ACCUEIL                 Faits divers         Marsal
 

Affaire juridique entre

le Sieur François Giard, directeur des Sallines du Saulnois

ET

le Sieur du Chat de Montigny, officier d’une Compagnie de la Garnison de Marsal

Janvier 1642
 

Sources : Archives de la Moselle J2887 carton 1 feuillet 12
Transcription d'Yvon Blanchard, notre ami et collaborateur
Acte collecté par nos soins le 14 octobre 2008
 

Ledit Nicolas Rosemant chatelain a Chambord aagé de quarante six ans ou envyron adjourné adjure d’heuement et interogé dont s’agit. A dit,

Qu’estant le mardy vingt et unième du present mois de janvier envyron les neuf heures du matin dans la rue au devang du logis du Sieur Reisbergers receveur en la Salline de Marsal avec le denandier Sieur Goudart, ils veirent ledit Giart directeur de la Salline du Saulnois qui sortit de l enclos de la dite Salline monté sur un cheval gris. Et comme il advanceoit droit deven eux, ils veirent aussy ledit du Chat Montigny officier en la Garnison dudit Marsal ayant ung grand et gros baston en sa main qui venois en ladite rue du costé de la maison de Florentin Simonin. Lequel du Chat Montigny salua ledit Sieur Giart comme il passoit près de luy, et dit en levant son chappeau en inclinant la teste Bon jour Monsieur. Et pareillement ledit Sieur Giard en passant salua ledit du Chat Montigny et leva son chappeau de dessus sa teste. Et comme ledit Sieur Giart fust aupres desdits Sieur Goudart et Rosemant qui estoient plus avant dans ladite rue d’envyron la longueur de deux poignets. Il les salua aussy, en arrestant son dit cheval pour parler audit Sieur Rosemant. Ledit du Chat Montigny suyvant a pieds ledit cheval qui avoit cependant traversé ladite rue comme pour entrer au logis dudit Sieur Reisbergers leva ledit gros baston qu il portoit et le tenant a deux mains il en frappa de toute sa force sur la beste dudit Sieur Giard jusqu'a deux ou trois coups sans pouvoir cognoistre qui c estois. Et depuis aurois recognu estre ledit Sieur Montigny desquels coups ledit Sieur Giart demeura comme estourdy baissant la teste sur l’artoy de la rue et redoubla ledit Montigny dudit baston plusieurs coups, pendant lesquels ledit Sieur Giart ayant tirer son espée hors du foureau ledit du Chat Montigny gui s’estoit tenut contre luy saissi d’une main ledit espée contre la garde,s’efforceant de l’arracher audit Sieur Giart sur lequel il continuoit de frapper de l’autre main avec ledit baston, duquel il luy bailla quantité de coups pendant lesquels ledit Sieur Giart tourna son dit cheval et feist lascher sa dite espée audit du Chat Montigny qui aussy tost s enfuyst hastivement audit logis de Florentin Simonin, et a l’instant ung valet ne scait a qui il est parust sur les degrés de ladite porte portant un mousqueton avec lequel il entra dans ledit logis. Ce que voyant ledit Sieur Giart qui avoit poursuivys ledit du Chat Montigny au devant de ladite porte et y estoit arresté, proferant ces mots, Lasche, poltron, en disant se tournant deven eulx, Messire Roun voye comme on fraist ceux qui se metent de debvoir de servir fidellement le Roy il feist marcher son dit cheval, comme pour aller deven le logis de Monsieur de Rosiere gouverneur dudit Marsal. Et aussy tost que ledit Sieur Giart s’en y fust allé ledit du Chat Montigny resortit dudit logis portant ledit mousqueton traversa la rue s’arrestant et voyant son arme sur un bar pour l’accomodé et le mesme sarcon entrant habillement dans une escurie avec une bride de cheval en main, quant ledit Montigny audit cheval Va, va, vite viste. Qu’est tout ce qu il a dit scavoir, et a signé Rosemant             [paraphe]


 

Florentin Simonin laboureur à Marsal aage d’envyron trente ans adjourne adjure d’heuement et interrogé sur ce dont s’agist.A dit:

