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Actes de naissance, décès ou mariages de vos ancêtres ou les nôtres
figurant sur les rôles de navires.

 

Si vous désirez y mettre un acte pour aider d'autres personnes
nous vous offrons la place ci-dessous et votre nom figurera au bas de l'acte et un lien sera fait de son nom sur le rôle du ou des navires.

Dont actes fournis par Madame Janine JOUENNE


 

Décès de NICOLAS LE BARBIER de Grandville
Décédé le 3 janvier 1743 à La Génétouze, Vendée

Il était sur le navire le Saint Dominique de Grandville en partance pour Gaspé le 21 mars 1742.
Il est descendu le 15 décembre 1742 où ? était-il malade car il décède peu de temps après chez André Bourmaud cabaretier

 

Testament de Philippe LUCE
matelot d'Agon

Le 26 mai 1745, Françoise Elisabeth GERVAISE, veuve de Philippe LUCE, matelot, de la paroisse d'Agon, dépose devant notaire, le testament
holographe dudit défunt Philippe LUCE, son mari, en date du premier février 1744. Philippe LUCE, fils de Jean et de Jacqueline LE HUBY, et Françoise
Elisabeth GERVAISE, fille de Jean et de Marguerite LE HUBY, se sont mariés à Agon le 2 mars 1737.

D'après les informations trouvées sur le site « migrations.fr » de Bernard et Jocelyne QUILLIVIC, Philippe LUCE, capitaine du navire L'Adrien, s'est
embarqué à Granville le 11 février 1744, 10 jours après avoir rédigé son testament.

Voici l'acte fourni et transcrit par Madame Janine Jouenne, avec nos remerciements
 
 

« Au nom de Dieu et de Sainte Vierge,
apres avoir mon ame rendu a Dieu apres ma mort je desire estre enterré dans l’eglise ou cimetier de la paroisse et comme je vas m’enbarquer pour voyage de loncourt, j’ay fait par ce present mon testament et derniere volonté.J’ay establie Françoise Elisabet GERVAISE, mon epouse, pour tutrice
de mes enfans qui sonts deux garçons. Je prie mon epouse d’en avoir soin et de les mintenir et nourir suivant son moyen et leur etat et condition, les envoyer a l’ecolle si faire ce peut, comme ausy
entretenir les maisons l’eau dehor, et luy laisse le peut de bien que j’ay en dispositiion sans en estre contable a ces deux enfans. Et pour cet effet  j’etablis Estienne GERVAISE, mon beau frere, et au cas de mort Adan HELLAINE, mon cousin, et les deux anciens avocats postulants au baillage de Peries par laquelle on reglera mes affaires. Et je laisse une liasse de mes papiers dans monarmoire de ce que j’ay passé de contrats et en forme, avecun memoire de mes meubles de ce que je puis avoir cy joint en l’autre par le present fait de ma propre main et derniere volonté, fait memoire de mes meubles que je possede, mon lit complet ou nous couchons avec une armoire de bois chêne fermant a clef, et dans la ditte armoire il y a un vieux habit pour moy avec un habit de noces a ma femme, avec
trois autres habits d’etoffe de façon a elle apartenant, sept draps de lit avec douzaine de chemises a l’usage de ma ditte femme, avec huit serviettes et autres menu linges pour son usage, avec
un autre couchette et un petit lit dedans, et un cheval, une vache et une vielle tablle qui sert de petrit, un vieux coffre de bois chesne et autre menu meubles servants au mesnage,
un vieux chaudron d’airain, un vieux pot de fer avec six livres d’estain commun, un vieux tonneaux, deux bariques, une charrette, et tous lesquels meubles  je les ay estimé valloir la somme
               #ainsi que du fond estimé a dix ecus par an de cent vingt livres don elle ne sera tenu d’an rendre aucun conte a mes enfans dans leurs age de majorité que tant qu’elle en sera saisie.
Fait a Agon ce premier jour de fevrier mil
sept cents quarante quatre       Philippe Luce 

#aprouvé en interligne ainsi que du fond estimé a dix ecus par an 

acte transcrit par Janine Jouenne

 

Document fourni sur le forum CG50 par René Jouenne
 

 
Dans les actes notariés des tabellionages ruraux de la région de Coutances, on peut trouver de nombreux actes concernant des marins de Blainville ou Agon capturés et maintenus prisonniers en divers endroits. Une rançon est souvent demandée pour leur libération
 

Gilles CIRON, de Blainville, captif en « Turquise » en 1645
21 décembre 1645
 
5 E 10245 AD 50

 
 

Du vingt uniesme jour de decembre mil six cent quarante cinq a Blainville, avant midy,
devant Gosselin et Potier, tabellions, fut presente Jeanne MORANT, femme de Gilles CIRON et pour luy stipulante a raison qu’il est detenu captif en Turquise, laquelle en execution des lettres missives a elle par luy envoyés, portant date  du … (en blanc),
a vendu, cedé, quité et delaisséaffin d’heritage a Clement LE COUVEY, tous de Blainville, a ce present et acceptant, deux champs de terre entretenant ensemble sis en ladite parroisse au reage des Tors Champs, contenant deux vergés et demye ou viron ou comme ils se contiennent et pourportent, faisant joincts et buts Martin CHARDOT, la veufve Benoist DESVAUX, Vincent DESVAUX et Dominique GIHAUT et Pierre DAIREAUX, iceux tenus de la sieurye de Blainville en exemption d’aucunes rentes … Et fut la presente vente faicte par le prix et sommme de quarante deux livres tournois pour principal et quarante solz de vin quittes, laquelle somme principale ainsy que ledit vin a esté presentement payée, contée et nombrée aux mains de ladite femme
par ledit acquereur en bon payment ayant cours presence de nousdits tabellions et des tesmoings cy apres nommés pour estre lesdits deniers convertis et employés pour fournir et satisfaire a la rançon qu’il convient envoyer audit son mary pour obtenir son racquit et delivrance suivant l’intention desdites missives. Ce faict en la presence de Philipppe MORANT, frere de ladite femme, lequel pour la bonne amour et amityé qu’il porte audit CIRON, son frere en loy, a pleigé et cautionné ladite MORANT, sa sœur, de la presente vente et s’en est avec elle rendu principal respondant et garand, un pour le tout sans division ny ordre de discussion, cessant quoy ledit LECOUVEY  n’eust faict le present. En quoy faisant ladite femme luy a promis bailler lesdites missives pour luy valloir que de raison, a condition de desgage retenue par ladite femme et a elle accordée par ledit acquereur, de pouvoir retraire ladite vente du jourd’huy en cinq ans par en rendant etc… dans lequel temps ledite femme sera tenue faire ledit retraict ou, faute par elle, ledit MORANT s’y oblige et a ceste fin rembourser ledit LE COUVEYde tous les deniers qui se trouveront justement desboursés pour raison du present contrat. Et en cas que ladite femme ou le dit MORANT fussent morosifs et delayants de faire ledit retraict, ledit LE COUVEY  les y pourra abstraindre par justice, atendu qu’il n’a faict le present conquest a dessain de s’en aproprier ains que pour tascher d’obtenir la delivrance dudit captif. De laquelle terre il entre de present en possession et jouissance comme de ce jour, dont et de tout ce que dessus ilz furent respectivement contens, promettant etc… sur la caution etc …Presens Pierre TANQUEREY, filz Adrien, et Jullien LE VICONTE, dudit lieu.

