Accueil 

Généalogie

Actes notariés de couple CHARLES-NIEL              



 

Madeleine Niel et Étienne Charles

 Danielle Clément Aubin

 

 
Cette page est soumise aux lois de la propriété Article L. 111-1 et Article L. 123-1 du Code civil


Étienne Charles

Étienne Charles, mon premier ancêtre à s’être établi en terre canadienne, immigra en 1665; il était originaire de la France. Il fut baptisé le 11 juin 1643, à Villejuif; une ville située près de Paris dans le département actuel de Val-de-Marne. Ses parents, François Charles et Colombe Renaud, s’étaient, semble-t-il, mariés dans cette même ville, le 8 novembre 1637[1]. Il eut pour marraine Cancienne Dolibeau et pour parrain, Étienne Pelu, de qui il reçut le prénom.

Voici la transcription de son acte de baptême :

« Le jeudy onziesme dudit mois fut baptise Estienne fils de Francois Charles et de Colombe Renault sa femme les parain et maraine furent Estienne Pelu qui a imposé le nom et Cancienne Dolibeau femme de Baptiste Charles »

Ses surnoms

Au cours de sa vie, deux surnoms furent donnés à Étienne Charles : celui de « Lajeunesse » lui est venu du régiment alors qu’il était soldat, celui de « du Tremblay » lui fut donné parce qu’il s’était établi au fief du Tremblay. Dans les registres des paroisses et les contrats notariés, nous retrouvons des actes au nom d’Étienne Charles, au nom d’Étienne Charles dit Lajeunesse et au nom d’Étienne Charles du Tremblay.

Soldat de Carignan-Salière ou soldat du marquis de Tracy?

Pour connaître la date exacte de l’arrivée en Nouvelle-France d’Étienne Charles, il me fallait retracer la compagnie à laquelle il avait appartenu. Mais, malgré l’intérêt que suscite l’histoire du régiment de Carignan-Salière et celle des compagnies du marquis de Tracy, cette page importante de notre histoire n’a fait, à ce jour, l’objet que de quelques textes, articles et livres. L’absence de sources importantes, la pénurie de documents de première main et la complexité du sujet ont jusqu’ici constitué un obstacle à l’établissement d’une liste fiable d’officiers, de sous-officiers et de soldats de chacune des compagnies.

 

Jusqu’à la publication, en 2004, du livre de Michel Langlois Carignan-Salière 1665-1668, j’avais toujours lu que mon ancêtre Étienne Charles était arrivé au pays en qualité de soldat, avec la compagnie du régiment de Poitou, du marquis de Tracy. C’est du moins ce qu’écrivait Marie-Blanche Clément dans un article publié, dans la revue MÉMOIRES de la SOCIÉTÉ GÉNÉALOGIQUE Canadienne-Française, en juin 1948.

 Elle tirait sa source de Gérard Malchelosse et Régis Roy dans leur livre publié en 1925 Le Régiment de Carignan. L’auteur Jack Verney dans un livre publié en 1991 The good regiment, et Marcel Trudel, en 1995, dans La population du Canada en 1666 plaçaient eux aussi Étienne Charles dit Lajeunesse dans le régiment de Poitou du marquis de Tracy.

Michel Langlois, historien et généalogiste a fait des recherches durant plus de trente ans pour tenter de reconstituer fidèlement la liste des membres de ces régiments. Selon Michel Langlois, notre ancêtre, Étienne Charles, était le Lajeunesse de la compagnie Contrecœur. Les trois autres auteurs, précédemment cités, estimaient que le Lajeunesse de cette compagnie était Étienne Benoît dit Lajeunesse. Dans son livre, Michel Langlois précise : « Étienne Benoît dit Lajeunesse était domestique des Sulpiciens en 1666 et 1667 ce qui démontre qu’il avait été engagé par eux et en conséquence n’est pas venu comme soldat. »[2]

Pour ma part, j’avais constaté qu’Étienne Charles avait reçu, le 25 septembre 1665 à Québec, le scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, alors que la compagnie Contrecœur avait quitté Québec pour le Richelieu, le 2 septembre 1665, afin de procéder à la construction d’un fort.[3] Ces informations semblaient contredire l’appartenance d’Étienne Charles à la compagnie de Contrecœur.

J’ai donc envoyé, le 4 février 2005, un courriel à monsieur Michel Langlois lui mentionnant que j’avais un problème avec l’information sur mon ancêtre Étienne Charles dit Lajeunesse qu’il avait classé avec la compagnie Contrecœur contrairement aux autres auteurs, avant lui, qui le classaient avec le régiment de Poitou du sieur de Tracy. Je lui mentionnais que je croyais que c’était une erreur de le classer avec la compagnie Contrecœur car Étienne Charles avait reçu le scapulaire du Mont-Carmel à une date où la compagnie Contrecœur avait déjà quitté Québec. J’avais noté, que dans la courte biographie de mon ancêtre qui se trouvait dans son livre, monsieur Langlois n’avait pas indiqué qu’Étienne Charles avait reçu le scapulaire du Mont-Carmel et que peut-être cet oubli l’avait fait classer dans la mauvaise compagnie? J’avais aussi noté que dans le régiment de Poitou, il y avait un Lajeunesse qui est attribué à Léonard Dubord et il mentionnait que « le soldat Léonard Dubord est mentionné à la fois sous son nom et sous son surnom de Lajeunesse. » Il était donc plausible que ce Lajeunesse soit en fait mon ancêtre et qu’il ait bien appartenu au régiment de Poitou.

Monsieur Langlois a eu la gentillesse de répondre à mon courriel et de me spécifier les raisons qui avaient fait classer Étienne Charles dans le régiment de Contrecœur :

« Le cas d’Étienne Charles dit Lajeunesse a été un de ceux qui m’a causé des problèmes de classification. Toutefois, la raison principale qui me l’a fait classer comme le Lajeunesse de la compagnie du capitaine Contrecœur est le fait qu’il se marie à Trois-Rivières en 1667. La compagnie du capitaine Antoine Pecaudy de Contrecœur était cantonnée à Trois-Rivières en 1667. C’est là qu’il aurait rencontré sa future épouse, d’où ce mariage à Trois-Rivières.
Les autres auteurs, quand ils en font le Lajeunesse de la compagnie du régiment du Poitou ne donnent pas de raisons précises pourquoi ils en font le Lajeunesse de cette compagnie. Il y a un Lajeunesse dans cette compagnie, ils décident que c’est Étienne Charles. À mon avis, ils ont tort, car cette compagnie du régiment du Poitou, durant tout son séjour au pays a toujours été cantonnée à Québec. Je ne vois pas comment, si Étienne Charles en faisait partie, il aurait été se marier à Trois-Rivières. Son épouse était une Fille du roi, arrivée en 1667. Pourquoi se trouvait-elle à Trois-Rivières? Parce qu’à leur arrivée, les Filles du roi étaient distribuées proportionnellement à la population entre Québec, Trois-Rivières et Montréal. Quand elle arrive au pays, elle est envoyée à Trois-Rivières. Étienne Charles y est cantonné avec la compagnie Contrecœur. Il fait sa connaissance et la marie. Voilà donc pourquoi je l’ai classé dans cette compagnie où, selon la liste de 1668, il y avait un Lajeunesse. »

Je n’aurai probablement jamais de confirmation hors de tout doute de la compagnie à laquelle mon ancêtre, Étienne Charles, a appartenu. Toutefois, son contrat de mariage confirme qu’il était bel et bien soldat, mais malheureusement, l’original de ce contrat détenu au Centre d’archives de Trois-Rivières, est à moitié effacé. Nous pouvons y lire qu’Étienne Charles était soldat mais le nom du régiment auquel il a appartenu est illisible.

