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                    Courriers entre Mr le Marquis Desgouttes et Mr De Drucourt en juin et juillet 1758 à Louisbourg

                                                                                                                         

Copie de la lettre de Mr Desgouttes à Mr De Drucourt juin 1758

 

Mon cher Drucourt,

Permettez que je vous fasse observer des réflexions que Messieurs les Capitaines de l'Escadre et moy avons fait sur lesquelles je vous prie de me donner votre avis par écrit. Les Ennemis seront bientôt du côté du canal puisque nous en avons retirés les troupes il est que possible que nous soyons bombardés cette nuit. Ils forcent la batterie, nous ne laisserons pas que d'être embarrassés par le sort de nos vaisseaux. C'est sur ce point que je vous prie de me donner votre avis. Avec le temps qu'il fait je serai amené cette nuit à faire bien du chemin avant qu'ils eussent connaissance de moy,  la chose est possible. Je vous prie donc de commander par écrit ce que vous décidez sur les Vaisseaux de Roy afin que je le communique à tous les Vaisseaux que j'ai l'honneur de commander. Votre avis sera suivi bien exactement. Je vous le demande clairement sans quoi je pars cette nuit.

Signé : Desgouttes, Beaussier, Marolle, le Chevalier de Courserac, le Chevalier de Sorgeville, Du Dresnay, Desrochers,le Chevalier de Tourville.

 

 

Réponse de Mr de Drucourt à Desgouttes 8 juin 1758

 

Le Ministre nous a toujours fait connaitre que les Vaisseaux du Roy étaient destinés pour Louisbourg. Etaient par cette raison destinés pour la défense de la Place. Il est évident qu'en partant ce soir, c'est indiquer sa faiblesse à assurer d'avance qu'on ne prévoit pas la défendre. Il est constant que vous partant ce soir, et que l'Ennemy entre demain. Nous serons responsables de la célérité de leurs besognes et de la certitude de ruiner  la batterie de L'Isle et celle de la grève. Je pense donc qu'étant toute destinée pour le même objet, il faut que tous en courrions les mêmes risques conséquemment aux ordres communs que nous avons à cet égard sur le Québec. Il parait que nous ne devons pas délibérer.

Signé : Le Chevalier Drucourt

 

 

Représentation de Mrs Desgouttes et Drucourt

 

Mr le Marquis Desgouttes commandant l'escadre du Roy à Louisbourg s'est rendu le 9 à l'heure du matin chez Mr le Chevalier De Drucourt Gouverneur auquel il est venu présenter le risque que couraient les Vaisseaux du Roy dans la rade de Louisbourg et le peu d'utilité dont ils sont pour la défense de la Place vu la quantité de monde que les vaisseaux à tout compter officiers, mariniers, matelots, soldats à tout au plus à 2000 en comptant les frégattes de France. Les ennemis ayant fait leur attaque par la côte de Gabarus et étant maitre des dehors de la Place d'où ils peuvent établir des batteries et des mortiers et bombes qui mettront les vaisseaux par le fond et de se brûler Je suis donc venu Monsieur vous demander le consentement de partir de votre rade avec mon escadre, ne voulant pas avoir le chagrin d'être pris avec mes vaisseaux faute d'avoir pu combattre. J'espère par là sauver la perte des cinq Vaisseaux du Roy que je sacrifierais volontiers si ils pouvaient contribuer à sauver notre Place. Je remplirai en cela les intentions du Roy; ma démarche est fondée sur les avis réitérés des Capitaines de mon Escadre qui ont signé de leurs mains et auxquels je n'ay pas eu d'égards qu'ils ne fussent approuvés par vous

Signé Desgouttes

 

Conseil de Guerre chez Mr De Drucourt par les chefs de La Place pour répondre aux demandes de Mr Desgouttes sur le sort de l'Escadre.

 

Le Conseil assemblé après avoir eu connaissance des représentations de Mr Le Marquis Desgouttes et de cette instruction où il écrit ce qui suit :

Lecture de la lettre du Roy....."L'intention du Roy quand il a destiné un armement aussi considérable pour Louisbourg a été de sauver La Place et a elle le servir en effet...."

Mr Duchaffaut a voir qu'il fera absolument jugé qu'ont ne peut en les gardant sauver la colonie. Les commandants prenant le party le plus convenable pour sortir et sauver les Vaisseaux et les Equipages du Roy       

Signé P. Révol

Mon avis au Conseil est que La Place par elle-même est en mauvais état et cours de grands risques étant attaquée malgré la garnison qui  s'y trouve. A l'égard des vaisseaux ils seront fou en risque la Place une fois attaquée. Mais il est un fait que si les vaisseaux l'abandonnent, nous serons attaqués sur terre et par mer et par conséquent enlevée plus aisément. Je pense donc que les vaisseaux qui sont venus pour secourir La Place subissent le même sort.             