Signatures : Morand, C Lecouvey, Gosselin, Le Viconte, Tanquerey, Potier
Marque de Jeanne Morant
 

Acte fourni et transcrit par Janine Jouenne

 

Notes : Gilles CIRON et Jeanne MORAND ont eu au moins trois enfants, attestés par leur contrat de mariage ou par acte notarié.

Perrine
 :
Contrat de mariage avec Jacques SAILLARD, fils de Nicolas SAILLARD et de Catherine RAISIN,  le 04-02-1652, reconnu le 15-02-1653 (5 E 10254). Gilles CIRON, a été libéré, il est présent au contrat de sa fille et le signe.  Il  accorde aux futurs mariés un champ de terre sis en la paroisse de Blainville, au réage du Val, faisant joints et buts aux héritiers de Jacques TANQUEREY et le ruisseau qui sépare Agon et Blainville et Romain TANQUEREY... On retouve les descendants de ce couple parmi les capitaines de navires et matelots originaires de Blainville.

Gilles : Contrat de mariage avec Anne LE ROUX, de Tourville, fille de feu Robert LE ROUX et de Judith COLASSE, le 23 septembre 1670 devant les tabellions de Coutances (5 E 2491). Messire Nicolas de COSTENTIN, écuyer, sieur de Coutainville, conseiller du roi en ses conseils, a promis donner à la future épouse  la somme de cinquante livres. On retrouve également les fils de ce couple parmi les capitaines et matelots de Blainville : Adrien CIRON, Jacques CIRON et Nicolas CIRON.

Jeanne, mariée à André VEREL, connue par un acte notarié d'avril 1718 (5 E 2137) : Louis FUMEE, marié à Catherine LETOURMY, reçoit de Maîtres Nicolas et Jacques CIRON, frères, de Blainville et d'Anneville, fils de Gilles CIRON, 65 livres et 35 sols de rente pour le prorata couru de ladite rente. Ledit FUMEE a rendu auxdits CIRON le contrat de mariage en original d'entre André VEREL et Jeanne CIRON, sa femme, soeur dudit Gilles.

Notes de Janine JOUENNE

 

Apposition des scellés au domicile de feu Robert MOULARD,
capitaine du navire Le Charles Joseph, décédé en mer le 2 juillet 1753

 

 

L’an mil sept cents cinquante trois, le
mardy trente unieme jour de juillet, nous, Pierre
BOIVIN, notaire royal soussigné,

A la requete de Jean François MOULARD, officier
navigant, de la parroisse de Blainville, fils et heritier
en sa partie de feu Robert MOULARD decedé dans
le navire Le Charles Joseph dont est armateur le
sieur HUGON de la Noé de la ville de Granville, ledit
sieur MOULARD capitaine dudit navire pour la pesche
de mollue sur le grand banc de Terre Neuve, decedé
le deux de ce mois en mer, lequel nous a fait
requerir de nous transporter au domicille dudit Robert
MOULARD pour apposer des scellés sur les fermetures
et dresser bref etat des meubles qui sont en
evidence et qui ne peuvent se renfermer sous les scellés.
Pourquoy sommes sortis de notre etude scize a Gouville
sur les huit heures de matin et transportés
au domicille dudit deffunt en la parroisse de Blainville
pour proceder a l’apposition des scellés et au
bref etat des meubles qui ne peuvent se renfermer,
ou etant arrivé nous avons trouvé ledit sieur Jean
François MOULARD, Me Antoine René TANQUEREY,
beau frère dudit Jean François MOULARD, presence
desquels nous avons procedé a laditte apposition
de scellés et ce afin qu’il ne soit imputé aucune 
faute audit requerant de la part des mineurs
au nombre de cinq dont un garçon et quatre filles
en attendant qu’il leur soit elu un ou plusieurs
tuteurs, a ce aussy  present discrette personne
Me Jean Ouen NOËL, pretre, curé dudit lieu de Blainville

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lequel nous a representé deux clefs qu’il a dit
luy avoir eté mises aux mains par ledit requerant
le jour de samedy dernier a son arrivée de son
voyage en qualité de second avec ledit sieur Robert
MOULARD, son père, decedé dans iceluy et après avoir
fait epreuve desdittes deux clefs, icelles se sont
trouvés ouvrir, scavoir, l’une une armoire etant dans
un sallon etant a costé de la salle ou cuisine dudit domicille
et l’autre ne s’est trouvée pouvoir ouvrir aucune des fermetures
etant dans laditte maison, ce que ledit requerant a signé avec
lesdits sieur curé de Blainville et ledit sieur TANQUEREY, presence
des temoins soussignés, et avons procedé a laditte apposition
de scellés comme il suit.