Qu’au commencement du mois de novembre dernier le Sieur du Chat Montigny officier de la Garnison dudit Marsal eust son logement en la maison ou il a tousiour esté jusqu’au mardy vingt unième jour du présent mois de janvier qu il s’est absenté au subiest de ce qui s’est passé entre luy et le Sieur Giart directeur de la Salline dont il n’a veu aucune chose estant lors au charois du bois par la Salline dudit Marsal. Mais seulement ledit jour de mardy envyron les sept heures du matin auparavant qu il allast audit charois, le valet dudit du Chat Montigny nommé Matz qui est allemand, luy dit qu il se doubtois que son maître vouloit fere quelques mauvais coups parce qu’estant le soir retiré en sa chambre sur l’heure de minuit il s’estoit faist apporter des bastons, lesquels n’ayant pas jugé assé gros, il en avoit faist chercher d’autres par Jeanne suisse servante qui ayant apporté trois manches de fleaux il avoit choisy le plus gros et plus long, et se couchant l’avois mis au pres du chevet de son lict, et le matin s’estant levé il s’estoit saisy dudit manche de fleau et avoit mis sur son costé une grande espée qu il n’avoit pas accoustumé de porter comme aussy il luy avoit commandé en se couchant de seller son cheval des le matin, attacher son pistolet à l’arçon, le bander et amorcer bander aussy et amorcer son mousqueton et son grand fusils, de le metre dans l’escuyrie aupres de son dit cheval ce qu il avoit faist. Et par effect ledit Simonin estant au mesme temps entré en laditte escuyrie il auroit vue ledit cheval sellé deux pistolets a l’arçon de la selle, et le mousqueton et grand fusil dudit Montigny aupres dudit cheval, d’ou il auroit pris subiest de demander audit valet allemand, s’il ne scavoit point a qui son dit maître en vouloit. Lequel allemand luy avoit respondu qu’il n’en scavoit aucune chose. Mais seulement il avoit recognu que ledit du Chat Montigny son maître estoit en colere depuis deux ou trois jours, de ce que ledit Giart luy avoit retranché des paniers de munition. Et ne pensant pas luy ledit Simonin que ledit Montigny voulust attenter sur la personne dudit Dieur Giard il se seroit acheminé audit charois sans parler a qui ce soit de ce que dessus. Scait aussy ledit Simonin que le cheval dudit Montigny fust tous temps sellé l’avant-veille dudit jour de mardy et neantmoins il ne fust pas tiré hors de lescuyrie ledit jour. Scait encore que les huit derniers jours ou envyron que ledit Montigny a esté chez luy il « Montigny » luy a fourny chacun jour douze et treize panier de munition en eschange desquels il deposant luy a baillé du vin et doits doner du bled froment par convention arresté entre eulx a la sollicitation dudit Montigny a raison d’un bichot et quart de bled pour vingt trois pains, de qui precedemment ledit Montigny fournissoit chacun jour pareille quantité de pains ou envyron a la femme de Jouneron cabaretier et aubergiste de la Garnison qui les tenoit pret dré ce en luy, ou il a veu a rester cent pains que ledit Montigny reservoit pour deux gallons et ses chiens. Qu’est tout ce qu’il a dit scavoir et a signée  florentin Simonin     [paraphe]

 

Toussaint Lemay laboureur a Marsal aagé de trente ans ou envyron adjouné et adiurné comme les presents tesmoins A dit