Signé : Denis de Bonaventure

Telles que soient les forces des Ennemy devant cette Place les assiégés n'ont lieu d'espérer de pouvoir en retarder la prise qu'au moyen de s'en sortir. Les Vaisseaux pouvant former du monde à les rendre plus fréquentés et efficaces. Nous serons d'avis de n'avoir d'égards au party que propose Mr Le Marquis Desgouttes de retourner en France qu'au party d'avoir mis en usage toutes les ressources en ce genre pour allonger notre défense.                              

Signé Franquet

Ayant été envoyé par ordre du Roy pour la défense de Louisbourg, les Escadres n'étant venues que pour nous y renforcer, mon avis est qu'elle reste pour le même objet et que par leurs efforts joints aux nôtres, ils pourront arriver que nous conservions La Place quoique soit mauvaise ou tout au moins que nous gagnerions du temps pour recevoir un nouveau secours qui nous la conserverons au lieu que l'Escadre dans la situation présente. Les Anglais ne manqueront pas de s'emparer de la Rade et de mettre la ville en cendres dans moins d'un jour à trois.                            Signé : Mr Julien

Pour les Instructions de la Cour à Mr le Marquis Desgouttes, il parait que le Roy croit que les Vaisseaux peuvent contribuer à la défense de la Place, ce que je crois que si les vaisseaux partent, la Place se trouvera incessamment dans le fait de se rendre et il parait qu'il est absolument nécessaire qu'ils restent                                                    

Signé : Marin

Il est possible nonobstant le mauvais état de la Place avec le concours de la marine et à la faveur des évènements de sauver la Place. Si la rade est abandonnée, l' Ennemy qui ne peut manquer d'en prendre possession tout de suite mettre les garnisons dans l'impossibilité de s'y maintenir en la brûlant et détruisant du côté de la rade.  

Signé : D'Anthony

A les avoir refusés, les avis du Conseil la pluralité des voix étant pour le séjour des vaisseaux dans la rade, le mieux est que Mr Desgouttes suive le refus du dit Conseil et concoure autant que sa situation le lui permettra à la défense commune. En conséquence, je lui demande de rester.

A Louisbourg le 9 juin   Signé De Drucourt

Représentation de Mrs les Capitaines  

Le soir sur les 10 heures, les ennemis ayant démasqué une batterie de 10 à 12 mortiers, tous sur la pointe arrosée que derrière des rochers qui sont du côté du canal nous ont jeté plus de 150 bombes pendant la nuit dont plusieurs sont venues à notre bord et les autres tombant aux environs des vaisseaux et les toucher. La juste crainte que quelques-unes de ces bombes en tombant sur les dits vaisseaux n'y mettent le feu et ne les fit sauter à faire décider unanimement le Conseil de se retirer plus près de la Ville et tacher de s'éloigner hors de la portée d'une batterie aussi formidable.Et après avoir demandé le conseil de Mr De Drucourt, Mr Desgouttes a pris le party de changer sa disposition et a donné des ordres à Mrs les Capitaines pour venir s'embosser sous les batteries de la Ville cependant toujours de façon à pouvoir battre l'entrée de la porte et la dispute aux ennemis. Il a pris le party qu'après que son escadre et lui ont canonné autant qu'ils l'ont pu, les batteries tant que les mortiers que des canons que les ennemis ont dans cette partie mais comme elles sont situées derrière des rochers qui les garantissent et empêchent de les voir. Nous jugeons que cela a été sans aucun effet que de ralentir les bordées de bombes. Il est de toute impossibilité de ne pas chercher à s'en éloigner à moins que d'être exposé à chaque instant de sauter en l'air ce qui n'aurait pas manqué d'arriver. Les ennemis ayant eu le temps de rectifier leurs coups et de composer leur fusée.

Signé : Le Marquis Desgouttes

Ne pouvant sauver la Place si on avait voulu me laisser sortir je me serais rendu à Brest.       Signé : Beaussier de L'Isle

Signé Du Dresnay, Desrochers

J'étais de l'avis de partir signé : Marolle

Signé : Le Chevalier de Courserac   signé : Le Chevalier de Tourville

Réponse de Mr De Drucourt  

Sur la représentation de l'exposé de Messieurs les Capitaines de L'Escadre tendante à faire observer la situation des vaisseaux pour le feu continuel des mortiers qu'ils ne peuvent éteindre, remarquant de plus que la manoeuvre des Ennemis est de détruire en partie les forces de mer pour s'emparer du passage. Ce que faisant ils couperont nécessairement la retraite aux vaisseaux si dans ce cas seront perdus sans qu'il n'en resta aucune ressource à la Ville. Demandant donc à se rapprocher de façon toutefois à conserver leur feu sur la passe. Ce faire dans cette partie de la rade comme une batterie successive aux nôtres dans laquelle position ils auront au moins l'avantage de renforcer la Place de tous leurs équipages et de réduire leurs vaisseaux de façon à ne pas tomber au pouvoir de l'ennemi. Ce qu'ils n'auraient pas pu éviter en restant dans le même état. Les Raisons cy-dessus me paraissant juste et conséquemment j'adhère volontiers aux sentiments de ces messieurs et de l'exécution de ce qu'ils proposent.

