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Gilles Tremblay

                                                                                           

    

Louis Guertin et Marie-Élisabeth Camus
par Gilles Tremblay

   

Louis était baptisé le 20 juin 1625 dans l'église de la petite commune de Daumeray village où habitaient1 Louis et Georgette Leduc. Louis aurait appris le métier de sabotier tout en aidant probablement son père. Fin vingtaine, Louis avait2 déménagé dans le bourg de Parcé-sur-Sarthe situé dans la banlieue de La Flèche. Peut-être qu'il y exerçait3 déjà le métier de laboureur avec en appoint la fabrication de sabots.

À ce moment là, Jérôme Le Royer de La Dauversière écumait la région afin de recruter des soldats prêts à s'engager et idéalement s'y installer durant cinq années afin de travailler en Nouvelle-France toutes dépenses payées avec un revenu probablement supérieur à celui qu'il gagnait et une avance à la signature. Louis se laissait convaincre chez le notaire La Fousse à La Flèche le 24 avril 1653. Il signait son engagement pour des gages de 60 livres par année et recevait pour lors une avance de 74 livres, 4 sols et 8 deniers en attendant le départ.

Il a donc dû régler ses affaires à Parcé-sur-Sarthe et rencontrer parents et amis pour une dernière fois pour les cinq prochaines années. Louis ne semble pas avoir été décourager par quiconque car le 20 juin il se trouvait sur les quais de Saint-Nazaire devant le notaire Belliote pour faire acte de présence, confirmer l'avance reçue et s'embarquer à bord du Saint-Nicolas-de-Nantes qui appareillait.

La vie de Louis était alors liée à celle des passagers du navire. Dans le récit que Marguerite Bourgeoys a légué quarante ans après les faits, elle décrit4 les événements.

« À trois-cent cinquante lieues de mer, le navire, qui faisait de l’eau plus que qu’on n’en pouvait tirer jour et nuit, fut contraint de relâcher à Saint-Nazaire où, en approchant, nous périssions sans le secours que, par la grâce de Dieu, nous eûmes de ce lieu là; de quoi c’était fort en peine, car nous étions près de cent vingt passagers, sans prêtre, et les cent huit soldats mal préparés pour mourir, aussi bien que tout le reste.

Il fallut bien du temps pour trouver et ravitailler un autre navire. Monsieur de Maisonneuve fut, avec tous ses soldats, en une île d’où l’on ne pouvait se sauver, car autrement, il n’en serait pas demeuré un seul. Il y en eut même qui se jetèrent à la nage pour se sauver, car ils étaient comme des furieux et croyaient qu’on les menait en perdition.

Enfin, on a un autre navire et les autres besoins, et l’on ne fit voile que le jour Sainte-Marguerite, 20 juillet, que j’entendis encore la sainte messe à l’église. Dans ce voyage, huit soldats moururent, le reste (étant réduit) à cent soldats».

En reprenant le récit, le navire prenait l'eau de partout. Malgré les efforts de tous, il aura fallu parcourir plus de 1000 km, soient plusieurs jours, avant de relâcher et de revenir au port. Maisonneuve aurait fait débarquer presque tous les passagers et les vivres du bateau sur la petite île appelée Saint-Nicolas-des-Défunts en face du port de Saint-Nazaire pour éviter de perdre ses recrues. Elle parle de la présence de 108 soldats dont huit mourront en mer qui composent les 120 passagers qu'elle estime être embarqués. Marguerite Bourgeoys aurait accompagné de Maisonneuve car elle mentionne qu'elle a assisté à la messe à l'église avant le second départ parce qu'il n'y avait aucun prêtre à bord du navire lors du départ raté. Elle prétend que trouver un nouveau navire affrété a été long. Disons qu'au plus trois semaines de recherche laissent plutôt croire que de Maisonneuve à eu une chance inouïe de remplacer le navire vermoulu dans lequel personne n'aurait accepté de remonter. Ceci souligne également que de Maisonneuve disposait de très bonnes ressources financières pour pallier à cet imprévu majeur.