 

La venue en Nouvelle-France d’Étienne Charles

S’il a bien appartenu à la compagnie Contrecœur du régiment de Carignan-Salière, c’est à bord du navire La Paix commandé par Jean Guillon, sieur de Laubertière qu’Étienne Charles quitta La Rochelle, le 13 mai 1665. Sur ce bateau prirent place les compagnies Colonelle, Contrecœur, Maximy et Saurel du régiment de Carignan-Salière. Le navire La Paix était une flûte royale d’une capacité de trois cents tonneaux selon certaines sources et de cent quatre-vingt tonneaux selon d’autres sources.

Étienne Charles avait tout juste 22 ans quand il arriva à Québec, le 19 août 1665, en qualité de soldat. La compagnie Contrecœur participa à la construction du fort Sainte-Thérèse érigé, entre le 2 octobre et le 15 octobre 1665, sur l’île Sainte-Thérèse de la rivière Richelieu. Plusieurs soldats de cette compagnie participèrent aux deux incursions contre les Iroquois.

J’ai retrouvé le nom d’Étienne Charles au registre de la confrérie du Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel, à la date du 25 septembre 1665, à la paroisse Notre-Dame-de-Québec. Il faut savoir que durant la présence des soldats en Nouvelle-France, ces derniers recevaient le sacrement de confirmation si ce n’était déjà fait en France. Par la suite, les soldats pouvaient accepter d’appartenir à la confrérie du Scapulaire de Notre-Dame du Mont-Carmel pour obtenir une protection constante de la Vierge Marie et être préservés des flammes de l’enfer après leur mort.

L’on devenait membre de la confrérie par la réception du scapulaire, qui était composé de deux morceaux de laine brune tissée de forme rectangulaire, reliés entre eux par deux cordons de manière à pouvoir être porté autour du cou. Le scapulaire était béni par un prêtre et il devait être porté de manière continuelle, donc aussi pendant la nuit, mais il pouvait être dissimulé sous les vêtements. Le port du scapulaire donnait, semble-t-il, le privilège d’une bonne mort et d’une délivrance rapide du purgatoire.

 

Madeleine Niel

Madeleine Niel est la fille de Robert Niel et d’Anne Lambert, des Normands, qui lui donnèrent le jour, vers 1651, dans la paroisse de Saint-Gervais de Rouen en Normandie.

Fille du roi, Madeleine Niel prit place sur le navire le Saint-Louis de Dieppe en compagnie de quatre-vingt-neuf autres Filles du roi, de cent engagés et de quatorze ou quinze chevaux. Le bateau partit de Dieppe, à une date inconnue, et arriva à Québec, le 25 septembre 1667.[4]


Le mariage de Madeleine Niel et d’Étienne Charles

Le vendredi 21 octobre 1667, Madeleine Niel et Étienne Charles se présentèrent chez le notaire Séverin Ameau dit Saint-Séverin pour conclure un contrat de mariage. Au contrat de mariage, Madeleine Niel promit foi et loyauté de mariage à Étienne Charles qui, à son tour promit le mariage à Madeleine Niel, le plus tôt possible. Ils consentirent à vivre ensemble en communauté de biens.

Le mariage de Madeleine Niel et d’Étienne Charles fut célébré, le lundi 24 octobre 1667, à l’église de l’Immaculée-Conception de Trois-Rivières, par François Dollier de Casson. La publication d’un ban de mariage avait été préalablement faite, et une dispense pour les deux autres bans, fut accordée par monseigneur l’illustrissime et révérendissime évêque de Pétrée. À l’acte de du mariage, il est mentionné que Madeleine et Étienne habitaient tous les deux la paroisse des Trois-Rivières. Notons la présence de trois témoins à l’acte de mariage : Jean-Baptiste Godefroy, Christophe Février sieur de Lacroix et Quentin Moral sieur de Saint-Quentin.

Il s’était donc écoulé moins d’un mois entre l’arrivée de Madeleine Niel dans la colonie et son mariage avec Étienne Charles. Étant donné que le mariage de nos deux tourtereaux eut lieu un an avant le retour en France, en octobre 1668, du régiment de Carignan-Salière, je présume qu’Étienne Charles fut, dès son mariage, libéré de son engagement de soldat.
 

Une gratification royale

On lit dans certains ouvrages que l’intendant Talon ou le gouverneur Frontenac donnait aux Filles du roi, à l’occasion de leur mariage, une dot royale versée soit en espèces ou en biens.

Madeleine bénéficia-t-elle d’une gratification particulière accordée aux fiancées dites « Filles du roi »? C’est dans les contrats de mariage que l’on retrouvait habituellement la confirmation qu’une aide royale était accordée à la future épouse. Comme le contrat de mariage de Madeleine Niel et d’Étienne Charles est à moitié effacé; il est donc impossible de confirmer si Madeleine Niel reçut une telle dot.

 

Concession du fief du Tremblay

Le fief du Tremblay fut le berceau de la famille de mes ancêtres Madeleine Niel et Étienne Charles. Ils y vécurent de l’époque de leur mariage jusqu’à la vente de leur terre en 1711, soit un peu plus de quarante ans.

C’est en 1664, que Pierre Boucher se vit concéder la seigneurie de Boucherville par Jean de Lauzon. Quelques années plus tard, Pierre Boucher offrit en dot le fief du Tremblay, détaché de la seigneurie de Boucherville, à René Gaultier, son gendre et futur seigneur de Varennes. En effet, sa fille Marie Boucher épousa René Gaultier le 26 septembre 1667, à Trois-Rivières. Cette entente fut préalablement ratifiée par contrat de mariage, le 22 septembre 1667, devant le notaire Séverin Ameau dit Saint-Martin.

Le 29 octobre 1672, Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, rédigea une ordonnance qui confirma à René Gaultier la concession de la seigneurie de Varennes et celle du fief du Tremblay. René Gaultier succéda, en 1668, à Pierre Boucher en tant que gouverneur des Trois-Rivières, il habitait donc Trois-Rivières et ne se rendit probablement que très rarement dans ses seigneuries.

Partant des limites de Boucherville, le fief du Tremblay s’étendait sur vingt-huit arpents, six perches et huit pieds de front sur deux lieues de profondeur. Le fief tenait par devant au fleuve Saint-Laurent, par derrière à la seigneurie de Montarville, d’un côté à la limite territoriale de la seigneurie de Boucherville et de l’autre côté à la limite territoriale de la seigneurie de Longueuil. Sa proximité avec l’île de Montréal constituait un atout; c’est là que logeaient les commerçants et les principaux dirigeants politiques.

Le fief du Tremblay relevait de la seigneurie de Varennes mais en était séparé par la seigneurie de Boucherville. Dans les faits, il était beaucoup plus facile pour les habitants du fief du Tremblay de se rendre à Boucherville ou à Longueuil plutôt qu’à Varennes.

Cette localisation du fief du Tremblay engendra certains problèmes et certaines difficultés aux habitants du fief, autant pour les services religieux que pour le paiement des cens et rentes. Par exemple, à cause de la distance, il était difficile pour les censitaires d’honorer l’obligation de faire moudre leur blé au moulin de Varennes, si bien que le 29 juin 1707, les habitants du fief du Tremblay ont obtenu de l’intendant Jacques Raudot, un jugement qui les relevaient de l’obligation d’aller au moulin de Varennes. C’est donc à Boucherville ou à Longueuil que les habitants du fief du Tremblay se rendirent par la suite.