A Louisbourg le 21 juin 1758 Signé : Le Chevalier De Drucourt

Autre représentation

du 24 juin pour faire assembler un Conseil de guerre

 

Mr Le Marquis Desgouttes commandant l'escadre du Roy à Louisbourg s'est rendu le 24 juin à 9 heures du matin chez Monsieur le Chevalier De Drucourt pour lui demander de nouveau son avis sur la position des vaisseaux du Roy et que en suit par un Conseil de guerre composé des mêmes membres. Que l'on alla aux opinions et que Mr le Chevalier de Drucourt en eu un résumé. Les batteries des ennemis élevées sur la côte lestent la quantité de bombes qu'on essuyé les Vaisseaux du Roy, les ont obligés de rentrer sous la Ville où ils sont actuellement embossés. Nous voyons les travaux des ennemis en établir de nouvelles. Qu'elle sera la force des vaisseaux lorsqu'ils seront bombardés de nouveau. Je conviens et il est apparu, c'est leur présence dans le port qui a empêché les ennemis d'y entrer, voilà le seul service qu'ils ont rendu.

Les dits Vaisseaux sont occupés à se blainder faute que personne sache au juste de quoi cela les garantissent; tout le monde convient que les vaisseaux ne sont pas fait pour combattre contre des rochers Je prie messieurs du Conseil de juger la perte des cinq vaisseaux pour le Roy. Quelle utilité peuvent-ils être ? où logera-t-on ? les équipages de part un accident de feu l'ont est forcé de les abandonner avec précipitation. Le peu de biscuit que les vaisseaux ont mis dans la place ne suffira pas pour les nourrir longtemps. Quelle service rendront de bien médiocres matelots si messieurs du Conseil m'indiquent une façon de faire battre mes vaisseaux contre les Ennemy. je serai charmé de la saisir, si au contraire ils ne doivent que faire montre, je persiste à demander de les faire sortir du poste

Quoique les ennemis depuis le 8è jour de leur descente, moyen pour encore faire d'approche de la Ville ils ont gagné sagement du terrain. Ils ont travaillé a se retrancher chez eux craignant de sortir d'une respectable garnison si l'on juge que les vaisseaux sauvent la Place il n'y a pas à hésiter il faut les garder. Le Roy les a envoyés pour cela et leur destination est de s'embosser sur cette même entrée. Mais la Cour n'a pas prévu que sous peu de jours après leur arrivée ils auront 12 mortiers prêt à tirer sur ces vaisseaux et les incommoder beaucoup.

Messieurs les officiers, commandant les retranchements ont demandés des mortiers pour tirer sur la flotte ennemi espérant les incommoder beaucoup. L'on convient donc que les vaisseaux ne peuvent résister.

Je conclue donc à demander à Mr le Chevalier de Drucourt qu'il me donne une nouvelle décision sur le sort des vaisseaux S'ils doivent rester ou si je dois les mettre en état de sortir cette décision entrainera le travail que j'avais proposé à mon arrivée ici de couler bas les vaisseaux dans le port de l'entrée de façon a y laisser un chenal. Travail que je suivrai immédiatement après avoir évacué les malades des vaisseaux et qu'ils seront établis sous des tentes à la Pointe à Rochefort ou dans l'endroit qui me sera indiqué par Monsieur le Gouverneur avec lequel suivant mon inclination et les intentions (tache d'encre illisible)

J'agirai toujours du plus grand coeur                         Signé : Desgouttes

 

 

 

Réponse de Mr Drucourt le jour du  24 juin 1758

 

 

Les avis du Conseil étant toujours les mêmes pour le séjour des vaisseaux du Roy dans la rade je réitère aussi une demande à Mr Le Marquis Desgouttes pour le même objet.

Signé : le Chevalier de Drucourt

Représentation de Mr le Marquis Desgouttes

du 29 juin 1758

 

Par la réponse cy-après l'on verra que je n'ay pas opiné pour faire évacuer les vaisseaux tout de suite ; j'ai marqué les précautions à prendre pour quand on en serait absolument réduit à cette nécessité

Signé Drucourt

 

Je n'ay aucune part à cet engagement; il est vray que j'ay dit à Mr Desgouttes que lorsqu'il aura évacué les vaisseaux ce que je réservais à la prudence de faire; j'emploierais utilement les équipages à nos batteries qui regardent la mer; ce qu'abord je retirerais mes canonniers aux Barhous Dauphin du Roy et de la reine ce qui effectivement exécuté aussitôt l'évacuation des vaisseaux faitte

 

 

 

Le 29 juin, les Anglais continuent à nous bombarder et sur les 4 heures du soir, le Capricieux ayant reçu une bombe que malgré tout le blaindage possible tant en cordage qu'un tabac a percé Le gaillard devant les deux poutres et le faux-pont comme aussi cassé un banc de la deuxième batterie et en outre est entré fort avant dans la cale où ayant éclaté elle a mis le feu que l'on a eu de la peine à éteindre.