Puisque Marguerite Bourgeoys aurait accompagné de Maisonneuve dans sa recherche, son témoignage ne rapporterait donc pas de ouï-dire. Ils seraient donc revenus avec un nouveau navire guère mieux que le précédent ce qui serait très vraisemblable et ils auraient renouvelé le stock de nourriture avarié afin de reprendre le large pour de bon le 20 juillet suivant. Le rôle du nouveau navire serait demeuré au nom de l'ancien. Il est donc fort probable que Louis a vécu trois semaines sur l'île. L'expédition avait dès le départ au moins 30 jours de retard auquel s'ajoutait un autre 10 jours précédent le premier départ, le premier départ aurait dû se produire le 10 juin plutôt que le 20. La traversée de deux mois se situe dans la moyenne car il n'était pas rare que le voyage dure trois mois. Cependant tout le monde à bord était atteint par une contagion de nature inconnue, probablement le scorbut, qui était fréquente à bord des navires à cause de la piètre qualité de la nourriture servie aux passagers ordinaires et à l'équipage et qui apparaissait5 après un peu plus d'une vingtaine de jours en mer. Cette hypothèse est basée sur le fait que la contagion se serait limitée aux passagers du navire sans impact sur les habitants de Québec. D'ailleurs la rapidité de la traversée à certainement permis de sauver des vies. Ce n'est donc que le 20 septembre que le navire mouillait6 dans la rade de Québec et non sans peine. Une erreur du capitaine Pierre Lebesson, qui ne connaissait7 pas les lieux, faisait en sorte que le navire s'échouait sur un haut-fond rocheux causant une grosse voie d'eau qui sera8 constatée irréparable exigeant que le navire soit brûlé à la hauteur du moulin Saint-Denis.

Maisonneuve avait requis du gouverneur Jean de Lauson, des barques qui lui permettrait de conduire sa recrue à Montréal. Ce dernier refusait9 obstinément de fournir les embarcations avec l'espoir que la recrue passerait l'hiver à Québec et qu'au printemps il aurait réussi à convaincre une majorité des nouveaux immigrants à rester. Louis se retrouvait avec ses compagnons de voyage à construire les fameuses barques et à quitter Québec avant la gelée des cours d'eau. Le 16 novembre Louis mettait le pied à Ville-Marie et a sûrement été logé pour l'hiver chez un des habitants ravi de voir arriver des renforts.

Pendant qu'il honorait son engagement, il a très probablement manifesté le désir de rester à Ville-Marie. Le 20 décembre 1654, Louis reconnaissait10 avoir reçu 500 livres de de Maisonneuve pour l'aider à s'établir.

Le 20 mars 165, premier exemple d'un régime d'assurance-maladie, Louis passait11 un marché avec le chirurgien Étienne Bouchard qui lui assurait des soins médicaux pour 100 sols par année.

Le 21 novembre 1655, Louis se voyait12 concédé une terre de 30 arpents de Paul Chomedey de Maisonneuve en bas du coteau13 Saint-Louis. Le 10 décembre 1656, Louis recevait14 une nouvelle terre d'une superficie de deux arpents de front de de Maisonneuve. Il y avait15 alors son voisin Christophe Gaillard qui possédait la terre voisine de la sienne. Il disparaissait sans laisser de traces, au mieux retourné en France et au pire victime des Iroquois. Le 6 février 1658, Jean Olivier reconnaissait16 devant le notaire Bénigne Basset dit Deslauriers avoir reçu de Louis trois minots et demi de blé soient la moitié des trois poinçons que Louis lui devait pour des travaux sur sa terre.

De retour en France en cette année 1659, une grande fébrilité régnait dans le port de La Rochelle. Élisabeth venait tout juste d'arriver à La Flèche sous la bienveillante supervision de monsieur La Dauversière. Elles étaient parties de Paris et se dirigeaient vers le port de La Rochelle pour s'embarquer vers la Nouvelle-France afin de se marier. Élisabeth est la fille de Pierre, un marchand et peut-être médecin17 de Paris et de Jeanne Charas (Charles) qui habitaient18 rue Saint-Denis dans la paroisse Saint-Sauveur.