Signatures : NOËL, A.René  TANQUEREY, J. François MOULARD

Premierement

Avons apposé un scellé sur l’embouchure de la serrure
de l’armoire etant dans un sallon a costé de la cuisine
contre la muraille qui partage ledit sallon d’avec la cuisine,
iceluy scellé attaché avec quatre empreintes de notre
cachet sur cire rouge aux armes du Roy pareille
a celles cy en marge avec deffense a toutes personnes
d’y attenter et mettre la main sous les peines au cas
appartenant.

Item avons apposé un scellé sur meme cire et avec
memes armes avec pareilles deffenses sur
l’embouchure de la serrure d’un tiroir etant au bas

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de ladite armoire sans en avoir trouvé la clef,
lesdites deux clefs cy dessus remises par ledit sieur curé
de Blainville restés entre nos mains

Item dans iceluy sallon une autre armoire de bois chesne
a deux panneaux et un tiroir au bas dans laquelle il ne
s’est rien trouvé que les linges et hardes des filles mineurs
ainsy que dans un petit coffre ou ecrain etant a l’entrée dudit
sallon, pourquoy n’en a eté fait plus ample designation
de la requisition des parties

Item dans iceluy sallon un autre coffre de mer, la clef
duquel nous a eté representée par Marie ROBIN, servante
domestique de ladite maison, et après ouverture faitte
d’iceluy s’y est trouvé viron dix huit aulnes et quelques
paires de bas et plusieurs morceaux d’etoffe et d’auttres
de peu de valleur, la clef restée audit MOULARD requerant.

Item un autre coffre fermé avec un cadenas et une
chaisne dont la clef nous n’a eté trouvée ny representée
pourquoy nous y avons apposé un scellé aux memes
armes et defenses que dessus, ledit scellé prenant sur le
couvercle et au dessus du cadenas

Item deux couches de mortbois et chesne garnyes chacun
leurs rideaux, les paillasses et couvertures.

Item une vieille epée, une montre avec sa boette et
chaisne d’argent qui est celle dudit deffunt, une poche
pleine de bobines au nombre de viron deux douzaines,
viron deux livres de chanvre, une bouteille
de verre de viron une chopine, une sciette, une plaque

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de cuivre, quatre chaises dont une de bois et trois empaillées,
un petit miroir, un vieux fer a dresser, une table
de bois chesne.

Item dans la cuisine une couchette de mortbois,
un lit garny de plume, et une couverture, une
armoire servant de laitterie et dans icelle viron
douze pots de terre dans lesquels il y a du beurre
dans deux et les autres vuides, un pot, une
chopine, deux ecuelles, une demy douzaine de
cuilleres, le tout d’etain, deux plats, une douzaine
d’assiettes aussy d’étain, deux casserolles de cuivre,
trois chaudrons, une poelle, un gril, un rechaut, une
lampe, une cramaillere, le tout de fer, une tuille, un
trepied, une table servant a manger avec deux
bancelles de mortbois, un vieux buffet
dans lequel il ne s’est rien trouvé, une etablie.
Dans l’ecurie, un cheval de poil noir et plusieurs autres
meubles laissés sur le lieu.

Item dans l’etable a vaches, deux vaches dont 
une de poil noir et l’autre rouge, et deux genissons
l’un d’un an et l’autre de l’année.

Item dans l’etable a moutons six brebis et
deux agneaux

Item dans le cellier un tonneau, deux bottes
et quatre bariques dont le tonneau est presque
plein et les autres vuides

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Item dans un appartement a costé un porc
male

Item dans la grange viron quatre cents
de bled d’orge, avec viron un cent etant encore
a recolter

Item dans le grenier etant dessus ladite maison
viron cent et demy de foin et plusieurs autres
meubles restés sur le lieu dont n’a eté fait plus
ample detail et qui sont demeurés a la garde et
saisie dudit requerant a charge par luy d’en rendre bon
et fidel compte lors de l’inventaire qui en
sera fait après que les parents auront
delliberé pour elire un ou plusieurs tuteurs auxdits
mineurs. Et nous sommes retirés presence de
discrette personne Me Jean Ouen NOEL, pretre, curé
dudit lieu de Blainville et de Pierre LAISNEY,
laboureur, de la parroisse de Gouville, temoins.
Et avons vacqué au present l’espace de quatre heures , presents
les temoins signés avec lesdites parties et nousdit
notaire après lecture faitte, la garde des scellés avec
celle des meubles restés en evidence demeurée
audit requerant lecture faitte. Deux mots rayés nuls
Signatures NOEL, J.François MOULARD, A. René TANQUERAY, BOIVIN, P. LAISNEY

Robert MOULARD, fils de Gilles MOULARD et Marguerite GRANDIN, est né à Blainville le 15 décembre 1694. Il a épousé Catherine LE CUIR, fille de Jean et de Marie THEZARD, le 4 février 1723 à Blainville. De cette union sont nés dix enfants, trois fils et sept filles. Jean François, requérant pour la pose des scellés au domicile de son père, est né à Blainville le 25 septembre 1730. Une des filles, Marie Marguerite, née à Blainville le 15 novembre 1724, a épousé Antoine René TANQUEREY, également présent à la pose des scellés. L’inventaire complet « des biens meubles, lettres et écritures de la succession » de Robert MOULARD à la requête de Pierre Denis MOULARD, autre fils du défunt, a commencé le mardi onze décembre 1753 et s’est terminé le vendredi 14 décembre. C’est un acte de 34 pages.