Les accidents que nous devons attendre devoir se répéter très souvent par les approches des ennemis et la multiplicité de leurs batteries mortiers me fait demander à Mr Drucourt de faire sortir l'Escadre ou du moins quelques vaisseaux et n'ayant voulu déférer à aucune de ses demandes et de quoi que soudé, je lui ai demandé quel genre de service l'Escadre pouvait rendre à la Place, ne pouvant sans un risque évident garder dans les vaisseaux que très peu de poudre. Il est convenu de faire approcher de la Ville le plus qu'on pourrait les Vaisseaux de les mettre à l'amarrée  .Le côté à la passe autant que le fonds et l'étendue le permettront; il est convenu de plus que l'on débarqueraient les vivres que l'on dresseraient des tentes à terre pour loger les équipages ne pouvant destiner des maisons à cet usage.

En  conséquence de ce qui est dis cy-dessus, les Vaisseaux travailleront avec la plus grande diligence à l'exécution de tous ces articles.  Ils auront attention de faire débarquer les vivres et les faire loger dans les lieux destinés à cet effet par Mr le Gouverneur et Intendant. On travaillera également à débarquer des voiles pour dresser les tentes nécessaires pour y loger les équipages de l'Escadre. Lorsque les vaisseaux seront évacués ce qui doit être tout de suite, les bâtiments que l'on a coulé bas dans la passe l'a mettant à l'abri d'être forcée et les Vaisseaux du Roy n'étant plus nécessaire à sa défense, qui d'ailleurs ne sont plus habitables par la multiplicité de batteries et canons que les ennemis ont rapprochés,  qui les plongent et les battent continuellement sans que les feux des Vaisseaux puissent d'être d'aucun secours sur des batteries situées à la tête des montagnes et derrières des rochers, que par leur extrême élévation sont hors de toute atteinte.

Mr le Gouverneur m'ayant témoigné que le monde de mon Escadre pourrait être de grande utilité dans la Place soit pour le service des canons, des remparts, soit pour garnir les chemins couverts lorsque les troupes régler feront des sorties ou iront en party. C'est deux considérations m'ont déterminé à prendre le party de donner l'ordre d'évacuer les Vaisseaux après les avoir mis sur quatre amarres comme les considérant comme entièrement désarmés. A la réserve d'un corps de garde de 25 hommes et d'un officier qui monteront la garde et qui seront relevés toutes les 24 heures pour y entretenir une sorte de police, prévenir les accidents du feu et empêcher en tirant de terre en terre quelques coups de canons afin que leurs ennemis ne les perçoivent pas de leur évacuation. De cette façon, je rends les gens de mon équipage utile au service le Place. De plus Le Bienfaisant commandé par le Chevalier de Courserac n'ayant presque plus d'équipage je trouve par cette raison hors de l'état de rendre aucun service à la Rade ainsi que Le Célèbre et Le Capricieux qui étant parti de France armé en flûte avec très peu de monde se trouve réduite à un très petit nombre qui sont excédés par le travail journalier des vaisseaux et de la Place;

Le Prudent quoiqu'il aie pris en partie le peu d'équipage restant des vaisseaux que l'on a coulé bas se trouve aujourd'hui par le nombre des morts et des malades réduit à très peu de monde. Il n'y a que L'Entreprenant auquel il peu rester cinq cents hommes, la totalité de nos équipages sera réunie au corps de la Place;

Ayant assemblé messieurs les capitaines sur les exposés cy-dessus ils ont été d'avis que ne pouvant garder des poudres dans leurs vaisseaux, ils doivent être regardé comme désarmés et qu'en conséquence ils posteraient leur monde dans la Place. Ne comptant pas brûler et couler bas les Vaisseaux qu'à la dernière extrémité étant toujours à même de se rendre à leur bord si la Place le requière pour sa défense.