Qu il scais que le mardy vingt et unième jour du présent mois de janvier envyron les neufs heure du matin, estant dans le logis de Florentin Simonin ussy laboureur audit Marsal il entendit du bruit en la rue qui l’occasionna de sortir sur les degrés de la porte ou estant il veist au devant du logis dudit Marange, le Sieur Giart directeur de la Salline, monté sur un cheval gris et le Sieur du Chat Montigny officier de la Garnison de ce lieu, a pied aupres de luy, lequel du Chat Montigny frappoit a grands coups sur ledit Sieur Giard d un gros baston qu il tenoit de l une de ses mains, et de l autre main il tenoit une espée nue, que ledit Sieur Giard tenoit aussy; laquelle espée ledit Sieur Giard ayant faict quecter audit du Chat Montigny, et se mestant en debvoir de se deffendre, luy ledit Lemay pour eviter la geur et ce qui pouvoit arriver, rentra dans ledit logis, ou ledit Montigny l’ensuyst et entra au mesme instant fermant la porte qpres luy, et aussy tost il luy fust porté par un sien vallet allemand de nation, ung mousqueton duquel s’estant saisy il regardoit attentivement par les ouvertures et fentes des fenestres et de ladite porte, et voyant que ledit Sieur Giard qui l’avoit poursuivy jusqu’aupres de ladite porte s’estoit retiré, il resortist et entra dans l’escuyrie dudit Simonin que est de l’autre costé de la rue disant et repetant precipitamment, Mort Dieu mon cheval, lequel cheval qui des auparavant estoit sellé et bridé avec deux pistollets a l’arcon de sa selle, luy ayant esté au mesme instant presenté par son valet Il monta dessus hastivement et s’achemina deven la porte de ce dit lieu portant ledit mousqueton, et estant suivy de son dit valet allemand qui portoit ung grand fusil sur son espaulle ne les ayant point veu du depuis. A de plus dit qu’estant rentré au logis dudit Simonin et rencontrant le vallet allemand dudit Sieur Montigny auquel il auroit dit que ledit son maître avoit donné plusieurs coups de baston audit Sieur Giard. Icelluy auroit reparty je l ay bien dit qu il en battroit quelqu’un/ Qu’est tout ce qu il a dit scavoir touchant le faict en question et a signé Toussaint Lemay

 

Jeanne suisse servante a Florentin Simonin tesmoing precedent ouy aagé d’envyron vingt trois ans adjournée adjure et interogée comme le devant, A dit

Que la veille du vingt et unième du present mois envyron les dix a ung heure du soir, ledit Sieur du Chat Montigny estant entré pour s’aller coucher il feist cercher par son valet des bastons par la maison et n’en trouvant a sa fantaisie d’asséz gros, il fust pris ung manche de fleau duquel elle se servoit de quenouille pour filer. Lequel, ledit Sieur Montigny feist mestre aupres de son lict, et commanda a son valet que des les sept heures du matin il ait du feu en sa chambre contre son ordinaire d autant qu il ne se levoit les autres fois que sur les dix a ungs heures. Arriva qu’envyron les neufs heures dudit vingt et unième du present mois, elle estoit au poisle qui filoit, entendit sur la rue ledit Montigny qui battoit a grands coups de baston ledit Sieur Giard. Et qu’ayant faiet et rentré en leur logis il s’escrioit, Mon cheval, mes armes, de quoy elle estant toute estonnée elle n’eust l’asseurance de sortir dudit poisle, seulement scait elle qu’apres lesdits coups donnés Il monta a cheval en grande diligence et sortit de la ville sans qu’elle l’ait veu du depuis./. A dit aussy que ledit Sieur Montigny a heu vendu des paniers de munitions au sergent Jounenot de mesme qu’audit Simonin son maître, pour lesquels paniers en nombre de quelques fois douze et treize par jour son dit maître luy payoit en vin. Qu est tout ce qu’elle a dit, et de quoy lecture luy ayant esté faicte y a persisté et n’a signé parce que n’en avoir l esage           [signature]



Marienne de la Tour femme a Florentin Simonin tesmoing cy devant ouy, aagée d’envyron quarante cinq ans adjournée et d’heuement adiurée de dire verité

A dit n’avoir veu battre n’y frapper ledit Sieur Giart mais qu’ayant entendu du bruit sur la rue, elle apprit que c’estoit le Sieur du Chat Montigny qui battoit ledit Sieur Giart a coups de baston. Et s acheminant par la porte de leur logis elle veist icelluy Sieur du Chat qui rentroit tout effarocher et ayant ung manche de fleau en mains estant poursuivi par ledit Sieur Giart qui avoit l’espée nue en mains, luy criant Tu m’a frappé par deux comme ung traitte. En s’estant icelluy du Chat sauvé en sa chambre voyant que ledit Sieur Giart alloit droit au logis de monsieur de Rosiere bonnement sortist et courut droit a l’escurye ou il avoit desia auparavant fait porter les armes monta a cheval et incontinant s’en alla courant et ne la veu du depuis./. A de plus dit que depuis le mois de novembre dernier que ledit Sieur Montigny a esté logé chez eulx. Pendant ce temps il a fait vendre par chacun pour quelques paniers de munition a sergent Jounenof. Et du depuis a elle, et  parfois y en avoit douze a quinze paniers par jour, et pour paie de quoy il luy estoit delivré de vin, ou de bled a raison d’un bichon et quart pour vingt trois paniers. Qu est tout ce qu il a dit scavoir du fait et n’a signé parce que n’en avoit l esage comme elle a declaré          [signature]



Le Sieur Willhem Reisberger receveur de la Salline de Marsal aagé d’envyron trente quatre ans adjourné adjuré et interogé comme les precedents tesmoins A dit./.