Or, dans le même quartier et à la même époque un apothicaire reconnu du nom de Nicolas Lecamus fils, élève19 de Pierre Bolduc, tenait20 boutique sur la rue Saint-Honoré. Est-ce une coïncidence? Était-il l'oncle d'Élisabeth? Les questions se posent. Que faisait la petite Élisabeth à La Flèche prête à s'embarquer pour le nouveau monde? L'hypothèse la plus plausible reposerait sur un drame. Au mieux son père était décédé et au pire elle était purement et simplement devenue orpheline. L'hypothèse émise repose sur la similarité du nom, la proximité des demeures à Paris et que le père d'Élisabeth ait pu exercer la médecine, profession complémentaire à celle d'apothicaire.

Son oncle aurait alors confié Élisabeth à Jérôme Le Royer de La Dauversière qu'il pouvait connaître ou par l'intermédiaire du séminaire des Sulpiciens. Car autrement l'enfant serait demeuré en France auprès de ses parents. Pourquoi les habitants de La Flèche étaient-ils si agités? Une rumeur circulait21 que de très jeunes filles et des religieuses allaient s'embarquer pour le nouveau monde apparemment contre leur gré. Une anecdote concernant cette rumeur concerne Claude Robutel de Saint-André de Lanoue alors qu'il se voyait confronter à une foule hostile en se dirigeant vers La Rochelle en passant par La Flèche. Établit en Nouvelle-France depuis 1653, il était revenu en France pour se marier. Il était d'ailleurs accompagné par sa nouvelle épouse Suzanne de Gabriel. La foule les voyant arrivés sur leur monture aurait fait mouvement pour bloquer le chemin aux cavaliers. Robutel et son escorte auraient été obligés de passer l'épée au poing. La rumeur était-elle fondée? Tout indique que oui. Avec Élisabeth il y avait la petite Marguerite Maclin qui n'avait que onze ans et Marguerite Rebours du même âge qu'Élisabeth donc trois filles de moins de quinze ans qui ont certainement accompagné de La Dauversière depuis Paris ou du moins à partir de La Flèche. La vue des petites par les clients de différentes auberges en auraient choqué certains. En ajoutant des religieuses et de jeunes postulantes auxquelles se joignaient des soldats. Tous les ingrédients de la rumeur se trouvaient donc réunis et le bouche à oreille aurait fait le reste.

Peut-être une conséquence liée à la rumeur qui se serait étendue jusqu'à La Rochelle. Le Saint-André, navire de 300 tonneaux, mouillait dans la rade en attendant d'accomplir son prochain voyage. Le navire était la propriété de Jean Nézereau qui l'avait22 loué à l'armateur Jean Mousnier pour 1400 livres par mois. Or, les responsables de la recrue faisaient affaire avec Nézereau qui probablement influencé par la rumeur remettait en cause le marché conclu pour la traversée. Pensant avoir affaire avec une communauté aux grands moyens plutôt qu'à une société de charité, communauté qui pouvait embaucher des soldats et recrutés des toutes jeunes filles pour on ne sait quel trafic, il avait décidé d'en profiter pour revoir ses tarifs et surtout être payer à l'avance. Le tarif pour Marguerite Bourgeoys et ses compagnes passait de 50 à 175 livres incluant les bagages et la nourriture. Jeanne Mance se voyait également imposer des tarifs usuriers de 75 livres pour les adultes, 50 pour les ados et 25 pour les enfants. Les colons et le personnel recrutés n'avaient pas les moyens de combler une différence aussi grande et bien entendu personne ne pouvait revenir en arrière car tous avaient tout vendu pour refaire leur vie. Ces gens étaient donc piégées. Pleine de ressources, Jeanne Mance dénichait un marchand fortuné qui lui prêtait la somme requise. Pour pouvoir rembourser, elle exigeait des familles un engagement solidaire de rembourser dans les deux années suivantes. Ce n'était que dix ans plus tard que Jeanne Mance remettait aux familles une quittance devant le notaire Bénigne Basset dit Deslauriers. Bien entendu que Élisabeth n'était pas consciente de toutes ses tractations et devait attendre patiemment le moment du départ.