Janine Jouenne

 

 

Participation de la famille GERVAISE d’Agon
à la construction des murailles, forts et fortifications
de la ville de Saint Malo
Acte du 18 août 1757

 

 

Par devant nous Pierre BOIVIN, notaire royal, garde nottes, titulaire pour le siège de Linverville et
dependances soussigné sous les vicont bailliages de Coutances et Saint Sauveur Lendelin à Periers soussigné. Du jeudy dix huitième jour d’aoust l’an mil sept cents cinquante sept à Agon après midy, En l’assemblée de parens des enfants de deffunt Etienne GERVAISE, chargé par les directeurs et entrepreneurs de la construction et entretien des murailles, forts et fortifications de la ville de Saint Malo, d’en voiturer par mer les pierres et materiaux necessaires, et de deffunte Charlotte LE TURC, sa femme, laditte assemblée tenue audit lieu d’Agon en la maison dudit feu Etienne GERVAISE, devant nous , notaire royal cy dessus dit et soussigné,Gilles Eloy GERVAISE, capitaine de navire, majeur, âgé de vingt sept ans, fils ainé d’Etienne GERVAISE et de feue Françoise LE HUBY, sa premiere femme, a representé :

Que du mariage dudit feu Etienne GERVAISE avec laditte Charlotte LE HUBY sont issus deux filles agées de vingt un ans, l’autre de vingt ans, majeurs, par la coutume

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de Normandie qui les regit, et Jean Paul GERVAISE, né le vingt quatre juin mil sept cents quarante cinq, etant seullement sur sa treizieme année # ayant tous leurdomicille au village d’Agon, en Normandie, il luy echoit naturellement d’etre nommé tuteur de son frere, surtout en considerant que tous les parents icy assemblés sont dans un degré très eloigné.

Mais que malgré toute sa bonne volonté de regir cette tutelle avec l’amitié et l’exactitude que l’on doit
attendre d’un frere ainé, il luy est impossible de s’en charger et encore plus d’y vacquer, vu que succedant a son père dans l’employ par luy exercé jusqu'à sa mort, et auquel il aidoit continuellement, ayant eu dès ce temps une barque en proprieté qui faisoit partie des transports necessaires et qu’il entend conserver, il se trouve encore chargé de soutenir pour la succession celle possedée par son père, en sorte que ces deux parties de travail reunies doivent l’occuper de maniere à etre presque toute l’année hors du village d’Agon en Normandie qui est son veritable domicille.

Que son père et luy ayant jusqu'à present remply exactement les fonctions de cet employ a la satisfaction des directeurs et entrepreneurs des ouvrages en question et des supérieurs, il luy extremement interressant de la continuer et de s’y maintenir comme etant

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son unique commerce et celuy qui peut seul luy procurer les necessités de la vie aussy bien
qu’a ses freres et sœurs.Qu’il a même fait jusqu’icy quelques voyages sur le banc de Terre Neuve, deux entr’autre pour le service de sa Majesté et que le même service peut l’appeler d’un moment à
l’autre pour en faire de nouveaux, dans tous lesquels cas il luy seroit impossible de gerer la tutelle
de son frere.
Que d’ailleurs si elle avoit lieu il faudroit commencer par vendre la barque appartenant a la succession,  
les voiles et toutes les ustensilles qui en dependent ce qui ruineroit absolument son frere, parce que non
seullement les frais de l’inventaire et de la prisée et vente se prenant en total sur sa petite portion heriditaire la consommeroient entierement, mais encore le mettroient hors d’etat de participer à la continuation du petit commerce qui seul soutient ses frere et sœurs.

Qu’enfin les deux particuliers qui recherchent actuellement ses deux sœurs en mariage pouroient
se retirer et les deux filles rester sans etre etablies si le mineur restoit en tutelle et qu’il fallut vendre

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les effets mobiliers en question, puisque ce mineur qui commence etre au fait du petit commerce et y est
meme déjà de quelque secours, se trouveroit sans employ et seroit a charge a sa famille.Outre que la coutume de Normandie, ou la succession est ouverte, declare les enfants majeurs a vingt ans semble authoriser leur emancipation à un age plus tendre que dans la coutume ou il sont majeurs qu’a vingt cinq ans. Sur quoy lesdits parents, scavoir du costé paternel, Louis François JEHENNE, Nicolas GERVAISE, Denis GERVAISE, Gilles LE HUBY, Charles LE HUBY et Gilles DUPERRON et ,
du costé maternel, Charles TANQUEREY, Guillaume LE TURC, Guillaume LE TURC, Antoine LE NOBLE, Simon MEQUET et Denis LE GRUEL, tous des parroisses d’Agon et Blainville, lesquels après avoir conferé ensemble sur le susdit exposé qu’ils ont reconnu veritable dans tous ses points ,
et murement reflechy, tant sur la triste situation ou seroit le mineur dont est question s’il etoit mis en
tutelle et si Gilles Eloy GERVAISE, son frere, qui seul peut etre son tuteur, avoit cette charge, que sur les inconvenients qui en resulteroient, que le commere de sa famille qui fait son unique objet en seroit

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totallement derangé et entraineroit même la destruction et la ruine egallement que celle du mineur,
Sont d’avis qu’il soit presenté requeste a sa Majesté et a Nosseigneurs de son conseil, tant en leurs noms qu’a celuy de Jean Paul GERVAISE etant sur sa treizieme année, pour les suplier tres respectivement, attendu les circonstances particulieres et qu’il peuvent dire etre uniques, d’accorder des lettres d’emancipation audit Jean Paul GERVAISE pour pouvoir jouir de sa mediocre fortune et
participer a la continuation du petit commerce de son père, a quoy son frere et ses deux sœurs tiendront la main jusqu’à ce qu’il ait un age competent.

Sont aussy intervenus au present acte d’assemblée Jean Batiste DUPERRON, Jean Baptiste TANQUEREY, Gilles ADELUE, de ladite parroisse d’Agon, et Jean Batiste TURQUETL, de celle de Blainville, tous amis dudit deffunt Etienne GERVAISE et de sa famille, lesquels ont attesté la verité des differents faits cy dessus enoncés, comme en ayant une parfaitte connoissance et etant prets de les affirmer devant tous juges s’ils en etoient requis, ajoutent meme que s’il plait a sa Majesté et a Nosseigneurs de son conseil d’emanciper ledit Jean Paul GERVAISE, il seroit peut etre difficile
d’accorder pareille grace a une famille qui en soit plus

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digne, le père ayant remply son commerce avec toute la probité et l’exactitude possible, le fils ainé marchant sur les traces de son père, l’un et l’autre ayant toujours eté considerés comme des personnes au dessus de leur etat, generallement aimés et estimés de tous ceux qui les ont connu, et ont eu quelques liaisons avec eux, ce que lesdits parents et amis ont signé et marqué, ceux ayant marqué ne pouvant signer, de ce interpellés ,suivant l’ordonnance, la presente demeurée pour minutte, faitte et passée audit lieu d’Agon, au domicille dudit feu Etienne GERVAISE ou nous nous sommes exprés
transporté, presence de (un blanc)tesmoins qui ont aussy signé et nousdit notaire, lecture
faitte, trois mots rayés nuls, le mot HUBY rechargé bon # né du mariage dudit Etienne GERVAISE avec
laditte LE TURC, sa seconde femme.

