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Louis BOLDUC et Élisabeth (Élisabelle) HUBERT
par Gilles Tremblay

Gilles Tremblay

 
 
   

L'histoire de Louis et de Élisabeth sort des sentiers battus à plusieurs égards. D'abord par leur origine et le motif de leur présence en Nouvelle-France, les intrigues dans lesquelles ils ont trempé et le traitement de leur descendance.

Louis est né vers 1648 à Paris dans la paroisse Saint-Benoît du cinquième arrondissement. Son père Pierre1 et sa mère Gillette Pijart tenait une épicerie2 sur la rue Saint-Jacques en parfait accord avec sa profession de maître apothicaire. Une épicerie, à l'époque, était une boutique où l'on vendait des épices. Cette boutique était essentielle pour le travail d'un apothicaire sérieux qui était les pharmaciens de l'époque. Leur tâche consistait à concocter des médicaments à base d'herbes médicinales, de produits chimiques et plus rarement des poisons pour soulager les maux dont les clients souffraient « Les apothicaires et apothicairesses étaient les précurseurs des pharmaciens. Ils préparaient et vendaient les drogues et médicaments pour les malades. « Apothecarius » vient du latin et signifie « boutiquier » ce qui correspondait aux pratiques des XIIIe et XIVe siècles, où la boutique était l'élément qui différenciait le commerçant sérieux du charlatan de passage. »3.

 

2. Signature de Louis Bolduc

     

1. Pierre BOLDUC vers 1650,
père de Simon et Louis [1]
 

 


3. Apothicaire
par Jost Amman et Hans Sachs Frankfurt 1568

D'après l'histoire familiale, les parents de Louis étaient des bourgeois prospères. Car tout indique que Louis a appris à lire et écrire. Pour qu'un enfant de l'époque puisse faire ces apprentissages, il fallait que sa contribution à la survie de la famille soit marginale.

Ses grands-parents paternels étaient Louis, maître-épicier aux Halles et Françoise Lebrun et ceux maternels Adam Pijart, orfèvre et joaillier attitré de la reine Marguerite de Valois4 et Jacqueline Lechavon ou Charon. Nul ne sait si Louis les a connus. De plus, Louis avait au moins quatre frères5. Pierre, procureur au Grand Châtelet, Jacques et Gilles, moines augustins, ainsi que Simon, devenu l'apothicaire personnel de Louis XIV et Louis XV. Ce dernier, sûrement bien-aimé de son père devait recevoir la plus grande part de l'héritage de ses parents car sa mère, veuve, lui avait fait don de son vivant, le 26 février 1692, de tous ses biens présents et futurs. Louis était le neveu de quelques oncles célèbres. Du côté de sa mère, les Jésuites6Claude et Pierre Pijart qui ont été actifs comme missionnaire en Nouvelle-France. Comme le métier d'apothicaire n'a pas semblé lui convenir ou lui être destiné, c'est très probablement avec l'accord de son père que Louis décidait d'embrasser une carrière militaire.

En 1665, il s'enrôlait dans « la compagnie d’Andigné* de Grandfontaine du régiment de Carignan. »7 « Cette Compagnie du Régiment de Poitou était cantonnée à Blaye, 33390,Gironde; Aquitaine. Elle arriva par le sud et fut une des quatre premières à être sur place, avec la Compagnie de Monsieur Perrot.


4. Simon Bolduc
 frère de Louis

A bord de L' Aigle d' Or de Brouage. Départ de la Rochelle le 13/05/1665; Arrivée à Québec le 18/08/1665 (selon le Viateur Boulet/ Bosher). Le 8 aout , le Lieutenant de L' Aigle D' or arrive ayant laissé son navire et celui du capitaine Guillon au Moulinbault ( Moulin Baude près de Tadoussac), il repart après avoir obtenu 4 pilotes du sieur Tracy. »8 « La compagnie de Mont Perrot restait cantonnée à Brouage. »9