A bord du Prudent le 1er juillet 1758

Signé : Mr Desgouttes, Beaussier de L'Isle, De Marolle, le Chevalier de Tourville, le Chevalier de Courserac

 

Réponse à Mr le Marquis Desgouttes du 30 juin  

Ayant cru avoir raisons suffisantes pour désirer le séjour des Vaisseaux du Roy dans la rade de Louisbourg, j'en ay  réitéré la demande à Mr le Marquis Desgouttes avec d'autant plus d'insistance que deux Conseils de guerre avaient portés le même jugement le party pris de rester. Les Vaisseaux ont essuyé un bombardement qui détermina à Desgouttes à me demander mon avis pour les approches de la Ville. Les raisons qu'il allègue me paraissant conséquentes, ma façon de penser fut comme la sienne. L'accident qui arriva hier au Capricieux le détermina à se rapprocher encore autant en dedans qu'il était possible conservant cependant la vue sur les vaisseaux qui entraient et qui depuis ceux qu'on a coulé bas seront obligés de passer beaucoup plus près. Cette circonstance faisant craindre la perte des vaisseaux du Roy soit par incendie ou être coulés bas

Mr le Marquis Desgouttes n'a pu prendre de meilleures précautions que de sortir ses poudres et à mon avis ne peut prendre de meilleure pour l'avenir que de mettre les vivres à terre et de se précautionner de façon qu'à la dernière extrémité de l'obligation d'abandonner les vaisseaux ils puissent entrer en ville et y porter leurs secours et leurs aides pour contribuer à notre plus longue défense et protéger notre fort ainsi qu'il a plu au Roy d'en ordonner.

A Louisbourg le 30 juin                   Signé le Chevalier de Drucourt

Lettre de Mr Drucourt à Mr Desgouttes du 4 juillet 1758  

 

Le Chevalier de Courserac est venu ce matin à 8 heures avec 70 ou 80 hommes. Je lui ay désigné l'endroit où ils sont Les Etables. Je ne vous cacherai pas mon cher Desgouttes pour ce qui me fut dit hier, que à l'occasion de l'avis que vous m'avez demandé le 30 du passé, vous aviez donné des ordres aux Capitaines pour désarmer et rentrer en ville et cela fondé sur l'exposé que je vous ay remis le 30. J'ai demandé ce matin au Chevalier de Courserac s'il avait un ordre, il n'a pu m'en dire le contenu l'ayant laissé à bord

Je relis en ce moment mon avis où il est marqué les précautions à prendre au cas que la nécessité nous oblige d'abandonner nos vaisseaux mais ce n'était pas pour le faire dans le moment. Faites moi le plaisir de m'envoyer copie de votre ordre qui doit être du 30 au soir ou du premier de ce mois afin que je vérifie si ce qu'on m'a dit est fondé. Envoyé moy aussi ou l'original que je vous rendray ou la copie de ce que vous donnay hier n'en ayant pas gardé. Mais l'officier qui rapporte qu'on avait tiré à boulets rouge s'était trompé à ce que me dit le Baron Daudelot. Vous pourrez vous rappeler qu'ils nous dit même qu'un boulet avoir mis le feu.

Nous venons d'apercevoir il y a une heure une file d'hommes trainant des affûts de campagne à la nouvelle batterie qui se forme au-dessus du pont du St-Esprit. La frégatte cy présente que le dernier mois, le Capricieux a, son côté entré en travers. Je ne l'ay pas vu tirer dessus comme il est plus élevé que la frégatte,  il domine assez cet endroit qui n'est guère qu'à une portée de canon de 6

Mr de Vauclin n'a qu'un cri après moy pour avoir trente hommes dès avant-hier. Vous étiez icy avec Boissier et les autres Capitaines et vous promettiez de luy en envoyer. Marqué moy si cela se peut, parée que j'en envoyerai plutôt 30. Dieu vous conviendrez comment est grande la volonté et l'exactitude de Mr De Vauclin qui ne désire que de tirer et chauffer cette partie de plus en plus mais depuis qu'il est là vous savez le peu de bras qu'il a et combien ils lui sont nécessaire.

Signé De Drucourt

Réponse de Mr Desgouttes à bord du Prudent le 4 juillet 1758

Je n'en ay pas eu connaissance c'est pourquoi j'en ay marqué ma surprise Signé : Desgouttes

Je ne m'écrierais pas sur les décisions des capitaines; je dis seulement que mon avis n'est pas été de désarmer l'Escadre et que je n'ay parlé que de précautions à prendre quand on la désarmerait.

Si l'ordre en a été donné les vaisseaux n'ont pas bougé

Je n'ay jugé que sur le rapport qu'on m'a fait qui a été faux m'ayant dit qu'on tirait à boulets rouge

 

Je viens de recevoir mon cher Drucourt les lettres que vous m'avez écrites par Mr Dachy. Je suis fâché que le Chevalier de Courcerac ne se sont pas trouvés dans la poche l'ordre que j'ai donné aux Capitaines. En conséquence de l'exposé de consentement que vous me remîtes le 30 aoust. Vous y avez vu que je ne l'avais expédié  qu'après vous l'avoir envoyé par mon major pour vous le communiquer.