Que le dix neufieme du courant le Sieur du Chat Montigny Lieutenant de la Compagnie de Messire d’Hornille son frere qui est du corps de la Garnison de ce lieu de Marsal, viens sur le soir au logis du deposant pour faire peser quelques argents qu il disoit avoir receu de monsieur ou madame de Rosière. Et apres quelques discours tenus, Messire Giart directeur des Sallines de Saulnois intervient. Auquel ledit Sieur Montigny dit Ca tandin que je suis a paier de tous doi__ dix francs et demy les toutes vaux. Tenéz dit il au deposant Pesez luy de cest argent pour dix francs et demy. A quoy ledit Sieur Giart replicqua qu il n’estoit besoing, et qu il luy feroit d escompte sur la paie qu il luy failloit faire le lendemain. Il demanda a combien il l’avoit reiglé Il luy dit a cinquante hommes. De quoy il tesmoigna quelques mescontentements Sur quoy ledit Sieur Giart sans autres discours sortit du logis Et ledit Sieur de Montigny demeurant encore quelques peu de temps et dit que sy on ne luy passoit sa Compagnie qu’a cinquante hommes, qu il scavoit bien ce qu il feroit, qu il prendroit les prests seulement et que ledit Sieur Giart payeroit les soldats s’il vouloit, et qu il ne vouloit estre valet pour rien, qu il luy coustoit beaucoup pour avoir mis sa Compagnie sur pres. Des le 21e  consecutivement envyron les huit heures du matin ledit Sieur de Montigny viens au logis dudit deposant demandant s il le vouloit paiez. A quoy il luy feist respondre qu’ouy qu il y avoit argents prest pour luy et sa Compagnie et croit luy avoir fait veoire l’ordre par escrit qu il avoit dudit Sieur Giart a cest effect. A quoy il dit qu il ne vouloit que ses prests et non ceulx des soldats. Ledit deposant luy pria de l’excuser qu il ne luy pouvoit donner qu il n ait signé le blanc ou autrement appellé roolle. Ainsy que sont les officiers qui recoivent pour les Compagnies Sur quoy ledit Sieur Montigny luy demanda Me le refusez vous Le deposant luy dit qu il prioit de l’excuser qu il ne pouvoit autrement sans en avoir parlé audit Sieur Giart, ou qu il luy failloit parler, apres quoy il sortit disans Adieu. Lecture luy ayant esté faicte et a persisté, et a signé     W Reisberger      [paraphe]



Messire Nicolas Gilles hostellain a Marsal et munitionnaire de la Garnison dudit Marsal adjourné adjuré et interogé; se disant aagé de quarante et un ans

A dit qu il n’estoit présent lors que le Sieur Montigny eust prise avec ledit Sieur Giard. Mais scait qu’auparavant la reveue qui fust faicte le dix huitième du présent mois par ledit Sieur Giard aux Compagnies d’Infanterie tenant Garnison audit Marsal, ledit Sieur du Chat Montigny tiroit de luy deposant chacun par soissante six lesdites rations de pains pour la Compagnie du Sieur d’Hornille son frere, duquel il est lieutenant Lequel nombre de rations a esté reduit et moderé par ledit Sieur Giart depuis ladite reveue a cinquante rations. Et s’estant le valet dudit Sieur Montigny present pour avoir lesdites rations a l’ordinaire luy estant dit par luy qui parle qu elles estoient reduittes a cinquante. Icelluy ne les auroit voulu recevoir, a cause que le jour precedent, il luy auroit delivrer soixante sept pains, qui estoient [mot rayé] plus davantage qu il ne luy tenoit, ainsy luy vouloit desduire lesquels dix sept rations./. Scait aussy ledit Gillet que s’estant rencontré a boire avec ledit Sieur du Chat Montigny, il luy proposa de traicter avec luy de quelques pains qu il avoit bon de ladite quantité, alleguand audit Gillet de luy bailler en eschange desdits pains, du bled froment, ce que luy deposant ne voulut faire. Ce que voyant ledit Sieur de Montigny dit qu il en traicteroit avec son hoste et que pour vingt trois pains il auroit ung bichot et quarts de bled. Qu’est tout ce qu il a dit scavoir et a signé. Lecture luy ayant esté faicte y a persisté Nicolas gillet