Les paroisses

Si la seigneurie régissait les activités sociales et économiques, la paroisse s’occupait du domaine religieux. La place de la pratique religieuse dans la vie quotidienne de la Nouvelle-France était prépondérante : assistance à la messe du dimanche obligatoire et interdiction de travailler cette journée-là, confessions obligatoires qui donnaient au curé un pouvoir énorme dans la connaissance des faits et gestes de toute la communauté, fêtes de Noël, de l’Épiphanie, de Pâques, mois de Marie, procession de la Fête-Dieu, mariages, baptêmes, sépultures.

Avant 1715, le fief du Tremblay était desservi par la paroisse de Boucherville pour les services religieux. En 1715, l’évêque de Québec, monseigneur de Saint-Vallier, joignit le fief du Tremblay à la paroisse de Longueuil. Finalement, lorsque par
un arrêt du Conseil du roi
elle reçut sa reconnaissance civile en date du 3 mars 1722, le fief du Tremblay fut inclus


Église de Boucherville

officiellement dans les limites de la paroisse Saint-Antoine de Padoue à Longueuil. Aujourd’hui, le fief du Tremblay correspond à une importante partie du secteur actuel de Fatima, plus précisément du boulevard Jean-Paul-Vincent aux limites de Boucherville.

Il y a eu aussi des différends à propos de la coutume aujourd’hui disparue du pain bénit. Le pain bénit était un pain qu’on offrait à l’église et qui était béni par le prêtre célébrant la messe paroissiale du dimanche. On le distribuait ensuite aux fidèles qui le mangeaient avec dévotion. En Nouvelle-France, on retrouve des écrits confirmant cette coutume dès 1645. D’après l’ancienne loi française, tous les paroissiens tenant feu et lieu étaient obligés de donner ou plutôt, comme on disait alors, de rendre le pain bénit chacun leur tour et de payer, à la même occasion, l’offrande qui consistait en un cierge ou l’équivalent de sa valeur en argent.

En 1685, le curé de Boucherville Pierre de Caumont se plaignit à l’intendant Jacques de Meulles que François Lanctôt, habitant du fief du Tremblay refusait de rendre le pain bénit à son tour en la paroisse de Boucherville prétendant dépendre de la paroisse du Cap-de-Varennes et y payer chaque année les droits et redevances exigés de chaque paroissien. L’intendant émit une ordonnance, le 23 février 1685, ordonnant à François Lanctôt et à tous les habitants du fief du Tremblay de rendre le pain bénit à leur tour dans la paroisse de Boucherville, de laquelle ils dépendraient à l’avenir. Une amende de 10 livres payable à la fabrique de la paroisse de Boucherville était prévue pour les contrevenants.[5]


L’installation du couple

À partir de la paléographie des contrats notariés, il m’a été possible de mieux comprendre où et comment s’était installés Madeleine Niel et Étienne Charles dans la colonie.

Même si je n’ai retracé aucun contrat de concession, il est plus que probable que vers 1668 Étienne Charles ait reçu de Pierre Boucher, une concession de terre au fief du Tremblay. Comme on le sait, ce fief est passé aux mains de René Gaultier par la suite et ce dernier négligea peut-être de ratifier cette concession ou encore ce contrat de concession est aujourd’hui perdu. Je peux confirmer que de nombreux contrats de concession concernant le fief du Tremblay sont manquants. En effet, le 6 février 1697, le notaire Antoine Adhémar dit Saint-Martin fit l’inventaire des biens de François Lanctôt. Dans les titres et papiers de cet inventaire, le notaire mentionne un contrat de concession de deux arpents en faveur d’Antoine Dubois accordé par René Gaultier de Varennes, ce contrat, passé devant le notaire Thomas Frérot, le 21 avril 1675, est introuvable. Le notaire mentionne aussi un contrat de concession de deux arpents en faveur de Louis Lamoureux et accordé par René Gaultier de Varennes, le 5 juillet 1675. Ce contrat, également passé devant le notaire Thomas Frérot, est introuvable. Le 8 août 1698, devant le notaire Antoine Adhémar dit Saint-Martin, Nicolas Dubré vend sa terre à Étienne Benoît. Selon les termes du contrat Nicolas Dubré aurait obtenu le 21 août 1674 et le 17 février 1675 une concession par René Gaultier de Varennes de deux arpents par trente-deux arpents. Ces deux contrats sont introuvables.

Le premier acte que j’ai pu consulter fut conclu, le 3 avril 1670, devant le notaire Thomas Frérot de Lachenest. Cet acte est un don de Pierre Chaperon à Étienne Charles d’un demi-arpent de terre dans le village de Boucherville. La donation fut faite sans aucun solde ni denier, sinon que pour la bonne amitié que Pierre Chaperon témoignait à Étienne Charles. Étienne Charles, accepta les charges quant aux cens, rentes et devoirs seigneuriaux, « sur le pied de  
l’estimation que la dite donation peut valoir ». À la date de ce contrat, Étienne Charles était déclaré habitant de la terre de monsieur de Varennes.

Ce contrat nous confirme qu’Étienne Charles était bien censitaire au fief du Tremblay. Quand à son ami Pierre Chaperon, j’ai appris par la consultation des recensements qu’il avait été domestique chez Jean-Baptiste Godefroy à Trois-Rivières, en 1666 et 1667. Au recensement de 1666, Jean-Baptiste Godefroy avait aussi à son service Charles Denart dit Laplume lequel a agit comme témoin au contrat susmentionné et il fut aussi parrain du premier enfant de Madeleine et d’Étienne baptisé, le 17 novembre 1669, à Boucherville. Je me demande si, entre le moment où il a obtenu son congé du régiment et son installation au fief du Tremblay, Étienne Charles n’avait pas été quelque temps domestique ou engagé chez Jean-Baptiste Godefroy. Cela expliquerait que ce dernier fut l’un des témoins à son mariage, que s’étant là-bas lié d’amitié avec Pierre Chaperon celui-ci lui fit ensuite don d’une partie de sa concession et finalement qu’y ayant côtoyé Charles Denart dit Laplume, Madeleine et Étienne le choisirent comme parrain de leur premier enfant.

Je suppose qu’Étienne Charles avait déjà une maison ou un refuge sur sa terre au fief du Tremblay mais qu’il souhaitait se construire une maison à la bourgade de Boucherville. À cette époque, la bourgade de Boucherville était coupée dans le sens de la largeur, par la rue Notre-Dame, une des plus anciennes rues de Boucherville, qui était parallèle au chemin du roi qui longeait la rivière. La donation que Pierre Chaperon lui a faite rendait donc Étienne Charles censitaire rue Notre-Dame.

Moins d’un an plus tard, soit le 24 février 1671, devant le notaire Thomas Frérot de Lachenest, Étienne Charles, toujours habitant de la terre de monsieur de Varennes, vendit son demi-arpent de terre situé dans le village de Boucherville à Lucas Loiseau pour la somme de 20 livres. Aucune mention n’est faite au contrat à savoir si une maison était alors construite sur ce lopin de terre. De toute évidence, le projet de s’installer à Boucherville n’eut pas lieu.

Dans son livre sur les premières concessions d’habitations à Boucherville, G.-Robert Gareau écrit que René Rémy, accorda, le 29 avril 1674, un bail à loyer d’une vache à Étienne Charles. Je n’ai trouvé aucune trace de ce contrat.

En plus de cultiver sa propre concession, Étienne Charles bailla à ferme pour deux ans et trois récoltes, la terre de son voisin Nicolas Dubré au fief du Tremblay. Le bail concernait les récoltes de 1674, 1675 et 1676. Le contrat fut passé, le 15 mai 1674, devant le notaire Thomas Frérot de Lachenest. Étienne Charles s’obligea à payer en janvier de chaque année, vingt minots de blé froment que Nicolas Dubré viendrait prendre lui-même dans la grange. Il s’engagea aussi à ensemencer, cultiver et faucher la terre, et d’assurer à ses frais les réparations nécessaires à la grange où logeait le grain. Pour sa part, Nicolas Dubré lui fit alors don de deux cochons; un cochon âgé de six semaines et un autre cochon âgé d’un an.