La réflexion que l'on vous a su faire à ce sujet me parait aussy tardive que peu juste et entend que faire naitre des doutes sur un parti pris avec l'agrément de tous les Capitaines comme le moins mauvais dans des circonstances aussi inouïs que celle de voir des Vaisseaux du Roy assiégés dans une rade

Je vous envoierez comme vous le désirez copie de l'ordre du 30 et du consentement que vous me donnâtes hier au fort dont ce dernier n'est qu'un consentement de l'autre. Vous m'avez paru sentir à merveille l'impossibilité d'habiter les vaisseaux en but à des batteries de mortiers et canons contre lesquels ils ne peuvent tirer; cependant sur la crainte que vous me témoignâtes par le passé ce que vous trouvâtes les Vaisseaux trop peu dedans. Je donnay ordre à l'Entreprenant et au Célèbre de revenir plus en dehors et je m'y joint le premier quoique je sentais bien que les batteries ne tarderaient pas à être démasquées. Ce qui arrive peu après que je fus sur place. Je n'eut huit à dix fatale du calibre anglois dont fort peu nous manquèrent. Voyant que nous ne pouvions découvrir cette batterie, nous primes le party de faire mettre les Equipages en bas. Sans cette précaution, j'aurais perdu beaucoup de monde. Un des boulets enfiler un coffre plein d'armes et donner sur une courbe de feu, les étincelles qu'occasionneront sur le rapport que me fis le major de l'Escadre devant vous et avec notre agrément nous sommes revenus à l'avis du 30.

J'ai manoeuvré toute la nuit en conséquence pour me rapprocher ici. Je va renouveler par écrit l'ordre d'avancer les vaisseaux. Il me parait cependant par votre lettre que ce n'est plus votre avis et que vous voudriez encore retarder l'instant; Ce sera retarder pour la troisième fois l'ordre donné et changé depuis quatre jours et montrer une indécision. Cy une variété dans vos moeurs que je crois que nous sommes également intéresser à éviter; Vous me communiquez la réflexion que l'on vous a faite faire et je ne vous cache pas à mon tour que je ne les juge pas fondées; Le party est bon ou mauvais, fixer le premier rien n'en soit retarder l'exécution, fixer le dernier, les gens aussi éclairés à lire dans l'avenir et jugerons un meilleur; je ne suis pas entêté et me rendray au meilleur.

Vous me demandez du monde dans la Place. Vous avez commencé à en recevoir. Donc vous êtes maitre de disposer soit pour la Rethuse ou tel autre endroit, si vous ne croyez pas la guerre des Vaisseaux assez forte, il n'y a qu'à y laisser plus de monde. Cela en fera moins pour nous.

Si j'eusse rester aujourd'huy à couvert des embarras de la batterie, j'aurais eu 200 coupée de canons à bord  et si j'avais gardé mon monde en hune j'en aurais perdu bien inutilement. J'ai tiré toute la journée sur cette batterie mais outre que du bas en haut c'est un hasard que d'attraper un objet qu'offre aussi peu de surface et les coups que y porter ne font qu'avorter sans pouvoir démonter de canons et en heure de nuit ou de brume en plus qu'il ne faut pour réparer les dégats que l'on aurait pu faire.

Nous n'avons pas aperçu les troupes qui conduisaient de l'artillerie au Pont St-Esprit. Nous avons tiré dessus. Je ne doute pas que Le Capricieux n'aye été dans le même cas. Tous les vaisseaux ne négligent aucune occasion de retarder les travaux des Ennemy. Mr De Vauclin a témoigné beaucoup de zèle et dès que vous trouvez sous feu avantageux pour la Place, il ne faut rien négliger, le mettre à mesure de le continuer et même l'augmenter; Dans le monde qui nous arrive à terre vous êtes le maitre d'en former un détachement pour augmenter son équipage. je vous ay envoyé des charpentiers et des ustensiles, des canons.

Bonsoir mon cher Drucourt, si je n'avais pas été si harassé de fatigue j'aurais été vous voir, mais je n'ai pas arrêté de toute la nuit et la brume du matin m'a facilité mon travail, sans cela, je n'aurais pu rien fait faire à mes matelots.

Boissier et Desrocher qui sont à bord auxquels j'ai lu la lettre m'ont confirmé que l'on nous tirait dessus à boulets rouge.

 

Lettre de Desgouttes à l'occasion de la réponse de Mr de Bellefeuille touchant les vaisseaux à contrebas dans la passe  

Mr De Bellefeuille, me rend en ce moment votre réponse mon cher Desgouttes qui est qu'il faudra attendre un temps de brume. Les personnes préposées pour l'exécution disent si un vaisseau du Roy ne juge pas devoir s'avancer pour canonner la batterie ennemie de façon à les faire taire. Comment pourrons-nous aller travailler sous le feu de cette batterie; Il est constant que partout l'ont a soutenu des travailleurs sous un feu ennemy. Et quand je vous l'ay proposé comme marin, j'ai ouï la chose nécessaire et faisable quand bien même il ne s'agirait que de soulager le sort de L'Isle cela deviendrait indispensable. C'est une porte qu'on laisse ouverte et qui détruira l'Isle. Porte qu'il n'y a que les Vaisseaux du Roy qui puissent les fermer et interdire.