Messire Nicolas Bardouillot chirurgien a Marsal aagé de trente neufs ans ou envyron, adjourné adjuré et interogé comme les precedents A dit

Ne scavoir aucune chose de la querelle avvinée entre les Sieurs Giard et Montigny. Mais bien scait que le mardy vingt et unième du present mois Monsieur de Roziere gouverneur audit Marsal l’ayant envoyé querire en son logis ou il y trouva ledit Sieur Giart qui faisoit ses plaintes a mon dit Sieur de Rosiere luy disant qu il avoit esté maltraicté et outragé de coups en sa personne par le Sieur du Chat Montigny officier en ceste Garnison. Peu apres fust luy deposant appelé par ledit Sieur Giart, pour le penser et medicamenter de ses coups et blessures. Auprès duquel estant parvenu auroit trouvé et recognu avoir une grande contusion derriere l oreille s en estre paroissant de la longueur de la paulme de la main. Sur autre pareille contusion sur la main s en estre contenue tout le corps et metacarpe en sa partie postérieure. Vue autre contusion en la partie s en estre entre la derniere vrayment coste et premieres fautes laquelle luy auroit empesche la respiration, pour laquelle empesche ensemble des autres accidents qui en auroient peu arrivée luy auroit tiré du sang jusqu'a la quantité de neufs onces, et plusieurs autres coups parmy le corps, sans toutesfois y avoir autre grande apparences de meurtrissures sur lesquelles contusions cy devant luy auroit luy deposant applicqué des madicaments et emplastres a ce convenable. Qu’est tout ce u’il a dit scavoir et signer. Lecture luy en ayant esté faicte et a persisté NBardouillot chirurgien [paraphe]

 

Faict à Marsal le an et jour avant dit par le soubscreit

[Signature, paraphe]

[Signature, paraphe]

                    [Signature, paraphe]

Greffier.

 

Le soubsigné procureur du Roy qui a heu l’occasion des presentes informations requiert commission de prise de corps luy estre deven contre le Sieur du Chat Montigny, lieutenant general Compagnie d’Infanterie dans la Garnizon de Marsal, pour tenant prisons fermés estre en ouy et interogé sur les charges resultantes desquelles informations et ou tout proces verbal dressé et consigné y dire et requeri pour le Roy ce que de raison. Et au cas que ledit du Chat Montigny ne pourroit estre apprehendé qu il soit appellé a trois briefs jours. En cas de ban et bannissement, tous et ungs chacun ses biens saisis et annottés, regis et gouverné par commission qui sera estably a cest effect.
Faict a Nancy le troisieme febvrier 1642. Signé Gevin avec paraphe.
 

Veu lesdites informations du vingt sept et vingt huitième du mois de janvier dernier, conclusions du procureur du Roy en notre intendance de ce jour. Nous avons ordonné et ordonnons que ledit du Chat Montigny sera pris et apprehendé au corps, et icelluy mis soubs bonnes et seurs garde aux prisons royaulx de la ville de Marsal pour estre a droit sur les charges et informations contre luy faictes. Et ensuitte luy estre son proces fait et parfaict jusqu'à sentence diffinitive exclusivement par les juges ordinaires de la intendance dudit Marsal que nous avons constitué a cest effect. Et on pris ou apprehendé ne pourroit estre sera assigné a trois briefs jours. En cas de ban et bannissement avec saisie et annotation de ses biens et son proces instruits par Contumas pour le tout a nous rapporté estre ordonné ce que de raison. Mandons à tous qu il appartiendra de tenir la main a l exécution du present decret. Prions monsire Rosiere de prester main forte sy besoing est.