Le 8 septembre 1675, Étienne Charles se présenta à nouveau devant le notaire Thomas Frérot de Lachenest. À cette occasion, il acheta de son voisin Jacques Lussier, une concession, située dans le fief du Tremblay, de deux arpents de front par trente arpents de profondeur, on mentionne au contrat qu’un hangar s’y trouvait et que dix arpents étaient déjà défrichés. Cette concession était bornée d’un côté par la concession d’Étienne Charles et de l’autre côté par celle de Crespin Tuillier dit Latour.

Jacques Lussier se réserva la récolte de l’année en cours. Étienne s’engagea à payer, chaque année durant dix ans, quinze minots de blé et trois minots de pois. Le paiement annuel était prévu à la Saint-Martin. Le contrat prévoyait qu’après trois ou quatre ans, Étienne Charles puisse remettre au vendeur la concession en payant trente minots de blé pour chaque année où il aurait joui de la concession. Le 24 mai 1688, Jacques Lussier lui donna une quittance finale pour l’achat de cette concession.

Également le 8 septembre 1675, toujours devant le notaire Thomas Frérot de Lachenest, Étienne Charles vendit la moitié de la concession qu’il détenait depuis son installation, vers 1668, à son voisin Louis Denis dit Lafontaine, pour soixante minots de blé payables durant dix ans à raison de six minots par année. Ce contrat nous apprend aussi qu’Étienne Charles et sa famille vivait sur sa terre car il y avait bâti une maison. En effet, le contrat stipule que si la maison d’Étienne Charles se trouve sur l’arpent vendu, Étienne sera libre d’en jouir durant quatre ans. Comme Étienne Charles vendit un arpent de sa terre à un prix inférieur à celui payé à Jacques Lussier, je suppose que cet arpent avait moins d’espace de défrichés que celle qu’il venait d’acquérir de Jacques Lussier.

Je présume aussi, que la mort de Louis Denis dit Lafontaine aurait empêché ce dernier de respecter ses engagements et qu’Étienne Charles aurait repris cet arpent de terre pour non paiement car, il le revendit plus tard à Léonard Montreuil dit Francoeur.

Le 5 février 1685, le notaire Michel Moreau se rendit au domicile d’Étienne Charles au fief du Tremblay pour y rédiger un contrat de vente par lequel Étienne Charles et Jean Petit vendirent, solidairement l’un pour l’autre, à Léonard Montreuil dit Francoeur une concession de soixante arpents en superficie soit deux arpents de front par trente arpents de profondeur. Cette concession en voisinait une autre appartenant à Étienne Charles. Une maison y était construite qu’Étienne Charles et Jean Petit convinrent de continuer d’occuper jusqu’à la Toussaint. Cette concession était chargée de 6 deniers de cens pour les deux arpents de front et d’un sol de rente par arpent en superficie. Un chapon vif par arpent de front était aussi exigé par le seigneur. Ils se réservèrent aussi tout le bois déjà équarri et Léonard Montreuil dit Francoeur s’engagea à transporter ce bois sur la concession voisine appartenant à Étienne Charles. La vente fut conclue pour la somme de 200 livres payable 75 livres au moment de la signature du contrat, 75 livres le 15 juillet 1685, et la somme restante de 50 livres le 24 juin 1686. Le 30 mai 1687, Étienne Charles accorda une quittance totale pour cet achat à Léonard Montreuil.

L’intervention de Jean Petit à titre de vendeur solidaire avec Étienne Charles demeure un mystère. Quand et dans quelles circonstances Jean Petit est-il devenu copropriétaire de ce lot, aucun contrat expliquant une telle transaction entre Étienne Charles et Jean Petit n’a été retracé. Il est toutefois possible qu’un tel contrat soit perdu ou encore que c’est verbalement qu’Étienne Charles et Jean Petit ont pris une entente. À ce stade-ci, il est bon de mentionner que Jacques Bourdon qui a œuvré comme notaire dans la région de Boucherville fut victime d’un incendie dans son étude qui a détruit une partie des minutes de son greffe. Cet incendie est relaté dans un contrat, concernant l’inventaire des biens d’Antoine Dupré et de Jean Ménard, daté du 9 octobre 1737 et passé devant le notaire François Simonnet.

De 1685 à 1707, soit pendant plus de vingt ans, Madeleine et Étienne ne firent aucune transaction de vente ou d’achat de terre. Les attaques iroquoises qui sévissaient dans la colonie leur causèrent probablement suffisamment de soucis et d’angoisses de sorte que faire valoir leurs biens n’était pas une priorité en ces temps difficiles.

 

Tentative de s’établir à Terrebonne

Clément Charles, le fils aîné de Madeleine et d’Étienne était établi à Terrebonne depuis le début des années 1700, ces derniers ont probablement caressé le projet de se rapprocher de leur fils. Le 28 janvier 1707, Étienne Charles vendit à Ignace Bonhomme dit Beaupré une concession située dans la seigneurie de Terrebonne. Cette concession avait une superficie de quatre-vingt arpents, soit quatre arpents de front par vingt arpents de profondeur. À la date de la transaction, il n’y avait aucun bâtiment sur cette concession. Tenant sur le devant à la rivière Jésus[6], elle voisinait d’un coté la concession de son gendre François Dubois dit Jolicoeur et de l’autre côté la concession de dit Lespérance. Au contrat de vente, Étienne Charles déclara alors que cette concession lui fut concédée verbalement par Louis Lecompte Dupré marchand de Montréal et seigneur de Terrebonne. La vente fut faite pour la somme de 60 livres pour laquelle Étienne Charles donna quittance, le 3 février 1707.

Bien que le contrat mentionne Étienne « habitant de Terrebonne, auparavant du Tremblay », je doute qu’Étienne Charles avait déjà quitté le fief du Tremblay puisqu’il y possédait toujours sa terre.
 

Les dettes

Pour pouvoir se procurer les marchandises nécessaires à l’exploitation de leur concession, pour subvenir aux besoins de la famille et pour faire face à des périodes plus difficiles, Madeleine Niel et Étienne Charles se sont endettés à quelques reprises.

Le 23 février 1684, Étienne Charles se rendit chez le notaire Michel Moreau et s’engagea à payer 11 livres au sieur Lespérance pour des marchandises qui lui furent livrées. Selon certaines sources, il s’agirait de Jacques Viau dit Lespérance qui, par ailleurs, était marchand de blé, de poisson et de fourrures. Je n’ai pas retracé de quittance concernant cette obligation.

Le 14 mars 1701, Madeleine Niel se rendit à l’étude du notaire Antoine Adhémar dit Saint-Martin située à Montréal. À cette occasion, elle reconnut une obligation de 80 livres et 3 sols en faveur de François Hardouin, un marchand de Montréal. Cette obligation découlait du solde d’un compte antérieur ainsi que de la livraison de marchandises nécessaires pour subvenir aux besoins de la famille. Madeleine Niel agissait pour et au nom de son mari, Étienne Charles. Pour l’exécution du contrat, Madeleine Niel élut domicile rue Saint-Paul à Montréal, dans la maison de Louise Bouchard, la veuve de Simon Guillory. Le contrat prévoyait le remboursement de l’obligation, le 24 juin 1701, le jour de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. Je n’ai pas retracé la quittance de cette obligation.