Ce moment se produisait23 le 29 juin et le capitaine Guillaume Poulet donnait l'ordre d'appareiller le 2 juillet suivant. Malgré que les conditions de vie des passagers étaient en soi éprouvantes, plusieurs autres facteurs pouvaient s'ajouter pour rendre ces conditions encore plus mauvaises. Élisabeth a probablement fait le voyage entouré de ses compagnes et prises en charge par Madeleine Fabrecque la plus âgée d'entre-elles. Si tel était le cas, Élisabeth et ses compagnes auraient24 très possiblement été atteintes par le typhus ou communément appelé fièvre des bateaux car les poux ne font pas de discrimination et Madeleine Fabrecque serait décédée des complications peu de temps après son arrivée. Même Jeanne Mance tombait malade. Cette contagion était25 dû au fait que le navire avait préalablement servi de navire-hôpital pour traiter les soldats et de toute évidence il n'avait pas été désinfecté. Plusieurs passagers décédaient en mer et d'autres après leur l'arrivée.

Les pauvres passagers n'étaient pas au bout de leurs peines. Une ou plusieurs tempêtes avaient failli couler le bateau ce qui devait pousser l'anxiété vers la terreur et le scorbut a probablement fait lui aussi quelques victimes. Une brève escale à Terre-Neuve permettait à tout le monde de souffler et donnait accès à des denrées fraîches et de passer quelques heures sur le pont. C'était alors la fin du mois d'août.

Le 7 septembre vers 19 heures le capitaine mouillait son vaisseau dans la rade de Québec et ordonnait que le débarquement ait lieu que le lendemain à cause de l'heure tardive. Mais ce n'était pas la dernière nuit d'Élisabeth sur le navire. Le lendemain les passagers arrivés à destination étaient transportés dans un entrepôt avec les marchandises en attendant d'être pris en charge. Les malades se retrouvaient à l'hôpital et les passagers à destination de Montréal ont probablement attendu le départ à bord. Le Saint-André appareillait de nouveau vers Montréal avec tous ceux devant s'y rendre. Élisabeth parvenait finalement à destination le 29 septembre en même temps que le typhus qui se répandait26 alors à partir de Québec et Montréal.

La semaine suivante, Élisabeth et Louis se retrouvait27 devant le notaire Bénigne Basset dit Deslauriers pour signer leur contrat de mariage. On pourrait croire que Louis l'avait pratiquement attendu sur les quais le contrat à la main. Après moins de vingt jours de fréquentation, ils convolaient28 à l'église Notre-Dame à Montréal. Seule consolation pour Élisabeth, Louis était établi et disposait des infrastructures requises pour accueillir une famille.

Malgré qu'une génération séparant le couple, Louis semblait fortement disposer à fonder une famille. Le 9 décembre 1660 il louait une vache pour quatre ans de Pierre Gadois sur promesse d'une livre de beurre par mois. Élisabeth accouchait de sa fille aînée Marie-Élisabeth-Isabelle l'année suivante.

Le 27 janvier 1663, Louis était29 tenu de s'enrôler dans la milice de la Sainte-Famille. Institué par de Maisonneuve pour suppléer au laxisme royal d'envoyer des troupes, c'était la réponse trouvée par le gouverneur pour protéger la communauté de la menace iroquoise. Tous les hommes étaient tenus de voter pour la nomination d'un caporal d'escouade.

