ACCUEIL Les FEMMES de NOUVELLE-FRANCE FILLES DU ROY RÉGIMENT CARIGNAN BASE DE DONNÉES
   


 

Marguerite Boucher

par

par  Alain  Dussault et Carmen Fleury Dussault
gencaretal

 

     
 

Baptisée le lundi 28 juillet 1631, à Notre-Dame-de-Mortagne au Perche, Orne, elle est le septième enfant de Gaspard Boucher, menuisier, et de Nicole Lemaire. Elle a comme parrain et marraine des notables; son parrain est l'honorable Alexandre Aubin, sieur de Niverville, et dame Marguerite Forcadier son épouse.  

 
 

 
 
 

Le vingt huitiesme jour dudict

Moys audict an a esté baptisée

Margueritte boucher fille

de Gaspar boucher et de

Nicole Le Mer ses père et

Mère  Les parains honorable homme

Alexandre Aubin sieur de

Niverville et dame Marguerite

Forcadier fille d’Alexandre

Aubin de la paroisse de Loysy

 

 Ses parents Gaspard et Nicole, ayant décidé de venir s’installer en Nouvelle-France, vendent leur ferme de Mortagne en Perche, le 01 février 1634 et le 19 mars 1635, se départissent du reste de leurs biens.  À la fin mars de la même année, avec ses parents, ses frères et sœurs vivants : Pierre âgé  de 12 ans, Nicolas de 9 ans, Marie son ainée âgée de 6 ans et Madeleine sa cadette, de plus ou moins un an, Marguerite qui est âgée de 3 ans, part à bord du navire du capitaine De Ville qui transporte le deuxième contingent de colon du Perche, et arrive au Québec le 04 juillet.

Elle habite d’abord à Beauport, puis le 21 mars 1646, quitte pour Trois-Rivières sur la terre de 24 acres situé entre les terrains appartenant à Jean-Paul Godefroy et Étienne de La Fond, que le sieur de Montmagny a concédée à ses parents.

Le lundi 25 décembre 1645, elle contracte mariage devant le notaire Guillaume Audouart, avec Toussaint Toupin, d’origine inconnue. Le contrat de mariage ainsi que l’acte de mariage sont introuvables.  De leur union naissent six enfants.  

Le premier naquit à Longue-Pointe, Château-Richer, mardi midi le 20 août 1647.  Sentant que son fils allait bientôt mourir, son père s’empressa de le baptiser sur-le-champ, faute d’autres personnes présentes.  Le lendemain, le R.P. Vimont présidait la cérémonie des anges, devant les parents grandement déçus.  Son acte fut enregistré en la paroisse de Notre-Dame de Québec.

Le deuxième Jean dit Jean-Baptiste, cultivateur et navigateur comme son père et fondateur des Écureuils, né le 10 décembre 1648 à Longue-Pointe, reçut le baptême le 15 du même mois, dans la maison de son père.  L’acte fut enregistré en la paroisse de Notre-Dame de Québec.  Il a eu comme parrain et marraine : Jean Cloutier et Marguerite Tavernier, épouse de Massé Gravelle.  Au moment de l’inventaire en 1669, il avait déjà pris femme.  Il avait épousé, le 03 juin 1669, à Notre-Dame de Québec, Marie Gloria, fille de feu Jean Gloria, membre du Conseil souverain et premier notaire royal en Nouvelle-France, et de Marie Bourdon (7 enfants). 
Jean-Baptiste contracta une seconde union, le 21 juin 1688, à Neuville, avec Marie-Madeleine Mézeray, fille de Jean Mézeray et de Madeleine Massé (6 enfants).  Il est décédé en son manoir aux Écureuils en novembre 1700.  Son service a eu lieu à Neuville, le 24 novembre.

La troisième, Marie, née à Notre-Dame de Québec, le 19 août 1651, ondoyé par son parrain Pierre Boucher et baptisée le 29.  Sa maraine, Flore Delaboucionnier.  Elle unit sa vie, le 08 avril 1668, à celle de Pierre Mouet, enseigne au régiment de Carignan, futur seigneur de l’île Moras dans l’entrée de la rivière Nicolet, qu’il a obtenu en 1672.  Il était le fils de Bertrand Mouet et de Marthe de Thosin (8 enfants).  Elle est décédée le 13 mars 1723, sous le mon de Marie de Mora et sa sépulture a eu lieu le lendemain à Trois-Rivières.

Le quatrième, Antoine, bourgeois, né le 05 février 1655, ondoyé par Monsieur Raguenea, jésuite, et baptisé le 02 août à Notre-Dame de Québec.  Parrain, le sieur Madrier, chirurgien de Trois-Rivières et marraine, la femme du sieur de La Fontaine, chirurgien de Québec.  Louise Cloutier, fille de Jean Cloutier et de Marie Martin, conquit son cœur et ils unirent leur destinée, le 24 octobre 1679 et elle lui donna 10 rejetons élevés à Château-Richer.  Il fut cité le 12 février 1709, à l’Hôtel-Dieu de Québec, il avait 54 ans et vivait à l’Ange-Gardien. Il décéda le 01 juin 1711 et sa sépulture a eu lieu le 03 à Château-Richer. 

Quant à Marguerite, la cinquième, elle est née le 16 février 1659 à Notre-Dame de Québec et baptisée le 17.  Elle a eu comme parrain Jean Gitton et comme marraine, Marguerite Corriveau.  Décédée peu après sa naissance, elle ne vécut que dix jours.  Sa sépulture à eu lieu à Notre-Dame de Québec, le 27 et inhumée dans la crypte de la chapelle Sainte-Anne de l’église de Notre-Dame de Québec.