Le 9 septembre 1704, ce fut au tour d’Étienne Charles de se rendre rencontrer le notaire Antoine Adhémar dit Saint-Martin à son étude située à Montréal. À cette occasion, il reconnut une obligation de 179 livres et 8 sols en faveur de Louis Lecompte Dupré, qui était alors marchand de Montréal et seigneur de Terrebonne. Cette obligation découlait de la vente et de la livraison antérieure de marchandises. Par ce contrat, Étienne Charles hypothéqua tous ses biens présents et futurs jusqu’à concurrence de la somme totale. Pour l’exécution du contrat, Étienne Charles élut domicile rue Saint-Paul à Montréal, dans la maison de René Fezeret. Le contrat prévoyait que le créancier pouvait exiger le remboursement de la somme totale sur simple demande de sa part. Madeleine Niel se présenta à l’étude du notaire Antoine Adhémar dit Saint-Martin, le 18 septembre 1704, afin de ratifier cette obligation. Je n’ai pas retracé la quittance de cette obligation.
 

Abandon et délaissement de leurs bien
 

À l’époque, les gens ne pouvaient prétendre à une retraite peu importe leur âge. Ils travaillaient tant et aussi longtemps qu’ils en avaient la force. Lorsque l’âge ou leur état de santé les contraignait à réduire leurs activités, ils se tournaient vers leurs enfants pour prendre soin d’eux. Quant aux enfants, prendre soin de leurs parents était un devoir élémentaire. Habituellement les parents abandonnaient, à l’enfant qui acceptait de prendre soin d’eux, le contrôle de leurs biens. Ils passaient alors chez le notaire, et par un contrat de donation entre vifs ils établissaient les droits, les devoirs et les conditions de l’abandon et du délaissement de leurs biens.

En 1710, Étienne Charles, alors âgé de 66 ans, et Madeleine Niel âgée d’environ 60 ans, déclaraient n’être plus en âge de travailler et de faire fructifier leurs biens. Ils étaient endettés d’une somme de 500 à 600 livres et les intérêts sur leurs dettes s’accumulaient et grugeaient, année après année, la maigre valeur de leurs biens qu’ils estimaient entre 1 000 et 1 200 livres.

Madeleine et Étienne demandèrent à leurs enfants qui avaient déjà atteint l’âge de la majorité de payer leurs dettes, d’avoir soin d’eux et de leur fournir vivres et entretien jusqu’à leur décès en échange de la cession de tous leurs biens meubles et immeubles. Aucun des enfants majeurs ne furent en situation d’acquiescer à cette demande. Leur fils cadet, Jean-Baptiste, âgé de 21 ans, bien que mineur, accepta la demande de ses parents.

Le 22 octobre 1710, Madeleine et Étienne, accompagnés de leur fils Jean-Baptiste, se présentèrent donc à l’étude du notaire Antoine Adhémar dit Saint-Martin pour mettre sur papier les conditions d’abandon et de délaissement de leurs biens en faveur de leur fils Jean-Baptiste Charles. Dans ce contrat plusieurs points d’intérêt méritent notre attention.

Par ce contrat, Madeleine Niel et Étienne Charles cédaient une concession de soixante arpents de terre en superficie soit deux arpents de front par trente arpents de profondeur, une grange ainsi qu’une maison pièces sur pièces en mauvais état recouverte de planches sise au village du Tremblay. Ils cédaient également, tout le grain qui se trouvait dans la grange, tous leurs meubles et bestiaux. Ils se réservaient toutefois leurs effets personnels, une taure de deux ans et un cochon né cette année-là.

La concession était bornée par-devant au fleuve Saint-Laurent, par derrière à des terres non concédées, d’un côté à la concession de Pierre Bourdon et de l’autre côté à la concession que leur fils Étienne Charles avait hérité de son parrain, Jean Petit, en 1685.

En échange de ces biens, leur fils Jean-Baptiste s’engageait à :

§   Payer les cens et rentes et autres droits seigneuriaux.

§   Acquitter toutes les dettes de ses parents.

§   Les loger, les nourrir et les entretenir jusqu’à leur décès.

§   Les faire inhumer et faire prier Dieu pour le repos de leur âme.

Si Madeleine et Étienne décidaient de quitter le domicile de leur fils et d’aller vivre ailleurs, Jean-Baptiste s’engageait à leur verser quatre fois par année et à l’avance une rente viagère de 20 livres. En plus de cette rente, Madeleine et Étienne exigeaient de recevoir trente minots de blé annuellement et de recevoir à la Toussaint, deux cochons gras et trente livres de beurre salé.

Si leur nouvelle demeure se trouvait à moins d’une heure du fief du Tremblay, Jean-Baptiste était tenu de leur livrer chaque année vingt cordes de bon bois de chauffage. Au-delà de la distance d’une heure, cette condition était annulée. Au décès de l’un de ses parents, toutes les conditions diminuaient de moitié.

Jean-Baptiste s’engageait aussi à loger, nourrir et entretenir à son pot et ordinaire ses deux sœurs, Marie pendant deux ans et Jeanne durant un an. En échange, ces dernières devaient travailler pour leur frère Jean-Baptiste sans aucuns gages ou salaire. Finalement, Jean-Baptiste Charles promettait de ratifier le présent contrat dès qu’il atteindrait l’âge de la majorité.

L’homologation du contrat fut faite devant le lieutenant général de la juridiction royale de Montréal, le 24 octobre 1710.

Le 22 mars 1711, pour une raison inconnue, Madeleine Niel, Étienne Charles et leur fils Jean-Baptiste Charles se présentèrent à l’étude du notaire Antoine Adhémar dit Saint-Martin, cette fois pour faire annuler le contrat d’abandon et de délaissement. Jean-Baptiste Charles accepta de faire toutes cessions et rétrocessions de tous les biens prévus au contrat. Les parties se retrouvèrent ainsi dans la même situation financière qu’avant la signature du contrat.

Le même jour, avec l’assentiment de leur fils Jean-Baptiste, Madeleine Niel et Étienne Charles vendirent à Jean Bougret dit Dufort, leur concession au fief du Tremblay pour une somme de 1 100 livres. Cette fois, la terre avait une contenance de soixante-quatre arpents soit deux arpents de front par trente-deux arpents de profondeur avec le droit de commune. La vente comprenait la grange, les terres nettes et les bois de haute futaie et un emplacement dans le village du Tremblay sur lequel une maison de pièces sur pièces couvertes de planches était construite. Au contrat, il fut prévu que Madeleine et Étienne continueraient de jouir de la maison et de la concession jusqu’à la fin de novembre 1711 car, ils souhaitaient ensemencer du blé, de l’avoine et des poix sur les guérets qu’ils avaient faits. Ils exigèrent de jouir de la grange jusqu’à ce que tous leurs grains soient battus. Ils s’engageaient cependant à ne prendre du bois sur la terre que pour les besoins de la maisonnée. Le notaire a indiqué que la concession appartenait à Étienne Charles par un titre de concession accordé par René Gaultier de Varennes mais a laissé en blanc les informations concernant la date et le notaire qui a conclu le contrat de concession. Étienne Charles s’engageait à remettre les titres de cette concession et déclarait toutefois qu’il n’avait pas de contrat pour l’emplacement au village du Tremblay qui se trouvait dans la seigneurie de Longueuil. Le paiement de la somme de 1 100 livres fut fait le jour même en monnaie de carte. Même si aucun contrat ne le confirme, la vente de la terre a sûrement permis à Madeleine Niel et Étienne Charles de s’acquitter de toutes leurs dettes.
 

Le fort du Tremblay

Lorsqu’ils se sont mariés, Madeleine Niel et Étienne Charles avaient souhaité sans aucun doute s’établir et fonder un foyer tranquille et heureux en vivant entourés d’une multitude d’enfants dans ce pays où l’on venait à peine de signer des traités de paix avec les Iroquois. C’est tout près de Boucherville, au fief du Tremblay, qu’ils avaient choisi de s’installer.