 

                            Dixneuviesme Escouade

  • Jean Valliquet (Caporal)

  • Urbain Geté

  • Jacques De la porte

  • Pierre Gaudin

  • Simon Desprez

  • René Fillastreau

  • Louis Guerestin

 

 

Preuve que Louis était considéré travaillant, le père Souart lui concédait 30 arpents supplémentaires contigus à sa propriété du coteau Saint-Louis, le 21 décembre 1665.

Le recensement de 1667 nous apprend que Louis possédait quatre bêtes à corne et quatorze arpents en valeur. Il faut attendre plus d'une décennie pour retrouver30 Louis comme témoin en août 1678 contre son caporal Jean Valiquet dit Laverdure qui était accusé d'avoir coupé illégalement du foin et, sans lien avec Louis, le même Valiquet était convaincu d'inceste l'année suivante et condamné à être pendu sur la place du Marché.

L'année 1680 marquait31 la naissance du benjamin Paul et le décès prématuré de Élisabeth dont les obsèques se tenaient le 20 juillet 1680 à Montréal. Louis devait être catastrophé. À mi-chemin de la cinquantaine, il se retrouvait avec un nourrisson. Sa fille Catherine qui avait alors seize ans prenait en charge la famille, c'est ce qu'indiquerait le recensement de 1681. Aucune requête de tutelle n'a d'ailleurs été déposée ce qui laisse croire que la bonne entente et l'entraide étaient présentes dans la famille.

Le recensement de l'année suivante fait état que Louis possédait un fusil, trois bêtes à corne et trente arpents en valeur. Louis faisait32 alors une démarche surprenante. Le 12 octobre 1681, il rendait visite à Suzanne de Gabriel pour lui demander une déclaration pour le bénéfice de ses beaux-parents qui étaient sûrement décédés. Puisqu'elle avait fait le voyage avec sa défunte épouse, il désirait qu'elle certifie qu'ils avaient onze petits-enfants dont il en était le père. Cette démarche objectivement inutile doit trouver son sens dans le deuil de Louis. Elle a peut-être servi à y mettre fin en régularisant pour lui-même le décès de Élisabeth face à ses beaux-parents qu'il n'a pas connu.

Louis n'avait pas cessé, malgré son âge, de mettre en valeur sa propriété. Le 9 décembre 1684, les Sulpiciens lui accordaient33 une nouvelle concession de 80 arpents à prendre au bout de son habitation.

Le 6 mars 1687, Louis louait34 pour cinq ans une portion de sa terre de 2 arpents de front sur trente au cordonnier Bernard Dumouchel pour la moitié des grains produits. La même année une épidémie de rougeole affectait35 alors toute la colonie dont le bilan s'élevait à 500 morts chez les colons et de 300 chez les amérindiens dont probablement Louis, probablement atteint, il se retrouvait à la Pointe-aux-Trembles de Montréal chez une de ses filles avec peut-être Eustache et Angélique où ils seraient décédés, lui le 8 décembre 1687. Il est fort probable que ce soit chez sa fille aînée Élisabeth qui revenue de Contrecœur habitait de nouveau à la Pointe-aux-Trembles.

Il est incroyable de constater les risques auxquels ils ont été exposés durant toute leur vie. Aujourd'hui il serait scandaleux de laisser partir une enfant dans de tels conditions et insensé de notre part de se soumettre à de pareils risques. Tous les deux ont failli à plusieurs occasions de périr en mer, les contagions qui réclamaient régulièrement leur tribut, les disettes, la menace constante des amérindiens hostiles, la piètre qualité de la médecine et les difficultés économiques ont forgé leur vie. Quand on y regarde de plus près, la vie dans la mère patrie était semblable mais peut-être un peu moins intense. La différence entre le pays d'adoption et la patrie résidait alors dans les opportunités qui permettaient d'envisager un meilleur avenir économique. Saisir ses opportunités exigeaient un investissement personnel près de l'abnégation et c'est exactement ce qui caractérise Louis et Élisabeth.