À ce point, je me questionne sur le lien entre l'enrôlement de Louis et des fournitures livrées à Québec dont le père de Louis a reçu quittance durant l'année 1665 « Le 5 septembre 1665, un marchand de Paris, François Meslier, donne quittance de 300 l.t. à Pierre Boulduc 45 pour des fournitures faites à Louis Boulduc qui venait d’arriver au Québec. »10 . Ce que ces deux événements me suggèrent c'est que la Nouvelle-France avait une existence concrète dans cette famille d'autant plus que deux de ses oncles y étaient étroitement liés. La note précédente suggère que le déplacement était planifié. Il existait donc, de la part d'au moins un des parents, des angoisses concernant le bien-être matériel de Louis De plus, son oncle Pierre Pijart, revenu de Nouvelle-France depuis plus d'une décennie a peut-être contribué à rassurer les parents et peut-être à décider Louis à s'enrôler.

 

 

 

5. Localisation
approximative de la maison en 2009

6. Localisation de la maison paternelle occupée par Louis Bolduc durant son enfance dans le faubourg Saint-Jacques tiré de la thèse de doctorat de Christian Warolin Tome II page 151

 


7. Grand Châtelet de Paris
tel que Claude Hubert l'a connu

La famille de Louis possédait, selon moi, amplement les moyens de payer le voyage de Louis en Nouvelle-France. Comme en 1665, la maturité de Louis n'était pas acquise, il ne devait pas être question pour son père de laisser son fils adolescent partir vers l'inconnu sans encadrement, ce que semble confirmer la note 10. Le régiment a donc permis au père de Louis de s'assurer que son fils bénéficierait de l'encadrement requis tout en apportant discipline et maturité. De plus, un de ses oncles demeurait à Québec. J'ai l'impression que Louis se présentait comme le fils rebelle que son père voulait mater. Cette hypothèse repose également sur l'obscure plainte d'un marchand de Bayonne, Pierre de la Lande11, qui a servi de prétexte aux problèmes de Louis. Si cette plainte possède un fondement c'est que Louis devait faire commerce lui aussi. Tout comme Jacques Duchesneau, le marquis de Denonville et Frontenac réputés arrondir, en sous-main, leur rente par le commerce. Louis ne semblait pas faire concurrence à Frontenac car il en était le protégé. Ce qui n'était vraiment pas le cas de Duchesneau et Denonville, leurs commentaires pour le moins méprisant sur le compte de Louis pouvaient reposer sur des travers de la personnalité de Louis qui semblait dissipé et désorganisé. Travers que son père devait bien connaître et qu'il pensait bien régler avec un séjour dans le régiment, en boni, la traversée était payée par le roi. Je reviendrai sur ce sujet lorsqu'il sera question des accusations portées contre Louis.

Élisabeth12 est née également à Paris dans la paroisse Saint-Gervais8, , rue de la Tissanderie, située dans le quatrième arrondissement. Son père, Claude, était vers 1650 avocat au Grand Châtelet13 de Paris et sa mère se nommait Isabelle Fontaine. Ses frères Charles-Balthazar était avocat au Parlement de Paris et Jean était commis à l'extraordinaire des guerres à Strasbourg.

Alors que ses sœurs Geneviève était mariée au sieur des Préaux Jean Aunier et Marie s'était unie à l'avocat au Parlement de Paris Louis-Claude Cartier et fait inusité elle disposait de son propre blason représenté à la figure 8. Sa dernière sœur Marguerite semble être restée célibataire.








 