Fait a Nancy le treizieme febvrier 1642. Signé Vignide

Les prevost maires eschevins et seur de intendance de Marsal, pour cest part par Monsieur Vignide Intendant de Lorraine qui ont veu les conclusions du Sieur Genin procureur du Roy en l’intendance de Lorraine demeurant a Nancy du troizieme du present mois L’ordonnance de mon dit Sieur l Intendant de mesme jour au ban d Icelle en suitte de tout quoy ordonnent a Jacques Bar doyen de ladite intendance de prendre et apprehender au corps le Sieur du Chat Montigny lieutenant d’une compagnie de ceste Garnison. ___ de cas exorte et delivre mentionne en la presente information faicte contre luy, et par luy coin comme en la personne du Sieur Francois Giard  directeur des Sallines du Saulnois, et mectre soubz bonne et seure garde en prisons royalles de ce lieu, pour estre a droit et respondre sur les charges portees, lesquelles informations. Et pour en proceder, nous implorons l’autorite de Monsieur de Rosiere gouverneur de cest place pour prester la main forte en cas de besoing. Et  fera ledit doyen rapport par escrist de ses debvoirs et exploists.

Faict a Marsal ce cinquieme jour de febvrier 1642.

[Signature et paraphe]

 

Le soubscrist doyen en la Intendance de Marsal certiffie qu’en vertu de l’ordonnance cy dessus, et en suitte de la permission verballe de Monsieur de Rosiere gouverneur audit lieu, en a regle dudit Sieur Giart et Alain Jonict ledit Sieur procureur. Il s’a ce jourd’huy quatorzieme febvrier1642, en presence de Menguis Poirxin et Jean Claudon jeune fils demeurant audit Marsal apelléz pour reconu transporté dans la maison de Florentin Simonin dudit lieu hoste audit Sieur du Chat Montigny lieutenant d une Compagnie en ceste Garnison. Ou estant il a reguis audit Simonin de luy declairer ou estoit lesit Sieur Montigny et s il estoit en son logis aux fins de l’apprehander au corps conformement auxdits ordonnances cy devant. Lequel m a faict response qu il ne scait presentement ou il peult estre, et que depuis trois sepmaines ou envyron il s’est absenté dudit Marsal, et croit estre au subiest de la difficulté arriver estre luy et ledit Sieur Giard tesmoing. Le Seing dudit doyen cy mis./

J.Bart doyen [paraphe]

 

Les prevosts, maires, eschevins et gens d Intendance de Marsal comme ceste parts qui ont veu la relation Jacques Bar doyen, partout qu’en vertu de leur commission et ordonnance dattee du cinquieme du courant cy dessus, en suitte de la permission verballe de Monsieur de Rosiere gouverneur dudit Marsal. Et a regler duy denommé Sieurs Giard, a luy jouinct le Sieur procureur du Roy en l’Intendance de  Lorraine. Il s’est le quatorzieme suyvant en presences de Mengrin Poirxin et Jean Claudon dudit Marsal appeléz pour reconu, transporté en la maison de Florentin Simonin dudit Marsal, hoste dudit Sieur du Chat Montigny lieutenant d’une Compagnie d’Infanterie en la Garnison dudit lieu, Arret de l’apprehender au corps conformement aux ordonnances cy devant. Ou il ne l’auroit trouvé et ledit Simonin faict de respondre qu il ne scavoit ou ledit Sieur Montigny pouvoit estre et que depuis trois sepmaines ou envyron il s’estoit absenté de son logis dudit Marsal et qu il croit estre au subiest de la difficulté arrivée entre luy et ledit Sieur Giart. De sorte que ledit doyen ne l’auroit peu apprehender avec causes et suyvant lesquelles requises et ordonnances. Avons ordonné et ordonnons audit doyen d’adjourner ledit Montigny a trois briefs jours. Et le quatrieme d’absence a peine de ban et bannissement, a comparoir par devant nous audit Marsal en l’auditoire des causes ordinaires pour respondre sur les faicts et charges portées en presentes informations faictes et instruittes contre luy. Scavoir le premier adjournement a mardy prochain dix huitieme du present mois, huit heures du matin attendant neuf.Et cependant tous et uns chacun ses biens seront saisis etannotéz par les doyens et notaires et greffiers ordinaires a cest effect couramment

De tout quoy sera dresse rapport et verbal par escris ce que deraison. Faict a Marsal ce quinzieme febvrier 1642.