Descendance:

Marie-Élisabeth-Isabelle36: Baptisée le 6 février 1661 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, elle épousait le voyageur Eustache Prévost (1646-1730), soldat démobilisé de la compagnie La Motte du régiment de Carignan, le 13 novembre 1673 dans la même paroisse. Elle avait un enfant adultérin avec Jacques Hubert (~1652-1715) en 1678. Le couple a vécu quelques années à Contrecœur puis s'installait définitivement à Montréal avec huit enfants légitimes. Probablement décédée de la rougeole, elle était inhumée le 21 mars 1714 dans le cimetière de la paroisse Notre-Dame à Montréal.

Marie37: Née et baptisée le 29 mars 1682 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, elle épousait Pierre Andegrave dit Champagne (1655-1703) dans la même paroisse le 20 novembre 1675. Famille établit à Montréal et au moins douze enfants. Marie était inhumée dans sa paroisse natale le 27 décembre 1712.

Catherine38: Née le 26 mai 1664 à Montréal, elle épousait, le 29 octobre 1681 en première noce Pierre Caillonneau (Caillounet) (1646-1687), engagé comme domestique chez les Jésuites et qui tombait victime des Iroquois à Contrecoeur en 1687. Famille établit à la Pointe-aux-Trembles et au moins trois enfants. Elle épousait en seconde noce Denis Verronneau (1634-1730) à la Pointe-aux-Trembles de Montréal le 20 janvier 1689. Famille établit au même endroit et au moins seize enfants de plus. Catherine s'éteignait le 2 octobre 1730 probablement là où elle s'était établie.

Marie-Marguerite39: Baptisée le 20 juillet 1666 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, elle épousait en première noce Jean Sauviot dit Lavergne (1647-1693) dans sa paroisse natale le 16 novembre 1679. Il était tué comme son beau-frère par les Iroquois. Famille établit à Montréal et au moins deux enfants. Elle se remariait avec le marchand de pelleteries Pierre Gareau dit Saint-Onge (1673-????) à Montréal le 23 septembre 1696. Famille établit à Montréal et au moins quatre enfants de plus. Marie-Marguerite était inhumée le 12 novembre 1718 à Montréal.

Louis40: Baptisé le 3 janvier 1668 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, il épousait Madeleine Chicoine (1672-1745) dans sa paroisse natale le 6 août 1688. Il devenait voyageur et s'était associé à son beau-frère Eustache Prévost. Famille établit à Verchères et au moins dix enfants. Louis s'éteignait à Verchères le 7 janvier 1733 et était inhumé le lendemain au même endroit.

Marie-Madeleine41: Baptisée le 18 octobre 1669 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, elle épousait en première noce Georges Laporte (1662-1993) à Contrecœur en 1689. Famille établi à Contrecœur et au moins deux enfants. Marie-Madeleine épousait en seconde noce René Bau (1673-1726) à Boucherville le 11 février 1694. Famille établit à Boucherville et au moins six enfants de plus. Marie-Madeleine était inhumée le 21 octobre 1734 à Boucherville.

Pierre42: Baptisé le 11 juin 1671 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, il épousait Marie-Anne Giard dit Saint-Martin (1672-????) dans sa paroisse natale. Famille établit à Contrecœur et au moins 9 enfants. Il était inhumé le 11 mars 1742 à L'Assomption dans le domaine Saint-Sulpice.

Eustache43: Baptisé le 28 août 1673 par le père Gilles Perot dans les bras de Eustache Prévost et de Catherine Jetté et en présence de ses parents, il serait décédé entre 1685 et 1687 du typhus ou de la variole son destin demeure inconnu.

Angélique44: Née le 11 novembre 1675, elle serait décédée entre 1685 et 1687 du typhus ou de la variole son destin demeure inconnu.

Marie-Françoise45: Baptisée le 12 décembre 1677 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, elle épousait le charpentier de navire Charles Viger (1668-1750) le 29 juin 1694 dans sa paroisse natale. Famille établit à Montréal et huit enfants selon le PRDH. Marie-Françoise s'éteignait à Montréal le 6 octobre 1757.