Signatures : G Gervaise, Louis François Jehenne, G Le Turcq, Gervais, Denis Le Gruel, G Le Huby, G Duperron, Denis Gervaise, Ant Le Noble, M J Mequet, C Tanquerey, J Bpte Duperron, J Turquetil, J B Tanquerey, Gilles Adelue, Chardot, Chardot, la marque dudit Guillaume Le Turc, Boivin

Controllé à Coutances le 22 aoust 1757. Reçu vingt quatre sols pour deux droits
Signé Darmancourt

 

Etienne GERVAISE, né à Agon le 7 octobre 1701, fils de Jean GERVAISE et de Marguerite LE HUBY, a épousé en premières noces à Agon, le 3 mars 1725, Françoise LE HUBY, fille de Pierre et Marie GERVAISE. Françoise LE HUBY est inhumée à Agon le 18 septembre 1741. Etienne se remarie le premier février 1744 avec Charlotte LE TURCQ, fille de Guillaume et de Marguerite TANQUEREY. Elle décède à Agon le 13 mars 1757.

Gilles Eloy GERVAISE, fils d’Etienne et Françoise LE HUBY, est né à Agon  le 1er décembre 1730. Les deux sœurs mentionnées dans l’acte sont Marie Madeleine et Marie Marguerite GERVAISE. Elles se marient l’une et l’autre le 7 janvier 1758. Marie Madeleine épouse Pierre GRANDIN, fils de Jean et de Jeanne LE PELEY, Marie Marguerite épouse Louis Charles TANQUEREY, fils de Charles, officier de marine, et de Charlotte LE TURC.

Gilles Eloy GERVAISE se marie également en 1758, le 16 mars, avec Jacqueline LE TURCQ, fille de Charles LE TURC et de Jeanne Marie TANQUEREY.

Janine Jouenne

 

 

Procuration du 30 mai 1758 envoyée par Denis François DESVAUX[1]
Capitaine de navire, de Blainville, prisonnier de guerre en Angleterre

 

Je soussigné Denis François DESVAUX, capitaine de navire, de la paroisse de Blainville en Normandie, de present prisonnier de guerre en ce lieu, donne par le present plein pouvoir et authorité et constitue par le present pour ma procuratrice generalle et specialle la personne de Françoise DUHAMEL, mon epouse, a laquelle je donne, pour moy et en mon nom, tout pouvoir comme dit est de faire et requerir tous
… ? des biens propres, tant meubles qu’immeubles, de toutes successions qui pouroient m’etre echues ou qui pouroient m’echeoir, de faire pour cet effect tous exploits et dilligences requises et necessaires, les choisir ou donner a choisir suivant que le cas y sera requis,
… ? et affermer lesdits biens sous telles conditions et aux clauses que laditte procuratrice constituée le jugera a propos, et de faire tout ce qu’il conviendra pour le mesnagement de mes interests et a moindre fraix qu’il sera possible, recevoir tous deniers et en donner quittance … seront comme s’ils etoient de moy signez, promettant d’avoir le tout pour agreable et consentir et ratiffier tout ce qui aura eté fait par laditte Françoise DUHAMEL, mon epouse et procuratrice vers tous et contre tous. Fait a Alresford en Anglettere en la comté …pshire le trentieme jour de may mil sept cents cinquante huit.

Signé Desvaux avec paraphe

 

[1] Denis François DESVAUX, navigant, capitaine de navire, fils de Vincent DESVAUX et de Jacqueline GODEFROY, est né à Blainville le 12 décembre 1726. Le 15 janvier 1752 , il fait un contrat de mariage avec Françoise Jacqueline HAMEL, de Linverville, fille de Maître Nicolas HAMEL et de Valentine BOURSIER (5 E 10311). Le mariage a lieu à Linverville le 3 février 1752. Une fille, Marie Anne, est baptisée à Blainville le 29 novembre 1752. Denis François DESVAUX a été libéré et 4 enfants sont nés en 1760, 1761, 1764 et 1767.

La mère de Denis François DESVAUX , Jacqueline GODEFROY, veuve de Vincent DESVAUX, est inhumée à Blainville le 3 mai 1758, un inventaire après décès a lieu le 12/05/1758. Denis François DESVAUX envoie cette  procuration au nom de son épouse afin qu'elle puisse le représenter et s'occuper de ses intérêts.

 

 

Les frères RAISIN, prisonniers de guerre en Angleterre, 1759[1]

A Monsieur,

Monsieur le bailly de Costentin ou monsieur son Lieutenant general civil à Coutances.