Je vous réitère donc les observations que je vous ay fait faire ce matin par Mr De Bellefeuille porteur de ma première lettre. Le bateau même que vous avez armé avec deux pièces de canon pour se porter au besoin en différents endroits était un indice de ce qu'un vaisseau devoir faire à son départ.

J'ordonne en ce moment un banc pour faire rassembler tout ce qu'il ya d'hommes de mer que nous avons sur les batteries, afin de faire de notre côté un coup dessous. S'il ne réussit pas, je n'auray rien à me reprocher à cet égard mais je suis dans l'impossibilité de soulager L'Isle autrement, elle ne peut attendre des secours que des Vaisseaux du Roy.

 Je suis mon cher Desgouttes.                                         Signé Le Chevalier De Drucourt le 28 juin

 

 

Lettre à Mr Le Marquis Desgouttes pour le service des batteries.

 

Je prie Mr Le Marquis Desgouttes de faire servir par les officiers et Equipages de ses vaisseaux toute l'artillerie qui borde la partie de la mer. Savoir depuis le corps de garde de la grave jusqu'au flanc droit du demy bastion princesse compris et aussi les trois pièces de canons de 6 dans le chemin couvert de la Porte Maurepas près du batard d'eau pour la nuit seulement et toute cette partie étant coulicé à ce jour. J'ai donné ordre aux canonniers et miliciens de la colonie de repasser aux bastions Dauphin du Roy et de la Reine.

A Louisbourg le 8 juillet 1758                                        Signé : le Chevalier Drucourt

Représentation de Mr Desgouttes du 19 à Mr Drucourt  

Aujourd'hui 19 juillet Mr le Marquis Desgouttes a assemblé tous les Capitaines de l'Escadre et Monsieur de Kerdissieu commissaire à la suite de l'Escadre pour délibérer sur le sort des Vaisseaux pour la position où se trouve la Place. Tous les avis signés de leur nom a été que les dits Vaisseaux fussent plus tôt brûler que de tomber au pouvoir de l'ennemy. Cette décision est conforme à l'Ordonnance du Roy de 1689 page 90 art 36 chapitre des perres tit.2 page 82. Les dits Vaisseaux se trouvent aujourd'hui hors d'être de sortir leurs mats, vergues et graiments ainsy que le corps du vaisseau étant fort endommagé par les quantités de coups de canons et de bombes qu'ils ont reçu et ne pouvant le réparer sous le feu continuel de l'ennemy, les munitions de guerre des dits vaisseaux étant presque consommées ayant tiré depuis le 10 juin jusqu'à ce jour , Mr Desgouttes voulant agir toujours avec Mr le chevalier de Drucourt du plus grand concert, lui représente que n'était resté dans la rade que sur la demande réitérée qu'il m' a faite sur le résultat de son Conseil de terre, quoiqu'opposé à celui de Messieurs les Capitaines de Vaisseaux,il aye la bonté de l'avertir du temps où il jugera à propos de brûler les dits Vaisseaux pour qu'ils ne tombent pas entre les mains de l'Ennemy.

Je le prie de faire attention aux circonstances qui pourraient en rendre l'exécution impossible, les batteries des ennemis sans battre directement en brèche ne laissent pas que de bien endommager les murailles et la Place qui ont beaucoup souffert tant des boulets qu'elles ont reçues que par le branlement des coups de canons tirer des remparts, ce qui donne lui à craindre que dès qu'ils bâteront en bûcher ils ne leur faut que peu de temps pour la rendre praticable. Je pense fort, il faut faire une sommation et qu'ils offrent une capitulation dont la première condition serais de demander les vaisseaux. On ne serait plus maitres de les brûler à moins que de vouloir s'exposer à être pris à discrétion. Ces réflexions que Mr Desgouttes prie Mr Drucourt de peser mûrement. Le détermine à luy demander et clairement afin qu'il s'y conforme. Les vaisseaux détruits donneront la totalité de leurs équipages à la Place que dès lors feront parti de sa garnison.

Signé : Desgouttes, Beaussier de l'Isle, le Chevalier d Tourville, Marolle, le Chevalier de Courcerac.