[Signature et paraphe]

Le soubscrist doyen en la Intendance de Marsal certiffie a tous qu il appartiendra qu’en vertu de la permission verballe de Monsieurde Rosiere gouverneur audit lieu, et de l’ordonnance du quinzieme du present moi de Messires les prevosts, maires eschevins et gens de l’Intendance dudit Marsal considerant ceste part, en suitte du renvoy a eulx faict par Monsieur l’Intendant, Je me suis ce jour d’huy quinzieme dudit febvrier transporté dans la maison de Florentin Simonin laboureur audit Marsal hoste au Sieur du Chat Montigny lieutenant d’une Compagnie en la Garnison dudit lieu, ou estant j’aurois a l’instant et regle dudit Sieur Giard directeur des Sallines de Saulnois, a luy joinct Messire le procureur en l’Intendance de Lorraine, demeurant a Nancy assigné pour la presente fois a trois briefsjours ledit Sieur du Chat Montigny en la personne de Florentin Simonin son dit hoste pour estre et comparoir a peine de ban et bannissement mardy prochain dix huitieme dudit present mois par devant lesdits Sieurs de Justice en l’auditoire des causes ordinaires audit Marsal huit heures du matin attendant neuf pour respondre sur les faicts et charges portées en informations cy devant, faictes et instruittes contre luy. Lequel Simonin m a faict respondre que ledit Sieur Montigny s’est absente dudit Marsal depuis quelques trois sepmaines ou envyron, et qu il ne vouloit prendre aucune cognoissance dudit ajournement, ny de l affaire dudit Sieur Montigny.Ce que veu j’aurois fait assigné de mon present rapport a la porte de la maison dudit Simonin a ce que ledit Sieur du Chat Montigny n’en puisse presenté aucune cause d ignorance.

Presence Jean _____et ______Lemay demeurant audit Marsal tesmoins./.

JBar [paraphe]

 

Et de mesme suitte, j’ay par continuation d’exploists et en suitte de ladite ordonnance desclarée audit Simonin que je saisissois entre mes mains. Comme de fait, j’ay saisy et mis soub l’autorite de justice tous ce entierement qu il a et peulx avoir en sa puissance appartenant audit Sieur Montigny, avec deffence d’en vuider ses mains qu’avent n’en soit ordonné par justice a peur d’en respondre audit commandeur. Fait audit Simonin d’exhiber audit subscrist ___ juré et doyen comme cestepart. Ce qu il peult avoir a luy appartenir a ce d’en ses inventaires Lequel a aussy faict response qu’il ne scait aucune chose en sa puissance qui luy appartient. De tout quoy lesquels soubssignéz en ont dressez le present etat verbal, presence desdits tesmoins ‘/.

JBar doyen [paraphe] [Signature greffier avec paraphe]

 

du dix huictieme febvrier 1642 a l’extraoridinaire.

Sur l’adjournement donné a ce jour d’huy au Sieur du Chat Montigny lieutenant d’une Compagnie d’Infanterie en la Garnison de Marsal a trois briefs jours et aux fins de ban et bannissement en suitte des conclusions du Sieur Procureur du Roy en l Intendance de Lorraine du troisieme du courant, de la commission de Monsieur l’Intendant dydit baux portant pouvoir a nous prevosts, maire eschevins et gens Intendance de Marsal de proceder auxdits adjournements jusqu’au quatrienme d’abondant de formalizer le present proces jusqu’a si_ diffinitive exclusivement pour puis apres luy estre ledit proces renvoyer; notre commission du cinquieme febvrier suyvant ordonnant a Jacques Bar notre doyen d’apprehender au corps ledit Sieur du Chat Montigny. Sy apprehendé pouvoir estre, pour estre conduit et mis aux prisons royaux de ce lieu pour estre a droit sur les charges resultantes la presente information implorant a cest effect l autorité de Monsieur de Rosiere gouverneur de ceste place. Le rapport dudit doyen du 15e dudit mois certiffiant qu’en suitte de la permission verballe de mon dit Sieur le gouverneur et de notre dite commission se seroit transporté chez Florentin Simonin hoste audit Sieur Montigny aux fins de l’apprehender. Lequel Simonin luy auroit faict response qu il s’estoit absenté de ce lieu depuis envyron trois sepmaines et ne scavoit ou il estoit presentement. Avec notre commission du 15e suyvant, ordonnant audit doyen que pour l’absnce dudit Sieur du Chat Montigny il ait a l’adjourner a trois briefs jours et le quart d’abondant aux fins avant dites pour comparoir par devant nous a ce  jour d’huy en l’auditoire des causes ordinaires huit heures du matin attendant neuf, pour respondre sur lesdites charges. Et que cependant tous et uns chacun ses biens seroient saisis par ledit doyen et annottés par notre greffier ordinaire audite relation