Paul46: Né et baptisé le 2 mai 1680 dans la paroisse Notre-Dame à Montréal, il épousait Marie-Madeleine Plouffe (1683-1760) à Contrecœur le 19 mars 1702. Famille établit à Contrecœur et au moins six enfants. Paul décédait le 12 mars 1755 à Saint-Antoine-sur-Richelieu.

 

1Michel Langlois, Montréal. 1653: la grande recrue, Les éditions du Septentrion. 2003, page 121-122

2Ibid

3Ibid

4Ibid page 61

5Jean-Yves Le Lan, Le scorbut sur un navire de la Compagnie des Indes, http://www.histoire-genealogie.com/spip.php?article1515, 8 février 2011

6Charles Vianney Campeau, Navires venus en Nouvelle-France, http://naviresnouvellefrance.com/index.html#16531654, 4 février 2010

7Ibid. note 5

8Guillaume Audouart de Saint-Germain, Rapport de visite du vaisseau nommé le Saint-Nicolas, 21 octobre 1653

9Gilles Boileau, La Grande Recrue de 1653, http://www.histoirequebec.qc.ca/publicat/vol8num3/v8n3_1gr.htm. 5 février 2011

10Ibid. note 5

11Ibid. note 5

12Bibliothèque et Archives Canada, Série II [documents textuels] , Concession de trente arpents de terre, par le gouverneur Paul de Chomedey, à Louis Guertin, habitant., Fonds (MG17-A7-2), No. MIKAN 3047310, http://collectionscanada.gc.ca/ourl/res.php?url_ver=Z39.88-2004&url_tim=2011-02-02T15%3A26%3A42Z&url_ctx_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Actx&rft_dat=3047310&rfr_id=info%3Asid%2Fcollectionscanada.gc.ca%3Apam, 5 février 2011

13Charles-Olivier Mercier, Avenue du Mont-Royal, http://www.mont-royal.net/histoire/3/un-ancien-village-absorbe-par-le-plateau-le-coteau-saint-louis_1523.html, 5 février 2011, Coteau Saint-Louis – également appelé Village des carrières – se situe au nord de la rue Laurier, au sud du chemin des Carrières, entre les rues Saint-Denis et St-Hubert.

14Bibliothèque et Archives Canada, Série II [documents textuels] , Concession de deux arpents de terre, par le gouverneur Paul de Chomedey, à Louis Guertin, habitant., Fonds (MG17-A7-2), No. MIKAN 3047309, http://collectionscanada.gc.ca/ourl/res.php?url_ver=Z39.88-2004&url_tim=2011-02-02T15%3A28%3A31Z&url_ctx_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Actx&rft_dat=3047309&rfr_id=info%3Asid%2Fcollectionscanada.gc.ca%3Apam, 5 février 2011

15Ibid. note 5

16Bibliothèque et Archives Canada, Fonds des greffes de notaires du Québec , Reconnaissance de Jean Olivier à Louis Guertin. Bénigne Basset, notaire., Fonds ((R11118-0-7-F), No. MIKAN 3076707, http://collectionscanada.gc.ca/ourl/res.php?url_ver=Z39.88-2004&url_tim=2011-02-02T15%3A21%3A43Z&url_ctx_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Actx&rft_dat=3076707&rfr_id=info%3Asid%2Fcollectionscanada.gc.ca%3Apam, 5 février 2011

17Richard Léveillé, Généalogie sur Ancestry.com, Notes Louis Guertin, http://freepages.genealogy.rootsweb.ancestry.com/~etoilus/n1762.htm, 6 février 2011

18Ghislain Brunel et als, Terriers et plans-terriers du XIIIe au XVIIIe siècle: actes du colloque de Paris, 23-25 septembre 1998, Librairie Droz, 2002, page 136, Les déclarations de propriété des maisons et des terrains des faubourgs (Saint-Denis, Montmartre, du Temple. Saint-Antoine, Saint-Jacques. Saint-Marcel, Saint-Martin. Saint-Laurent. Saint-Honoré et du terroir du Roule) sont regroupées dans les cartons Q1 109936C