Cependant, l’histoire nous a appris que cette paix, résultat d’un traité signé en 1667, était à refaire et à maintenir pour ainsi dire chaque jour, car elle était excessivement instable. En effet la paix de 1667, bien que fragile, dura jusqu’au début des années 1680 qui marquèrent le début du retour en force des incursions iroquoises.

La situation pour les habitants de la Nouvelle-France n’était pas la même qu’en 1667. Avant 1667, la population était en grande partie concentrée dans la région de trois forts : Montréal, Trois-Rivières et Québec ou dans leur voisinage immédiat. En 1680, la situation était totalement différente. Des colons s’étaient établis tout le long du fleuve, des seigneuries avaient été concédées, les colons défrichaient et travaillaient aux champs partout entre Québec et Montréal. Ainsi, une grande partie de la population était exposée aux raids des Iroquois et ne pouvait donc se défendre efficacement. Les Iroquois, avec l’habilité qui leur était coutumière, n’avaient qu’à se glisser dans les forêts pour attaquer par surprise, massacrer les habitants et les bestiaux et brûler les habitations et les récoltes.

Le 12 août 1695, les Iroquois parurent au fief du Tremblay. Ils tuèrent, des voisins de Madeleine et d’Étienne, Jean Deniau et sa femme Hélène Dodin lesquels étaient occupés à la moisson de leur récolte.

Le fort du Tremblay fut construit la même année. Étienne Charles participa très certainement à la corvée de construction de cette fortification de bois qui servait à protéger les habitants du fief du Tremblay. Selon les documents de l’époque, le fort du Tremblay fut construit à l’extrémité est de la seigneurie de Longueuil, sur une terre, voisine du fief du Tremblay, appartenant à Jean-Baptiste Ménard. Des habitants, comme la famille d’Étienne Charles, y formaient alors un tout petit village, appelé le village du fort du Tremblay, même si dans les faits ce village était situé dans la seigneurie de Longueuil et non dans le fief du Tremblay. De cette date, jusqu’à la signature du traité de paix de 1701, les terres concédées furent pratiquement toutes inoccupées, on n’y retrouvait que de vieux bâtiments en ruines; les maisons étant toutes regroupées au village du fort du Tremblay.

Christophe Février sieur de Lacroix fut tué par les Iroquois, le 29 septembre 1695, sur la partie boisée de sa terre. Rappelons qu’il était un honorable bourgeois, venu de France et établi à Boucherville depuis 1671. Christophe Février était un ami, à tout le moins une connaissance, de Madeleine Niel et d’Étienne Charles car il fut l’un des trois témoins à l’occasion de leur mariage, le 24 octobre 1667, à Trois-Rivières. Il fut aussi témoin à l’acte notarié du 30 mai 1687, par lequel acte Madeleine Niel et Étienne Charles accordaient une quittance à Léonard Montreuil pour l’achat d’une terre au fief du Tremblay.

Dans les années 1690, les Français conduisirent deux expéditions militaires contre les Iroquois. La première, en 1693, visait les Agniers tandis que la seconde, en 1696, était dirigée contre les Onontagués et les Onneiouts. Lors de l’expédition de 1693, les Français et leurs alliés brûlèrent les trois principaux villages des Agniers. Ils firent aussi plusieurs centaines de captifs, des femmes et des enfants surtout, qu’ils durent toutefois relâcher sur le chemin du retour, parce qu’ils étaient poursuivis par les Iroquois.

Après ces attaques, et celles que les peuples amérindiens alliés aux Français menèrent contre les Iroquois, la position de faiblesse dans laquelle se trouvaient les Cinq-Nations les incitèrent à accepter les propositions de paix des Français et qui conduisit à la signature du traité de La Grande Paix de Montréal, en 1701.

« Ainsi fini ce qu’on peut appeler un siècle de guerre. On a attaché, avec raison d’ailleurs, beaucoup d’importance à la paix générale de 1701. Elle marquait une puissante tentative, faite par la France, d’imposer dans le monde indien qui l’entourait une paix régie et administrée par elle. Elle terminait aussi une guerre sanglante, qui avait coûté bien du sang, des angoisses, des destructions et des massacres. C’était, d’une certaine façon, la fin des guerres indiennes, sous les deux formes distinctes qu’elles avaient connues : des forts assiégés et tenus étroitement serrés, de manière que tous ceux qui en sortaient couraient un risque de mort; et attaques à l’improviste et à la dérobée, rapides et vives, contre des colonies dans une forêt. »[7]

 

Les épidémies

Des épidémies, généralement introduites par les navires arrivant infestés, ont, à de nombreuses occasions, décimé la population. Les conditions d’hygiène souvent déficientes, créaient un terrain propice à l’éclosion et à la propagation des maladies.

En effet, de l’automne 1687 à la fin de l’été 1688, il y a eu une épidémie de fièvre pourpre et de rougeole dans la colonie, faisant environ trois cents victimes. Des quarante actes de sépulture que j’ai consultés dans les registres de Boucherville, aucun décès des habitants du fief du Tremblay ne fut toutefois à déplorer si ce n’est la fille de Barbe Montreuil et de Pierre Gareau lesquels séjournaient de façon sporadique dans la maison du père de Barbe qui habitait le fief du Tremblay.

La variole, aussi appelée petite vérole, une maladie infectieuse d’origine virale très contagieuse et épidémique, a sévit dans la colonie en 1702 et 1703. L’estimation du nombre de victimes dans la colonie dépassait les 1 000 personnes. Dans la seigneurie de Boucherville, au fief du Tremblay et dans la seigneurie de Longueuil, l’épidémie a surtout fait ses ravages entre le 1er mai et le 31 juillet 1703. D’ailleurs, en 1703, à Boucherville et à Longueuil le nombre d’actes de sépulture a dépassé le nombre d’actes de baptême. À Boucherville, en 1703, on déplora vingt-trois décès, tandis qu’à Longueuil on dénombra dix-neuf décès. Les mois de mai, juin et juillet 1703 furent les plus meurtriers avec trente-deux des quarante-deux inhumations. Le fief du Tremblay n’échappa pas à l’épidémie. Pierre Gareau et Barbe Montreuil ont enterré, le 13 juillet 1703, leur fille Marguerite âgée de sept semaines et leur fils Michel âgée de 10 ans. Jean-Baptiste Deniau et Thérèse Ménard ont quant à eux pleuré le décès, le 4 juin 1703, de leur fils Pierre Deniau, âgé de 27 mois.

Deux des petits-fils de Madeleine Niel et d’Étienne Charles ont été terrassés par la maladie. Il s’agit du fils d’Hélène Charles et de Michel Viau qui fut inhumé, à Longueuil, le 1er juin 1703 et qui n’avait pas 3 ans et du fils de Marguerite Charles et de François Dubois qui, âgé de 3 mois à peine, fut inhumé, à Longueuil, le 26 juillet 1703.

 

Le décès d’Étienne Charles

Étienne Charles décéda âgé de 80 ans et fut inhumé à Laval[8], dans la paroisse Saint-François-de-Sales, le 16 mai 1724. À l’acte de sépulture on le nomma Étienne Lajeunesse du Tremblay. L’acte de sépulture mentionne qu’Étienne est décédé « après s’être confessé et avoir reçu les sacrements de l’eucharistie et de l’extrême-onction et avoir donné des marques de piété et de religion ». Le curé ne mentionne pas la date de son décès. Alexis Gariépy et Pierre Filiatrault assistèrent à son inhumation. Il rejoignit alors quatre des ses enfants décédés avant lui, Françoise Charles en 1682, Michel Charles en 1703, Catherine Charles en 1704 et Madeleine Charles en 1709.