Supplient humblement Loüis RAISIN, matelot, actuellement detenu prisonnier de guerre aux prisons d’Angleterre, present et stipullé par JeanneJOURNEAUX,
porteresse de sa procuration passée devant le nottaire de Linverville le trente mars mil sept cents cinquante sept, et Jeanne LA JOYE, femme de Michel
RAISIN, absent depuis viron quatre à cinq ans,et vous remontrent ledit
Louis RAISIN et laditte Jeanne LA JOYE, que de Pierre RAISIN et de Jeanne GOSSELIN, sortirent ledit Michel RAISIN qui a epousé laditte Jeanne LA JOYE, une des suppliantes, qui depuis son départ sur mer n’a eu aucune nouvelle de son mary, elle n’a point d’enfants, Pierre RAISIN et laditte Jeanne GOSSELIN eurent pour second fils Louis, l’un des suppliants, stipullé comme dit est par Jeanne JOURNEAUX, sa femme, chargée actuellement de deux enfants, dont le plus ainé n’est âgé que de trois ans,Nicolas RAISIN, encore actuellement mineur, est detenu egallement prisonnier aux prisons d’Angleterre.
Depuis le decès de Pierre RAISIN, père et beaupere des exposantes, Jeanne GOSSELIN, leur mere, sans aucune formalité, a continué de regir sa maison, c'est a dire de fournir autant qu’il a eté en elle, du pain à ses enfants, sa pauvreté la mettoit à l’abry de tout reproche, le publicq etoit son temoin. Cette mere est
morte malheureusement le mois de juin dernier. Jeanne LA JOYE, une des suppliantes, n’est point en etat de justiffier quant a present la vie ny le decès de son mary. Louis RAISIN ne peut vous parler que par la voix de Jeanne JOURNEAUX, sa femme, porteresse de sa procuration. Si les loixs de la guerre dans d’autres temps ont tiré les sujets du Roy de la rigueur des loixs, les suppliantes sont encore dans un cas plus particulier, puisque leurs marys ne sont prisonniers
de l’Anglois que par une force mal entendüe qui ne ressent que l’infraction du droit
des gens et de la piratrye. Jeanne GOSSELIN est decedée le mois de juin dernier dans un etat de misere, cependant elle avoit fait ensemmencer quelques vergées de terre, les exposants, ou plutôt leurs femmes exposantes et leurs enfants n’ont pas de pain. Cette defaillance les mettoit en etat de suivre la
loy naturelle d’en prendre pour elles et leurs enfants. Cependant penetré de vos bontés naturelles, excités encore particulierement par les circonstances, elles ont eté conseillées de vous faire la presente pour satisfaire autant qu’il est en eux à la loy.A ce qu’il vous plaise, monsieur, du consentement de monsieur le procureur du roy, leurs en accorder acte, ce faisant leurs permettre de faire le peu de recolte qui peut etre exercé sur les fonds  par compte et par nombre, attendu qu’elle deperit et ce en presence de deux de leurs parents qui seront appellés, les suppliants stipulés comme dit est n’etant point en etat de prendre d’autres formes relativement aux circonstances et que leurs femmes et enfants demandent du pain que les suppliants ne peuvent pas même leurs fournir aux depends de leur travail et pour justiffier de plus en plus leurs droiture, laditte Jeanne LA JOYE n’ayant point d’enfants, propose pour caution de raporter,
sy après la guerre finieelle ne peut justiffier de la vie de son mary, la personne de Richard JOURNEAUX qui signera la presente avec elle, leurs permettre de s’ejouir de cette petitte recolte aux conditions de raporter comme dit est s’il y (echet ?) les suppliants ou plutôt leurs femmes esperent de vous cette grace, et ce jusques à ce que les circonstances de la guerre et le temps calamiteux leurs ayent permis de mettre un ordre dans la famille, et vous ferez justice.
Presenté à Coutances le dix neufe jour de juillet mil sept cents cinquante neuf, les suppliants presents par lesdittes Jeanne JOURNEAUX et Jeanne LA JOYE
en personne, ainsy que ledit Richard JOURNEAUX, caution, assistés de maitre GUIOT, leur procureur

Signé Richard Journeaux, Guiot
La marque des deux femmes

        communiqué
Soit signifié au procureur du roy
fait le 20 juillet 1759
Signé de Mons approuvé communiqué
                                   rature nulle

Le procureur du Roy vu la pauvreté notoire des suppliants et les autres
circonstances du fait consent les fins de la presente lesdits jour et …

Soit fait comme il est requis fait comme
dessus

 

[1] Pierre RAISIN, d’Ancteville, et Jeanne GOSSELIN, de Gouville, se sont mariés à Gouville le 26 janvier 1718. Six enfants sont nés, dont : Michel, le 17/07/1724, Louis, le 12/11/1731 et Nicolas le 16/04/1742.  Michel et Louis RAISIN se sont mariés le même jour, 30 janvier 1755. Michel a épousé Jeanne LA JOYE, fille de Jean et d’Anne JOURNEAUX, Louis a épousé Jeanne JOURNEAUX, fille de Pierre et de Jacqueline HAMEL.

Louis a été libéré, une fille Marie Jeanne a été baptisée à Gouville le 7 octobre 1764. Nicolas est également rentré en France, il se marie à Gouville le 23 novembre 1773 avec Marie ESNOUF, fille de Martin et de Jeanne LAISNEY. On ne trouve aucune trace de Michel RAISIN après le 30 janvier 1755.

 

CONTRAT de Mariage d'ADRIEN CIRON
Capitaine de navire de Blainville

relevé et transcrit par Alain Aubril          

notes :
Départ pour la pêche à la morue sur le navire " La Marie de Bon Port" appartenant à Jacques DE LA MARE le 31/03/1722

Départ pour la pêche à la morue au banc de Terre Neuve. Capitaine du navire "La Providence de Granville" N° 14 armé par Jaques DE LA MARRE. le 09/03/1723

Départ pour la pêche à la morue au banc de Terre Neuve. Capitaine du navire "La Providence de Granville" N° 18 armé par Jaques DE LA MARRE. le 07/03/1724

Départ pour la pêche à la morue au banc de Terre Neuve. Capitaine du navire "Le Nicolas" N° 14 armé par Jaques DE LA MARRE. le 28/02/1728

Départ pour la pêche à la morue au banc de Terre Neuve. Capitaine du navire "Le Saint Nicolas" N° 10 armé par Jaques DE LA MARRE. le 22/01/1731