19Christian Warolin . Les apothicaires et la maîtrise d'épicerie à Paris. I. Deux listes de réception en 1655 et en 1671. In: Revue d'histoire de la pharmacie, 78e année, N. 286, 1990. pp. 295-302. : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pharm_0035-2349_1990_num_78_286_3411, 6 février 2011

20Christian Warolin, Le cadre de vie professionnel et familial des apothicaires de Paris au XVIIe siècle, Thèse de doctorat de l'université Paris-Sorbonne (Paris IV) soutenue le 3 mars 1994 , Notes du chapitre 4, page 115

21Charles Vianney Campeau, Navires venus en Nouvelle-France, http://naviresnouvellefrance.com/html/page1659.html#page1659, 4 février 2010

22Ibid

23Thierry Praud et als, Mathurin Regreny engagé volontaire, Revue Traces, François Péron aux éditions Subrécargue, www.larochelle.cci.fr, 6 février 2011

24NDLR: Contrairement à ce que affirme Archange Godbout dans son livre sur la recrue de 1659, la maladie qui a très probablement atteint l'ensemble des personnes embarquées serait le typhus plutôt que la peste. Pour preuve, une épidémie de typhus est signalé en Nouvelle-France en 1659 alors qu'aucune épidémie de peste n'est signalée dans la colonie qu'importe l'époque. Sachant que le Saint-André a débarqué des passagers à Québec et à Montréal, il est très tentant de croire que ce navire serait à l'origine de l'épidémie. De plus, si les autorités de la Nouvelle-France avait été convaincues que le navire était affecté par la peste, maladie autrement plus redoutable que le typhus (la puce étant plus résistante et active que le pou), le débarquement aurait été interdit et le bateau mis en quarantaine sous bonne garde conformément aux mesures sanitaires qui étaient appliquées à l'époque en pareil circonstance. Un survivant au typhus est immunisé. Compléments d'information disponible sur Wikipédia

25Ibid. note 5

26Mémoires du Québec, Éphémérides, Crises. Accidents, épidémies et incidents ayant causé 10 morts et plus, http://www.memoireduquebec.com/wiki/index.php?title=Qu%C3%A9bec_%28province%29._Crises._Accidents%2C_%C3%A9pid%C3%A9mies_et_incidents_ayant_caus%C3%A9_10_morts_et_plus, 8 février 2011

27Ibid. note 5

28PRDH, Fiche Famille #1265

29La Société Historique de Montréal, Mémoires et documents, Troisième Livraison, Duvernay Frères, Montréal, 1860, page 139

30La Société généalogique canadienne-française, Recrue de 1659, Biographie de Louis Guertin, http://www.sgcf.com/recrue/INCLUDE/WrecPHP.php?strSection=bio&idColon=47, 8 janvier 2011

31Ibid. note 28

32Ibid. note 5

33Ibid. note 5

34Ibid. note 5

35Ibid. note 26

36Ibid. note 28

37NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Guertin_Marie&pid=29977&lng=fr, 9 février 2011

38NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Guertin_Catherine&pid=4062&lng=fr, 9 février 2011

39NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Guertin_Marie-Marguerite&pid=54408&lng=fr, 9 février 2011

40NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Louis_Guertin&pid=54409&lng=fr&partID=54410, 9 février 2011

41NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Guertin_Madeleine&pid=49254&lng=fr, 9 février 2011

42NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Guertin_Pierre&pid=29940&lng=fr, 9 février 2011

43PRDH, Fiche Baptême #40237

44Ibid. note 28

45NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Guertin_Francoise&pid=46804&lng=fr, 9 février 2011

46NosOrigines.qc.ca, Généalogie du Québec et de l'Acadie, http://ourorigins.org/GenealogieQuebec.aspx?genealogie=Guertin_Francoise&pid=46804&lng=fr, 9 février 2011

13 février 2011 7

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