 

Le décès de Madeleine Niel

Madeleine Niel survécut un peu plus de huit ans à son cher Étienne. Le 16 août 1732, au même endroit, fut inhumée Madeleine Niel, décédée la veille après avoir reçu tous les sacrements. Ses fils Jean-Baptiste Charles et Étienne Charles furent témoins à l’acte de sépulture.
 

Les apparitions dans les actes civils et les recensements

Madeleine Niel et Étienne Charles apparurent aussi dans certains actes de baptême, de mariage, de sépulture et dans certains recensements.

Au recensement de 1666 et 1667, Étienne Charles n’apparait dans aucun des deux recensements, ce qui est normal étant donné que les soldats n’étaient pas recensés.

Le 26 avril 1672, à Montréal, Madeleine Niel fut nommée marraine de Jacques Boisseau. Ce dernier était le fils de Pierre Boisseau et d’Anne Foubert, des voisins de Madeleine Niel et d’Étienne Charles au fief du Tremblay.

Lors du recensement de 1681, il y avait six censitaires et vingt-huit habitants au fief du Tremblay : Antoine Dupré et son épouse Élizabeth Valiquette, Étienne Charles, sa femme Madeleine Niel, de même que leurs six premiers enfants, Jean Petit, Jean Deniau, son épouse Hélène Dodin, ainsi que leurs six enfants, Nicolas Dubré, Louis Lamoureux ainsi que sa femme Françoise Boivin et leurs six enfants.[9] On y mentionnait Étienne Charles comme étant âgé de 32 ans, alors qu’il avait en réalité 38 ans. Il vivait avec sa femme, Madeleine Niel, âgée de 30 ans et leurs six enfants; Madeleine 11 ans, Clément 9 ans, Catherine 7 ans, Michel 5 ans, Étienne 3 ans et Hélène 1 an. Ces notes ne correspondent pas exactement avec les dates de naissance d’Hélène et d’Étienne. En 1681, Hélène avait 3 ans et Étienne 1 an. Selon ce même recensement, Étienne Charles possédait une vache et huit arpents en valeur. A propos de l’âge de nos ancêtres, il ne faut pas s’étonner de retrouver à de multiples occasions des erreurs dans l’âge qui est mentionné dans les divers documents. La plupart ne savaient ni lire ni écrire et les familles comptaient de nombreux enfants. Nos ancêtres devaient donc faire entièrement appel à leur mémoire pour se souvenir de leur date et année de naissance.

Le 31 janvier 1687, le premier petits-enfants de Madeleine Niel et d’Étienne Charles vit le jour. Étienne, grand-père, eut l’immense honneur d’être le parrain de Marie-Françoise Petit, fille de Louis Petit et de sa fille aînée Marie Charles. La cérémonie du baptême eut lieu le 1er février 1687, à Boucherville.

Le 5 avril 1688, au baptême de Catherine Lamoureux à Boucherville, Madeleine Niel fut de nouveau marraine. Sa filleule était la fille de Louis Lamoureux et de Françoise Boivin.

Leur fille, Marguerite Charles, accoucha d’un premier enfant le 18 janvier 1701. Étienne Charles fut présent au baptême, qui eut lieu le jour même à Longueuil. Il agit à nouveau à titre de parrain, cette fois pour Marie-Josèphe Dubois.

Le 14 janvier 1701, leur fille Catherine Charles donna naissance à un deuxième enfant, une fille qui fut prénommée Catherine. Le lendemain à l’occasion du baptême à Longueuil, Étienne Charles eut à nouveau l’honneur d’être parrain.

Étienne Charles se rendit le 18 février 1720 à Longueuil pour assister aux funérailles de son gendre Michel Viau, l’époux d’Hélène Charles sa fille. On mentionnait alors Étienne Charles résident de Longueuil, ce qui me laisse supposer que Madeleine et Étienne, après la vente de leur terre au fief du Tremblay aient trouvé refuge chez leur fille Hélène Charles.

Étienne Charles assista également, à Montréal, au mariage en secondes noces de sa fille Anne Charles avec Charles Sureau dit Blondin, le 28 février 1720, de même qu’à Longueuil, au mariage de deux de ses petites-filles, Marie-Rose Lespérance, le 12 août 1720 et Marie Viau, le 30 septembre 1721.

Madeleine fut de nouveau marraine le 21 août 1725. Cette fois, il s’agissait de son arrière-petite-fille, baptisée à Longueuil sous le nom de Marie-Madeleine Caillé. Cette dernière était la fille de Madeleine Charles et de Noël-Ignace Caillé et la petite-fille de Michel Charles et de Jeanne Cadieux.


Les enfants de Madeleine Niel et d’Étienne Charles

Madeleine Niel et Étienne Charles furent les parents de douze enfants, huit filles et quatre garçons. Marie-Blanche Clément, dans un article publié dans la revue MÉMOIRES de la SOCIÉTÉ GÉNÉALOGIQUE Canadienne-Française de juin 1948, mentionne que le couple eut treize enfants. Mes recherches ne m’ont pas permis de retracer ce treizième enfant, si jamais il a existé.

 

La mortalité infantile

La mortalité infantile en Nouvelle-France était importante. Selon les démographes de l’université de Montréal, le taux de mortalité infantile était de 17,1 % avant 1680 et de 24,2 % dans les trois premières décennies du 18e siècle. Au moins, un enfant sur quatre décédait avant l’âge de un an, dont 2 à 4 % étaient mort-nés ou mouraient à la naissance alors qu’au 18e siècle deux enfants sur cinq décédaient avant l’âge de 15 ans.

En ce qui concerne Madeleine Niel et d’Étienne Charles, leur progéniture jouissait d’une excellente santé. En effet, un seul de leurs douze enfants décéda en bas âge. Eux-mêmes, malgré des conditions de vie difficiles moururent à un âge avancé.

 

Des unions avec des descendants de soldats

Douze pousses avaient surgi de cette nouvelle plantation en cette terre de promesses qui allait étendre ses ramifications surtout au Québec. Et onze de ses rameaux a donné naissance à une nouvelle famille, à une nouvelle descendance. Madeleine Niel et Étienne Charles laissèrent à la postérité plus de cent petits-enfants, une descendance digne des patriarches de la Bible.

Les enfants de Madeleine Niel et d’Étienne Charles, s’unirent à de bonnes familles de l’époque. Quelques-unes de ces familles avaient pour chef un ancien soldat du régiment de Carignan-Salière : Dupré dit Rochefort, Viau dit Lespérance et Robin dit Lapointe. Leurs enfants s’essaimèrent surtout dans les régions de Varennes, de Boucherville, de Longueuil, de Montréal, de Laval et de Terrebonne.

Leurs enfants furent connus sous les patronymes de « Charles », de « Lajeunesse » et de « Clément ».

