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Marie Chauvet

 

Quels que soient l’âge et la condition de la victime, le viol est sévèrement puni. Gare à celui ou à celle qui lance  des accusations à la légère. Une femme de Charlesbourg l’apprend à ses dépens.

Le 2  janvier 1669, Pierre Fayon  (écrit de façon différente) et sa femme Marie Chauvet, tous deux de Charlesbourg, se présentent chez le procureur du roi, à Québec. Une fois introduite dans le cabinet du fonctionnaire, Marie déclare qu’elle a été  violée par deux voisins, Pierre Vivier et Etienne Le Roy. Plaignante et  inculpés témoignent, à tour de rôle. À la lumière de ces dépositions, il appert que la femme Fayon  fut une proie facile pour les séducteurs à qui elle n’a pas disputé longtemps sa vertu. Bref, Marie est tombée  délibérement dans les bras de Vivier et de LeRoy. D’accusatrice, elle devient «complice pour le crime d’adultaire». La voilà dans des beaux draps, c’est le cas de le dire. Convaincue de calomnie, la plaignante est finalement condamnée « a estre razée et battue de verges par les carrefours ordinaire de la ville, et ensuite enfermée dans un lieu seul pour y demeurer.  En fournissant par le dict Fayon sa nourriture», à moins que ce dernier passe l’éponge sur les fresques  de sa femme et reprenne la vie commune avec elle.  Pour avoir si allègrement couru  le cotillon, Vivier et Le Roy passeront huit jours à la prison de Québec, «les fers aux pieds et au pain et a l’Eau». En guise d’amende, chacun d’eux paiera dix livres à l’hôpital de la ville, avec  obligation de «tenir prison jusqu’au paiement d’icelle.»

Enfin, autre versement de trois livres pour défrayer les dépenses encourues durant le procès. Voilà ce qui en coûte à ceux qui broutent l’herbe du voisin. Comme Marie Chauvet est enceinte, l’exécution  de la sentence est remise à une date ultérieure.
Le 20 avril suivant, elle met au monde un fils, Jean-Baptiste qui ne vivra que quatre jours.

Tiré du livre : La vie libertine en Nouvelle France au dix-septième siècle de Lionel Séguin

Texte fourni par notre amie et collaboratrice Marguerite Lafontaine

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