseiller du Roi au siège présidial du Châtelet.  Il brisa ses armes d’un lambel et blasonna : « d’argent en porc-épic de sable accompagné en chef d’un lambel et en pointe de 3 clous de même ».  Il était doyen des conseillers en Châtelet et ancien échevin de Paris.  Il eût d’Élisabeth Tessier : Élisabeth née en 1613 mariée à Louis-Théandre Chartier de Lotbinière.  Mathieu né en 1618 et qui épousa Marie Marsolet.

Tous ces mariages emmena la famille d’Amours à s’allier à plusieurs familles d’ascendance noble.  Examinons les familles qui s’allièrent aux d’Amours.

 

Les HENNEQUIN.

Cette famille de robe est originaire de la Ville de Troyes dont la filiation remonte au 14e siècle.  C’est par François d’Amours que l’alliance à cette famille s’effectue. Les Hennequin d’Eguilly portaient :  «  vairé d’or et d’azur au chef de gueules chargé d’un lion d’argent ».

C’est l’ancêtre Oudinot Hennequin, bourgeois de la Ville de Troyes qui fut anobli par Charles, duc de Normandie, dauphin de Viennois, régent du royaume pendant la captivité du Roi Jean, pour les services rendus au roi et au dit régent en leurs guerres le 27 juillet 1359.

C’est sa descendante Guillemette fille de Pierre Hennequin, Seigneur de Mathau, Scavières, Bluies et St-Utin, avocat en la cour du Parlement de Paris et Conseiller en la Chambre du Trésor qui allie cette famille à la famille d’Amours par son mariage à François d’Amours, Seigneur du Serrin.  Le contrat de mariage fut passé devant le notaire Perrault au Châtelet de Paris le 10 août 1496.  Dans un manuscrit intitulé :   « Origine de toutes les anciennes familles de Paris »,  il est écrit : « que ce couple eût une grande postérité dans la robe et dans l’épée ».

 

CHARTIER DE LOTBINIÈRE .

Cette famille parisienne prouva en 1785 cinq filiations de noblesse et Louis XVI gratifia celle-ci du titre de Marquis.  L’ancêtre René était docteur régent de la faculté de médecine de l’Université de Paris, médecin du Roi en 1611 et de ses sœurs en 1617.  Il épousa la femme de chambre de la reine, Françoise Boursier en 1608.  C’est leur fils Louis-Théandre qui émigra en Nouvelle-France  et devint lieutenant-général au siège royale de Québec, conseiller du Roi en ses Conseils en 1688.  Il épousa à l’âge de 28 ans Élisabeth d’Amours le 6 février 1641.  À son mariage Élisabeth était assistée de sa grand-mère Dame Livia Branbille épouse de Jean Valère Tessier et de sa sœur Geneviève d’Amours.  Elle apporte en dot trois maisons sises à Paris.  Elle est la sœur de Mathieu et émigra en Nouvelle-France avec lui et son mari en 1651.

 

LAUZON.

Michel de Lauzon, Seigneur d’Aubervilliers-lez-Mendon, Conseiller au Parlement et Commissaire aux requêtes du Palais, épousa Élisabeth d’Amours.  Ils se font donation mutuelle le 10 juillet 1597.  Cette dernière mourut le 30 janvier 1631.  Elle était la fille de Pierre d’Amours et de Jeanne le Prévost, arrières-grands-parents de Mathieu d’Amours.

Cette famille de Lauzon fournit à la Nouvelle-France son 4e gouverneur, Jean de Lauzon. C’est lui qui s’occupa de la restitution de Québec à la France en 1632.

 

LE PRÉVOST.

Famille noble originaire de Paris dont Jeanne le Prévost, qui épousa Pierre d’Amours, aïeul du premier ancêtre des familles de ce nom en Nouvelle-France.

L’ancêtre le plus lointain répertorié est Jean Le Prévost, Seigneur de Villemain auprès de Beaugency, lequel vivait sous le règne de Charles VII.  Il épousa Jeanne de Bellenoye.

II-      Leur fils Jean Le Prévost, Seigneur de Villemain, Conseiller notaire et Secrétaire du Roi et auditeur en sa Chambre des Comptes à Paris.  Il épousa Marie Sohier.

III-     Leur fils Jean Le Prévost Seigneur de Brevants, Grandville et Mallassise Conseiller du Roi et maître ordinaire de la Cour des Comptes de Paris épousa Justine Lotin.

V-               Leur fils Jean Le Prévost, Seigneur de Mallassise, conseiller en la Cour du Parlement, président aux Requêtes épousa Anne Leclerc, fille de Jean Leclerc, Seigneur d’Armenonville, Conseiller du Roi et auditeur en la Chambre des comptes à Paris épousa Jeanne Vandetart.

VI-            Leur fille Jeanne épousa Pierre d’Amours.  Elle décéda avant 1599.  C’est par cette famille que j’ai pu remonter l’arbre généalogique jusqu’au roi Hugues Capet en 987.  (Voir le Sanglier de l’an 2000).

 

Ce texte m’a été inspiré par la lecture du livre du Père Archange Godbout, o.f.m. :   « Vieilles familles de France en Nouvelle-France », publié en 1976 par le Centre canadien de recherches généalogiques.

La page couverture de ce livre est illustrée par l’arbre généalogique de la famille d’Amours, parchemin conservé aux Archives nationales du Québec à Québec.

Les informations ci-haut mentionnées proviennent en grand partie du travail de recherches du Père Godbout.

 

Pierre Provost.

Pour plus de renseignements voir le site sur la famille D'Amours http://familles-damours.org/afda/

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