Enfin, François, Taillandier et maréchal, dit sieur du Sablé, est né et baptisé le 10 juin 1660 à Notre-Dame de Québec, son parrain était Jean Grignon et sa marraine, Anne Le Laboureur, épouse de Jean Le Normand.  Il est décédé après le 22 avril 1682, date de son testament fait chez le notaire Gilles Rageot et avant le 07 novembre 1707 acte passé chez le notaire Louis Chambalon.  

Au début de son mariage, Marquerite vécut à Trois-Rivières pour aller par la suite, vivre à Québec après la vente de sa maison le 03 juin 1647.  Le 08 décembre 1652, elle eu le bonheur de vivre non loin de sa sœur Madeleine, puisque le couple a fait don d’un arpent de sa terre à elle et son époux Urbain Beaudry dit Lamarche, tailandier.  C’est le 12 avril 1657 que les marguilliers de la Fabrique louent à la famille un banc de quatre pieds et neuf pouces par trois pieds et deux pouces dans l’église.

Le 26 juillet 1656 (ANDQ CS), elle reçoit le scapulaire du Mont-Carmel et le premier octobre suivant, elle entre dans la Confrérie du Saint-Rosaire (CSR).  Elle est également confirmée à Québec le 10 août 1659 (aaq rc).  Le premier septembre 1666 (notaire Romain Becquet), sa sœur Marie, veuve d’Étienne Lafond, lui donne procuration, de percevoir en son nom, du boucher Michel Lecourt de Beauport la somme de 110 livres, dont il lui est redevable pour la livraison de deux bœufs. 

Le recensement de l’année 1666 place Toussaint Toupin, 50 ans, «maître de barques», Marguerite Boucher, 32 ans, sa femme et leurs 4 enfants, Jean, 16 ; Marie, 14 ; Antoine, 10 ; François, 5 ; à la basse ville de Notre-Dame de Québec. A remarquer : maître de barques et non d’une barque. Combien en avait-il?...  L’une d’entre elles était assez considérable puisqu’elle était du port de 18 à 20 tonneaux et d’une valeur de 1300 livres.  Au recensement de 1667, ils habitent toujours la Basse-Ville de Québec.

Le rouage du bonheur de chaque humain est si compliqué qu’il y a toujours une pièce de défectueuse.  Marguerite Boucher, la reine du foyer, quitta les siens sans laisser aucun signe de son départ dans nos registres.  À l’été 1663, «Madame Toupin » avait donné 40 sols à l’église de Sainte-Anne du Petit-Cap.  Comment expliquer l’absence de l’acte de décès de cette brave aïeule, la sœur du grand Pierre Boucher?  Elle est décédée rue Sault-au-Matelot à Québec, après le 20 mars 1668 et avant le 03 juin 1669, date du deuxième mariage de Toussaint Toupin. On ignore la date exacte de son décès, mais elle vit toujours lors du contrat de mariage de sa fille Marie, le 20 mars 1668, avec Pierre Mouet et est décédée quand son fils Jean épouse Marie Gloria à Québec, le 03 juin 1669.

L’inventaire des biens de Toussaint Toupin et de feue Marguerite Boucher signé devant le notaire Gilles Rageot, le 24 décembre 1669, débuta le 14 décembre pour se terminer le dernier jour de janvier 1670.  Les Toupin ne vivaient pas dans le grand luxe, mais ils avaient à Notre-Dame de Québec tout ce qu’il faut pour répondre à leurs besoins matériels.  À la maison de la défunte Marguerite, il y avait des meubles, des ustensiles de cuisine, une huche, de la literie et des vêtements en quantité, «une petite tasse d'argent», même deux miroirs estimés à 3 livres chacun.

Toussait possédait 6 fusils, 2 mousquets, 1 mousqueton, 1 carabine, 3 pistolets. Se servait-il de toute cette panoplie lorsqu’il sortait avec sa chaloupe?  Dans sa forge, enclume, marteaux, tenailles, égoïne, un petit moule pour couler des plombs «a oye et Canard». Une surprise: «Deux pierriers garnis de quatre bouches et deux de fer».  Un descendant donnerait cher pour obtenir cette rareté, une espèce de petit canon pour amener à réflexion je ne sais qui!

Des ferrailles, 8 paires de raquettes, 7 paires de souliers sauvages, 2 paquets d’hameçons étaient cachés dans le grenier.  À la cave, il y avait du beurre, du sel, de l’anguille, de la viande de vache et de castor.  Le notaire Gilles Rageot procède à l’inventaire de ses animaux, le 15 janvier 1670.  Les évaluateurs se rendirent donc à la ferme Toupin de Château-Richer, où demeurait Jean Gobeil.  À retenir: 3 bœufs, 7 vaches, 3 génisses, 3 taureaux.  Le 20 janvier (notaire Gilles Rageot), c’était au tour de la belle barque de dix-huit à vingt tonneaux, qui était au quai de Notre-Dame de Québec, prise dans les glaces.  Les charpentiers de navires Moïse Hileret et Vincent Picard l’estimèrent à 1300 livres.



 

-    Dictionnaire biographique des Ancêtres Québécois (1608 -1700) par Michel Langlois.

-    Dictionnaire Le Tanguay.

-    Dictionnaire généalogique des familles du Québec. (Jetté)

-    Dictionnaire National des Canadiens Français (1608 – 1760) Institut Drouin.

-    Histoire des Canadiens Français, de Benjamin Sulte, Vol : IV, p. 3 - 50 et 53.

-    Fichier Origine.

 

Haut de page