5 E 2135 162 CM Adrien CIRON


Reconnu le 19 février 1716

Du dix neuf iesme jour de janvier mil septembre cents saize à Blainville Les pactions de mariage qui au bon plaisir de Dieusera faict et accomply en face de nostre mère la S[ain]te Eglise catholique, appostolique et romainne lescérémonies à ce requises deubment faicte et accompliespar entre Adrian CIRON fils de deffunct Gilles et de deffuncte Anne LE ROUX ses père et mère d’une

part et d’honneste fille Barbe MOULARD fillede Me Gilles MOULARD capitainne de navirre et Margueritte GRANDIN, ses père et mère d’autre

part, tous deux de lad[ite] parroisse de Blainville lesquels se sont donnés la foy de mariage l’un l’autre et promis s’espouser à la première réquisition l’un de

l’autre en faveur duquel mariage il a esté promis et accordé par led[it] Me Gilles MOULARD payer à lad[ite] futurepour ce qu’elle pouroit prétendre tant à
sad[ite] succession que de celle de sa mère pour son dot hérédital le nombre de quinze livres de rente du dot de mariage au denier dix non obstant la rigueur de

l’edict racquitable par le prix et somme de cent cinquante livres laquelle so[mm]e en cas d’amortissement led[it] futur s’est submis et obligéles remplacer sur tous ses biens meubles ethéritages pour tenir le nom, cotte et ligne de lad[ite]

 

163

de lad[ite] future ou de ses enfants sortis de leur mariage et pour don mobil il a esté promis co[mm]e dict est payer et livrer la veille des espousailles, un lict garny de traversain et oreillers, courtinnes et rideaux de toille

une couverture de lainne, douze draps de lict, de huit chemises, douze serviettes d’œuvre, un coffre de bois chesne fermant à clef, six peres d’habits

dont l’un  sera de sarge de S[ain]t Lo pour espouser, un de sarge de Rouen, et les quatres autres de diverses estophes et couleurs, six devantiers du nombre desquelles il y en aura trois d’estophes et trois de toille, six tees a oreilliers une douze ? et demye de coueffes et autant de mouchoirs et le reste du menu linge à la volonté de sa merre, une poisle d’airain de quetre à cinq livres, « huit livres de vesselle d’estain commun » deux vaches scavoir une en espèce et

la somme de vingt cinq livres pour l’autre au choix de lad[ite] future, douze bestes à lainne, un rouet à filler une enveloppe, une cappe, tous lesquels meubles

cy dessus spéciffiés ont esté estimés par les parents et amis desdicts futurs espoux cy apprès denommés valloir la somme de trois cents soixante livres

que lad[ite] future espouse relèvera ou les dicts meubles à son choix priviligierement à touttes debtes en cas de prédécèds de son dict futur espoux

sans enfants sortis de leur mariage ce qui a esté ainsy accepté par led[it] futur espoux au moyen de quoy lesd[its] futurs se sont gagés douaire l’un l’aure

164

dès à p[rése]nt et co[mm]e dès lors et dès lors co[mm]e dès à p[rése]nt en outre ce que la coutume luy attribue de plus il a esté donné et promis livrer
co[mm]e dessus par Marie VEREL femme de Guillaume JOURDAN pour la bonne amittié qu’elle a dict porter à lad[ite] future, quatre livres de

vesselle aussy d’estain commun, le tout ainsy fait et  accordé aux présence de Me Jean MOULARD,Robert et Anthoinne, ses frères, frères de lad[ite] future Xphle LE FEBVRE, Michel et Gabriel MOULARD Jacques HAMEL, Me Nicolas CIRON, Jacques CIRON Me Charles DE BAISE Pbre curé de lad[ite] parroisse, Me Jean DE CAMPSERVEUR, Pbre, vicaire dud[it] lieu, Me François LECOUVEY et Clermont, son fils, Me Julian BOYVIN, Denis

MESNAGE, Jacques CHARDOT et Nicolas JOURDAN, tous parents et amis qui ont signé et marqué avec lesd[ites] parties qui ont signé et marqué après lecture faitte. Approuvé en la première page un bout de rature de nulle valleur et en la seconde un bour de rature et en marge « huit livres de vesselle d’estain commun »

Suivent les signatures

 

165

Du vingt deux jour de février l’an mil sept cents saize devant Marc LETOURMY no[tai]re Furent p[rése]nts Me Gilles MOULARD, Adrian CIRON et Barbe MOULARD f[emm]e dud[it] CIRON, tous dénommés en l’autre part lesquels à l’instance et req[uê]te les uns des autres ont reconnu leurs signes et merc aposés au p[rése]nt du traité de mariage d’entre led[it] CIRON et lad[ite] MOULARD inséré en l’autre part duq[ue]l lecture leur a esté faitte par nousd[it] no[tai]re et après icelle ils on dit qu’il est véritable et en ont consenty l’exécution selon sa forme et teneur en faisant la présente recong[noissan]ce led[it] CIRON à lad[ite] MOULARD sa fe[mme] de luy deuement  authorizée pour l’effet du présent seullement ont reconneu avoir receu dud[it] Me Gilles MOULARD la so[mm]e de cent cinquante livres en argent et monnoie de cours et mise à l’ordonnance à la vue de nousd[it] no[tai]res et des témoins soussignés pour l’extinction et amortissement des quinze livres de rente donnés pour dot par led[it] MOULARD à lad[ite] MOULARD, sa fille par le présent traitté de laq[ue]lle rente au

moien du présent led[it] MOULARD en demeure quitte et affranchy laq[ue]lle so[mm]e de cent cinquante livres led[it] CIRON a par ce p[rése]nt et au désir dud[it] traitté remplacé et consigné sur tous ses biens meubles et immeubles présents et avenir co[mm] du jour et datte dud pour tenir le nom costé et ligne de lad[ite] MOULARD, son espouze et auq[ue]l ……airement elle s’est contentée et arrestée les reconnoissant suffisants d’iceluy. Dont du tout, les parties sont

demeurés contentes et d’accord promettant, obligeant etc Ce faict et passé aux présences de Nicolas et Guillaume GUENNE de la parroisse de Blainville

témoins signés avec les parties qui ont signé et marqué

Lecture

Controllé et insinué à Périers le 24 fe[vrier]

1716. Reçu deux livres douze sols pour tout …

 

Actes notariés après le décès de Maître Guillaume TANQUEREY

marinier, d’Agon
par Janine Jouenne

Premier acte, 21 octobre 1722, extraits

Le vingt et un octobre 1722 se sont volontairement assemblés les parents et voisins de feu Maître Guillaume TANQUEREY, fils Gilles, d’Agon pour délibérer de la tutelle de Jeanne et Marie TANQUEREY, ses filles, et de demoiselle Marie FONDRILLON, sa veuve, savoir :

1 - du côté paternel, Esther POTTIER, stipulante pour Me Jean Baptiste TANQUEREY, son mari, frère aîné dudit défunt Guillaume, Me Jean François TANQUEREY, Jacques BOIVIN, Pierre TANQUEREY fils Jacques, Me Charles TANQUEREY, sieur de la Lande, et Denis MESNAGE.

