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Les Sœurs grises

 
Marguerite-Marie d' Youville naquit au Québec le 15 octobre 1701, aînée des six enfants de Christophe Dufrost de Lajemmerais, officier breton installé en Nouvelle-France depuis 1687, et de Marie-Renée Gaultier de Varennes, fille d' officier. La mort de son père, lorsqu' elle eut sept ans, plongea la famille dans la gêne. Grâce à son arrière-grand-père, elle put étudier chez les Ursulines de Québec, qui découvrirent en elle un caractère bien trempé et une maturité précoce.

Revenue à la maison, elle aida sa mère dans l' éducation de ses plus jeunes frères et sœurs, puis la famille déménagea à Montréal, où Mme de Lajemmerais se maria en secondes noces avec un chirurgien d' origine irlandaise, William Sullivan.

Marie-Marguerite épousa en 1722 François-Madeleine d' Youville.
Son mariage ne fut pas heureux. Son mari était trop occupé dans son négoce d' alcool et de fourrures avec les Indiens, et se désintéressait de son foyer. Elle eut la douleur de perdre quatre enfants en bas-âge. Deux survécurent. François d' Youville mourut criblé de dettes en 1730.

La jeune veuve, avec une immense confiance en la Paternité divine, pourvut, grâce à la création d' un petit commerce, à l' éducation de ses fils qui devinrent prêtres et multiplia les initiatives charitables. Elle régla les dettes de son mari. 
Elle accueillit une aveugle chez elle, puis des pauvres et avec trois compagne se consacra à Dieu le 31 décembre 1737. Ce fut l' origine de la fondation des Sœurs Grises, ou Sœurs de la Charité de Montréal, vouées à l' aide aux personnes nécessiteuses et malades.

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Les Sœurs sont grises

En 1737, Marie-Marguerite Dufrost de la Jemmerais, la future mère d'Youville, réunit trois autres montréalaises qui, par un voeu secret, promettent de se consacrer à l'amélioration du sort des pauvres. Catherine Cusson, Catherine Demers et Louise Thaumur. La Source se mettent aussitôt à l'œuvre.

L'un de leurs premiers gestes sera de louer une maison rue Notre-Dame où elles hébergeront ceux qui en auront besoin. La réprobation est générale. Outre le fait que l'on n'aime guère la création de nouvelles communautés religieuses, on soupçonne madame Dufrost de la Jemmerais de s'adonner elle-même au commerce de l'alcool comme le faisait son mari décédé le 5 juillet 1730. La rumeur s'amplifie et bientôt tout le monde chuchote. C'est son fils, l'abbé Charles-Marie Magdeleine qui raconte ce qui suit :
"On enveloppa dans la même calomnie les messieurs du Séminaire de Montréal, que l'on accusait de leur fournir de l'eau-de-vie dont elles faisaient ensuite un objet de commerce, et dont elles abusaient pour s'enivrer à leur tour. C'est de là que leur est venu le  nom de "Sœurs Grises", qu'on leur donna dans cette circonstance, uniquement par dérision. C'est ce nom qui leur resta depuis, et qu'elles éternisèrent, en quelque sorte, par la couleur de leur habillement qu'elles choisirent volontairement quelques années après; elles le firent sans doute, comme pour honorer, ainsi que celles qui leur ont succédé, de l'avantage qu'elles trouvaient d'être ainsi humiliées par amour pour Celui que le prophète appelle par excellence, l'homme de douleurs, l'opprobre et l'abjection du peuple"

Texte fourni par Marguerite Lafontaine

 

 

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