 

Les enfants de Madeleine Niel et d’Étienne Charles

 

(b.) Nom au baptême

(m.) Nom au mariage

(s.) Nom lors de la sépulture

(n.) Date de naissance

(l.) Lieu du baptême (paroisse ou église ou comté)

(b.) Date du baptême

(p.) Parrain

(m.) Marraine

(c.) Nom du conjoint

(l.) Lieu du mariage (paroisse ou église ou comté)

(d.) Date du mariage

(p.) Père du conjoint

(m.) Mère du conjoint

(d.) Date du décès

(l.) Lieu de sépulture (paroisse ou église ou comté)

(s.) Date de sépulture

 

(b.) Marie-Madeleine Charles

(m.) Marie Charles

(s.) Marie Charles

(n.) 8 septembre 1669

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 17 novembre 1669

(p.) Charles Denart

(m.) Marie Chauvin

(c.) Louis Petit

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(d.) 7 janvier 1686

(p.) Nicolas Petit

(m.) Marie-Françoise Pouponnelle

(d.) 5 février 1709

(l.) Varennes (Sainte-Anne)

(s.) 6 février 1709

(b.) Clément Charles

(s.) Clément Charles

(n.) 28 octobre 1671

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 29 octobre 1671

(p.) Clément Collardaux

(m.) Marguerite Sellerin

(c.) Marie Dupré

(l.) Inconnu

(d.) Inconnue

(p.) Antoine Dupré

(m.) Élizabeth Valiquette

(d.) Non mentionnée

(l.) Terrebonne (Saint-Louis-de-France)

(s.) 13 février 1743

(b.) Catherine Charles

(m.) Catherine Charles

(s.) Catherine Charles dite Lajeunesse

(n.) 1er février 1674

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 2 février 1674

(p.) Pierre Boisseau

(m.) Catherine Clérice

(c.) Jean Bissonnette

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(d.) 16 mars 1700

(p.) Jacques Bissonnette

(m.) Marguerite Collet

(d.) 8 janvier 1704

(l.) Montréal (Basilique Notre-Dame)

(s.) 8 janvier 1704

 

(b.) Michel Charles

(m.) Michel Charles

(s.) Michel Lajeunesse

(n.) 4 février 1676

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 5 février 1676

(p.) Michel Dubuc

(m.) Catherine Isambert

(c.) Jeanne Cadieux

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(d.) 16 juin 1698

(p.) Jean Cadieux

(m.) Marie Valade

(d.) Non mentionnée

(l.) Montréal (Basilique Notre-Dame)

(s.) 13 juillet 1703

(b.) Hélène Charles

(m.1) Hélène Charles

(m.2) Hélène Charles dite Lajeunesse

(s.) Hélène Charles

(n.) Non mentionnée

(l.) Montréal (Basilique Notre-Dame)

(b.) 12 août 1678

(p.) Louis Denis

(m.) Hélène Dodin

(c.) Michel Viau

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(d.) 28 octobre 1698

(p.) Jacques Viau

(m.) Madeleine Plouart

(d.) 22 février 1752

(l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade)

(s.) 23 février 1752

(c.) Étienne Benoît dit Livernois

(l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade)

(d.) 23 juin 1722

(p.) Paul Benoît

(m.) Élizabeth Gobinet

(b.) Étienne Charles

(m.1) Étienne Charles

(m.2) Étienne Charles

(s.) Étienne Charles

(n.) 30 novembre 1680

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 4 décembre 1680

(p.) Jean Petit

(m.) Marguerite Ménard

(c.) Marie-Josèphe Robin

(l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade)

(d.) 3 septembre 1702

(p.) Jean Robin

(m.) Jeanne Charton

(d.) Non mentionnée

(l.) Laval (Sainte-Rose-de-Lima)

(s.) 6 février 1759

(c.) Marie-Françoise Leclerc

(l.) Terrebonne (Saint-Louis-de-France)

(d.) 27 juillet 1735

(p.) Robert Leclerc

(m.) Marie Jallet

(b.) Françoise Charles

(s.) Françoise Charles

(n.) 19 décembre 1682

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 20 décembre 1682

(p.) François Lanctôt

(m.) Marguerite Étienne

 

(d.) Non mentionnée

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(s.) 22 décembre 1682

(b.) Marguerite Charles

(m.) Marguerite Charles

(s.) Marie-Marguerite Lajeunesse

(n.) 23 août 1684

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 24 août 1684

(p.) Léonard Montreuil

(m.) Marguerite Étienne

(c.) François Dubois

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(d.) 18 janvier 1700

(p.) Jean Dubois

(m.) Catherine Dumas

(d.) 10 février 1750

(l.) Terrebonne (Saint-Louis-de-France)

(s.) 11 février 1750

(b.) Marie-Madeleine Charles

(m.) Marie Charles

(s.) Marie Clément

(n.) 2 février 1687

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 3 février 1687

(p.) René Deniau

(m.) Marguerite Deniau

(c.) Pierre Régnier

(l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade)

(d.) 31 janvier 1718

(p.) Henri Régnier

(m.) Marie Chaudron

(d.) 7 mai 1756

(l.) Montréal (Basilique Notre-Dame)

(s.) 8 mai 1756

(b.) Jean-Baptiste Charles

(m.1) Jean-Baptiste Charles

(m.2) Jean-Baptiste Charles

(s.) Jean-Baptiste Charles

(n.) 15 avril 1689

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 16 avril 1689

(p.) Jean-Baptiste Ménard

(c.) Marie-Anne Bourdon

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(d.) 29 octobre 1715

(p.) Jacques Bourdon

(m.) Marie Ménard

(d.) Non mentionnée

(l.) Laval (Saint-François-de-Sales)

(s.) 29 juillet 1745

(c.) Marie Lamothe

(l.) Laval (Saint-François-de-Sales)

(d.) 25 février 1729

(p.) François Lamothe

(m.) Marie Leroux

(b.) Anne Charles

(m.1) Anne Charles

(m.2) Marie-Anne Charles

(s.) Marie-Anne Lajeunesse

(n.) 20 janvier 1691

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 21 janvier 1691

(p.) Louis Ménard

(m.) Anne Talbot

(c.) Marin Bourdon

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(d.) 23 décembre 1709

(p.) Jacques Bourdon

(m.) Marie Ménard

(d.) Non mentionnée

(l.) Pointe-Claire (Saint-Joachim)

(s.) 25 décembre 1753

(c.) Charles Sureau dit Blondin

(l.) Montréal (Basilique Notre-Dame)

(d.) 28 février 1720

(p.) Hilaire Sureau

(m.) Louise Paradis

(b.) Jeanne Charles

(m.) Jeanne Charles

(s.) Marie-Jeanne Lajeunesse

(n.) 5 avril 1693

(l.) Boucherville (Sainte-Famille)

(b.) 5 avril 1693

(p.) Pierre Lancoignée

(m.) Marguerite Blois

(c.) Ignace Bourdon

(l.) Longueuil (Saint-Antoine-de-Pade)

(d.) 13 avril 1711

(p.) Jacques Bourdon

(m.) Marie Ménard

(d.) Non mentionnée

(l.) Berthierville (Sainte-Geneviève)

(s.) 22 novembre 1728



Voir la transcription des actes notariés : Actes notariés de couple CHARLES-NIEL
 

[1] Marie-Blanche CLÉMENT, « Les familles Charles dites Lajeunesse dites Clément », MÉMOIRES de la SOCIÉTÉ GÉNÉALOGIQUE Canadienne-Française, Vol. III, no 2, juin 1948, p. 113.

[2] Michel LANGLOIS, Carignan-Salière 1665-1668, Drummondville, La Maison des ancêtres inc., 2004, p. 139.

[3] Michel LANGLOIS, Carignan-Salière 1665-1668, Drummondville, La Maison des ancêtres inc., 2004, p. 66 et p. 508.

[3] Michel LANGLOIS, Carignan-Salière 1665-1668, Drummondville, La Maison des ancêtres inc., 2004, p. 66 et p. 508.

[4] Viateur BOULET, 1608/1760 - Les transporteurs de nos ancêtres, 1998, p 69.

[5] Émilienne SÉGUIN, « Le pain bénit », LUSTUCRU, no 4, automne 1977, p. 5.

[6] Rivière Jésus : autrefois appellation de la Rivière-des-Mille-Îles.

[7] Léo-Paul DESROSIERS, Iroquoisie Tome 4, [s. l.], Les Éditions du Septentrion, 1999, P. 347.

[8] Autrefois nommé l’Île Jésus.

[9] Benjamin SULTE, Histoire des Canadiens-Français 1608-1880, Wilson & compagnie, Montréal, 1882, volume V, p.72.

Haut de page