2 - pour voisins, Pierre JOURDAN, Philippe LE HUBY, Pierre DU VEY, Charles TANQUEREY  les Buissons, Charles LE FRANCOIS et Germain TANQUEREY fils Jacques, pour l’éloignement des parents maternels demeurant en Basse-Bretagne….

Une somme de trente livres sera employée pour faire dire des messes à l’intention dudit défunt décédé dans un voyage de long cours dans un navire nommé le More dont ledit tuteur [Me Jean-Baptiste TANQUEREY] retirera ses pacotilles et se fera payer de ce qui lui était dû de ses mois.

Ladite Esther POTTIER, au nom dudit son mari et du consentement desdits délibérants, donne pouvoir audit Me Jean François TANQUEREY, de se transporter en la ville de Saint Malo de l’Isle ou autres lieux qu’il conviendra pour retirer les pacotilles dudit défunt et de se faire payer de ce qui lui était dû pour ses mois et salaires de ses voyages sur mer …

Second acte, 2 décembre 1722,  extraits

Répertoire et inventaire des meubles, effets, titres, lettres et écritures de la succession de défunt Maître Guillaume TANQUEREY,  en son vivant marinier,  de la paroisse d’Agon à  la requête de Me Jean Baptiste TANQUEREY, son frère, stipulé par Ester POTTIER, sa femme, au village du presbytère, en présence de Marie FONDRILLON, sa veuve, et de Jeanne Marie et Marie Thérèze TANQUEREY, ses filles et Me Jean François TANQUEREY, tuteur actionnaire, qui déclare : «  qu’en conséquence de la procuration du tuteur principal et des parents de ladite tutelle, suivant leur délibération ….. il s’est transporté en la ville de Saint Malo pour faire payer les deniers qui estoient deubs audit deffunt de ses voyages et se faire remettre les pacotilles qui pouvaient luy apartenir, et que, pour estre payé desdits effetcts, il a esté obligé d’intenter action allencontre de ceux qui en estoient saisis, suivant la sentence qu’il a raportée, rendue à l’admirauté dudit Saint Malo le vingt sixème de novembre dernier, en conséquence de laquelle il a reçu la somme de quinze cents soixante et dix livres trois sols sept deniers pour tous les deniers qui pouvoient estre deubs audit deffunt….. sur laquelle somme icelluy TANQUEREY a payé et deboursé celle de cent trente neuf livres treize sols, tant pour les frais de procedure, sentences et dilligences que ledit Jean François TANQUEREY a esté obligé de faire que pour les frais de la depence qu’il a faits pour deux voyages et sejours audit lieu de Saint Malo, n’ayant pris, ledit TANQUEREY, que ses deniers seulement …. « 

Parmi les papiers inventoriés est mentionné le contrat de mariage dudit Guillaume TANQUEREY et de Marie FONDRILLON, sa veuve, passé devant les notaires héréditaires de la Cour Royale de « Concq Foenant » et Rosporden, en Bretagne, le deux juillet 1694. L’acte complet comporte dix pages

 

 

Marins blainvillais captifs des Turcs
Acte du 22 septembre 1626

Desdictz  jour et an apres midy devant lesdictz CORBET et DAIREAULXFurent presentz Me Nicollas GOSSELIN, de la parroisse de Gouville, Martin CHARDOT, de la parroisse de Blainville et Jean PATIN, filz de feu Jean, bourgeois de Coustances, lesquelz ont plegé et cauptionné, scavoir, lesdictz GOSSELIN et CHARDOT, Benoiste CHARDOT, femme de Benoist DESVAULX et Collette TANQUEREY, femme de Tassin DESVAULX, de la parroisse de Blainville, presentes, de la reception que lesdictes femmes feront de la somme de deux centz quarante livres, scavoir, ladicte Benoiste CHARDOT, pour et au nom dudict Benoist DESVAULX, son mary, la somme de six vingtz livres, et ladicte TANQUEREY, pour et au nom de Pierre DESVAULX, son filz, et Nicollas DESVAULX, son gendre, pareille somme de six vingtz livres, et ledict PATIN de la reception que Roberde LE FOURNIER, veufve de Guillaume FORCEL, de la parroisse de Blainville, aussy presente, pour et au nom de Pierre FORCEL, son filz, fera de la somme de quarante sept livres tournoiz, toutes lesdictes sommes cydessus adjugez pour aider a la delivrance desdictz Benoist, Pierre et Nicollas DESVAULX et Pierre FORCEL, estantz detenus captifz entre les mains des Turcs,
a prendre et avoir, lesdictes sommes cy dessus, sur discrette personne Me Jean LE ROUX, prebstre, chanoine audict Coustances, suivant que le tout est a plain contenu et mentionné par sentence donnee de Me Guillaume LE VALLOYS, escuier, lieutenant general au bailliage et siege presidial dudict Coustances le troisiesme jour des presenz moys et an y recours. Et est ce faict pour la bonne amitié que lesdictz pleges ont dict porter ausdictes femmes, chacun en la quallité qu’ilz sont cy dessus nommés, et par ce qu’elles se sont submises et obligées acquitter et descharger iceux pleges, chacun a leur equipollant, del a presente cauption et de tous coustz, pertes et dommages. Presentz Bernard LAMY et Lo ANDRÉ, dudict Coustances, et ont signé et marqué lesdictes parties et tesmoings.

Signatures : PATIN, LAMY, GOSSELIN, CHARDOT, CORBET, ANDRÉ, tous avec paraphe.

Mercs desdites. LE FOURNIER, TANQUEREY,  CHARDOT

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