 

Ce jour d’huy 28e de janvier 1642, sur les requises faictes a nous commissaires deputés ceste part soubscriste par le Sieur Giart directeur des Sallines de Saulnois, d’entendre Monsieur de Rosiere gouverneur de Marsal, de ce qu il peult scavoir des exces commis en sa personne par le Sieur du Chat Montigny. Nous nous sommes acheminéz au logis de mon dit Sieur de Rosiere et luy ayant communiqué de ceste affaire, il nous a declairé, que le dix huictième de ce mois  en suitte et d’ordre de Monsieur l’Intendant, ledit Sieur Giart auroit procedé a la reveue des Compagnies d’Infanterie de ceste Garnison. Et qu’ayant recognu celle y commandé de fere et seue au mois de novembre dernier par le Sieur du Chat d’Hornille duquel ledit Sieur Montigny son frere est lieutenant, y auroit plusieurs hommes qui ne devoient effectivement. De quoy mon dit Sieur de Rosiere fust adverty par ledit Sieur Giart, eut dont supputation seroit esté faicte et arresté par icelluy en la presence de mon dit Sieur de Rosiere en nombre d’hommes de chacune desdites Compagnies et notamment celle dudit Sieur d’Hrnille que fust reiglée precisement par mon dit Sieur de Rosiere a cinquante hommes y comprise les sergents. tambour, soldats sains et malades. Ladite reveue et reigle estant ainsi faict, ledit Sieur Giart s’estant le 20e dudit mois portée en la salle du logis de mon dit Sieur de Rosiere y auroit rencontré ledit Sieur de Montigny qi l’attacqua de parolles assé facheuses et picquantes se plaignant de ce qu’on luy avoit reduit sa dite Compagnie a cinquante hommes et qu il n’auroit pas beaucoup de reste pour luy.

Ce qu’entendant mon dit Sieur de Rosiere qui estoit en ladite salle auroit tiré a part ledit Sieur de Montigny, et le reprimandé de ceste action, luy faisant entendre qu il n’avoit aucun subiest de se plaindre dudit Sieur Giart et que s’estoit luy mesme qui avoit ainsy reiglé et reduit ladite Compagnie dudit Sieur d’Hornille son frere ausdits cinquante hommes. Ce qui causa que ledit Sieur Montigny cessa de tenir plus de propos faccheux pour ceste fois audit Sieur Giart.Au contraire le reste dudit jour ils jouerent par ensemble en la chambre de mon dit Sieur de Rosiere avec d’autres. Mesme ledit Sieur Giart presta audit Sieur Montigny des jectons pour dix sept francs dont il luy demeura redevable al’issue du jeu’/.

Tous ayânt en outre declairé mon dit Sieur de Rosiere que Le mardy 21e dudit present mois envyron les dix heures du matin Ledit Sieur Giart se seroit addressé à luy, et faict les plaintes que  ledit Sieur Montigny l’avoit battu et fort outragé traitreusement a coups de baston luy suppliant de le faire arresté. Ce qu’entendant mondit Sieur de Rosiere instamment auroit commandé a la Garde de la porte de la ville de ne laisser sortir ledit Sieur Montigny et l’auroit faict cercher pour l’arrester et mestre soubz garde. Ce que neantmoins ne l’auroit peu fere a cause qu il estoit Jà sorty sois de ladite ville. Et sou l’advertissement que mondit Sieur de Rosiere eust qu il estoit a Viry en Noya aussy tost le Sieur Majore de ladite Garnison avec des soldats pour l’y arrester et ramenner en ce lieu. Mais il ny fust rencontré ny trouvé pour en estre Icelluy Jà sorty ainsy que le rapport en fust fait a mondit Sieur de Rosiere par ledit Sieur Majore. De tout quoy nous en avons dressé le present verbal pour estre joinct a l’information par nous faicte pour servir et valloir au besoing sera ce que de raison, audit Marsal les an et jour avant dite.

[Signature avec paraphe]

[Signature, titre avec paraphe]

[Signature avec paraphe, greffier]

 

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