Réponse de Mr Drucourt à cette dernière représentation  

Quand Mr le Chevalier de Drucourt a demandé et exigé de Mr le Marquis Desgouttes que les Vaisseaux du Roy restassent dans la Rade, il a suivi en cela le sens précis de la lettre du Roy qui finis par dire que son intention est que ses vaisseaux ne s'écartent jamais assez pour ne pas rentrer dans la rade d'un moment à l'autre. Si la circonstance le requerrait, des paroles aussi peu équivoques, l'instruction du Ministre de Mr le Marquis Desgouttes m'ont de plus en plus déterminé à m'opposer au départ des Vaisseaux avec autant plus de raison qu'il fut sollicité dans un temps où sont été affichée la Terreur et mettre l'Epouvante dans la Troupe et l'Habitant que de pendre party 24 heures après la descente. Mais s'il a été de mon devoir de prononcé sur ce premier objet, il n'en résulte pas que je doive décider du sort des vaisseaux ainsy que me le demande Desgouttes à lecture de son exposé. Il marque aussi au commencement que l'Avis de tous les Capitaines est de brûler les Vaisseaux plutôt que de les laisser au pouvoir de l'Ennemy citant à cet égard, l'ordonnance du Roy. Personne ne peut n'y ne doit aller contre une pareille autorité. Mr l Chevalier de Drucourt n'ayant pas été appelé au Conseil des Capitaines, il ne peut pas non plus y donner des voix et encore moins une voix décisive, tel que le demande Mr Desgouttes.si c'est pour répondre aux vues du concert qu'il marque vouloir entretenir avec luy. Mr De Drucourt dira et à piger qu'il a été interrompu dans plusieurs circonstances telle a été celle où il lui fut demandé de faire avancer un de ses vaisseaux pour éteindre le feu de la batterie de la Lanterne qui écraserais l'Isle de l'Entrée. Il fut envoyé le capitaine de Port avec un gars de la marine et un pilote de son vaisseau et au retour le Sieur de La Barat rendit compte publiquement à Mr Desgouttes qu'il venait de poser des bouées dans un ?d' où l'on pouvait fort incommoder cette batterie. Il en a donné son certifié. Lors du premier déplacement des Vaisseaux  où nous décidâmes qu'ils se rapprocheraient plus du côté de la Ville il y fut effectivement observé qu'il conserverait toujours le même alignement prêtant le côté à la passe ce qui fut exécuté à l'exception d'un seul qui se trouvait plus en dedans du côté de la frégate. Ne pouvant tenir tous cinq sur la même ligne. mais après l'évènement d'une bombe tombée à bord du Capricieux qui détermine encore un second déplacement, nous décidâmes aussi qu'ils se rapprocheraient davantage et n'auraient toujours pour objet de conserver la ligne et le côté de la passe ce qui n'a pas été pratique ainsi qu'on le peut voir par la position de l'Escadre. Mr Drucourt même à bord Mr Desgouttes sous la batterie de la pièce de la grave pour lui en mieux faire faire l'observation. Ils n'ont cependant pas changé de place depuis. ce dernier évènement du Capricieux occasionne encore de la part de Mr Desgouttes une demande à Mr Drucourt sur ce qu'ils jugeront convenable de faire.

Toutes ces citations quoy que paraissantes étrangères à ce dernier soir, parvenir toujours à prouver que Mr le Marquis Desgouttes n'est pas aussi exactement suivi le Conseil comme il est marqué dans son mémoire. De plus je dois croire que l'ordre qu'il a donné à Mr Desrocher de passer en France n'est pour l'objet que de rendre compte de ses vaisseaux de leur situation et de ce qu'a été décidé aussy que du party qu'on prendra dans la suite. Ayant donc ignoré jusqu'au départ même du capitaine. Je peux penser qu'il n'en a dérobé la connaissance, pour éviter de rendre les mêmes. Ce d'autant mieux que la veille il me dit (Mr Desrocher désire passer dans la frégate mais je ne luy donneray point d'ordre) Je luy répondis même qu'il ne pouvait s'en aller qu'à titre de mauvaise santé. Je fus donc surpris d'apprendre le lendemain qu'il avait l'ordre quoi qu'il en soit. Il parait que ce départ n'est que pour rendre des comptes et comme je les ignore je ne peux pas prononcer et encore moins sur des faits qui sont purement relatif au Commandement de l'Escadre et Messieurs les Capitaines et Monsieur le Marquis Desgouttes l'a si bien reconnu qu'il a donné un ordre par écrit à ses capitaines d'être prêts à couler bas leurs vaisseaux. soit de jour comme de nuit au signal indiqué et qu'il leur prescrit. Il a donc de lui-même décidé de leur sort, ainsi pourquoy me le demander aujourd'huy. Il n'est pas douteux qu'il n'ait aussi informé le Ministre de cet ordre.

Au surplus il est certain que Sieur Mr Desgouttes eut exigé de moy de décider du sort des Vaisseaux. En les faisant rester je n'aurais pas pris sur moy cette décision comme j'ai fait celle de long séjour et qu'il n'eut voulu rester qu'à cette condition. Je l'eusse plutôt laissé partir. Car encore une fois, il a été de mon devoir d'exiger que ces vaisseaux restassent pour la sûreté de la Rade et la défense de la Place.  Mais je n'en trouve point autorité pour cela a prononcé, n'y décider sur ce que messieurs les Capitaines doivent faire. Point à ce que le commencement de l'exposé annonce le party qu'ils ont pris tout ce qu'il me parait raisonnable d'exiger et d'annoncer quelques jours à l'avance la situation de la Place pour déterminer le résultat.

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