8. De sinople à deux
 lettres M et H capitales d'or

 Son grand-père paternel Claude qui possédait son blason14représenté à la figure 9 était quant à lui doyen des greffiers de la chambre civile de police du Châtelet de Paris. Ses oncles Antoine était conseiller du Roi, juge et garde de la monnaie de Bayonne et Nicolas était Conseiller du Roi et commissaire général des guerres à la Résidence de la Rochelle. C'est grâce à ce dernier, décédé le 20 avril 1692, que les détails familiaux ont pu être connus. Lors du partage de sa succession15, le 28 décembre 1692, devant le notaire parisien Me Morlon que l'identité de l'ensemble de la famille est divulguée. Ses tantes Marguerite était l'épouse d'un avocat au parlement de Paris Gabriel Chicot, Madeleine s'était unie avec Jacques-Paul de Malon également avocat au parlement de Paris. Marie avec Jacques Thirement conseiller du Roi et commissaire ordinaire des guerres. L'enfant de ce couple, Anne Thirement16 suivra sa cousine Élisabeth en tant que fille du Roy et elle deviendra la conjointe de Jean-Baptiste de Peiras dont il sera question plus loin. Donc une famille de bourgeois au service de la noblesse.
« Le Grand-Châtelet fut, après le gibet de Montfaucon, l'édifice le plus sinistre de Paris, tant par sa physionomie et sa destination que par son voisinage qui faisait de ce quartier l'endroit le plus fétide de la capitale. »17 Nul besoin de dire que Claude Hubert exerçait sa profession à l'endroit le plus déprimant de Paris.






 

 


9. 9. Bandé d'argent et de sable
 au chef d'or chargé d'un lys de jardin tigé et feuillé d'argent,
 accosté de deux étoiles de même

 Il devait être un procureur que l'on craignait car les accusés à l'époque ne disposait pas d'un avocat pour les défendre. Les malheureux étaient soumis à la question préparatoire et pour les plus malchanceux la question préalable18, sévices légitimes à l'époque ayant pour but d'obtenir la vérité (comprendre la vérité désirée) ou la dénonciation des complices. Pierre, le frère de Louis, devait y travailler également comme procureur, ce qui selon moi prouve que les familles Bolduc et Hubert avaient des liens serrés.

Claude Hubert ne devait pas non plus manquer de travail, le Grand Châtelet pouvait être occupé par 250 à 300 prisonniers. Par la position sociale de son père, Élisabeth a sûrement reçu l'éducation réservée au bourgeois et aux nobles de l'époque. Elle devait être motiver par le goût de l'aventure ou par le besoin de s'imposer ou par les deux pour se retrouver fille du Roy « Cette demoiselle avait du caractère, puisque étant à Dieppe, le 17 juin 1667, elle signe une protestation contre la façon dont sont traitées les Filles du Roi durant leur transport, avant son embarquement pour la Rochelle et la Nouvelle France. »19. Peu être un peu rebelle elle aussi. Après avoir quitter sa famille, elle débarquait à Québec du vaisseau « Le Saint-Louis-de-Dieppe »20, le 25 septembre1667. Contrairement à bien d'autres filles qui se retrouvaient mariées dans les mois suivants leur débarquement, Élisabeth se permettait de prendre plus d'une année pour dénicher la perle rare de la colonie.

   

 

Pendant ce temps, Louis ne chômait pas. Peu de temps après son arrivée à Québec, soit le 2 octobre 1665, il était affecté à la construction du fort Sainte-Thérèse21. Puis le 22 du même mois, il était réaffecté à la construction d'une route reliant le fort Sainte-Thérèse au fort Saint-Louis mieux connu sous le nom de fort Chambly22.
Les travaux8terminés, les compagnies impliquées regagnaient Québec pour leurs quartiers d'hiver « Louis Bolduc est-il au nombre de ceux qui atteignent le site du futur fort Saint-Louis, au mois de septembre 1665? Si oui, il est malade, à la « suite des grandes pluies, (du) froid, pour être mal vêtus, nu pieds, et pour n'avoir pas des marmites pour faire cuire leur lard et faire un peu de potage. » Les hommes, pour qui il s'agit du premier contact avec le pays, s'y adaptent, guérissent et travaillent ferme. »
23.

Louis était démobilisé8 vers la fin de 1667 début 1668. Il a certainement vu les opportunités qui s'offraient à quelqu'un ayant sa formation et son expérience militaire. Il n'était pas non plus sans savoir qu'il y avait des opportunités de mariage. Il a certainement remarqué Élisabeth qui devait correspondre à ses attentes et aspirations.

10. Carte d'époque montrant l'emplacement
des forts le long du Richelieu

 
Fait inusité, leur engagement est consigné dans deux contrats24 de mariage au près du même notaire Jean Lecomte.
Le premier, transcrit à la page 11, en date du 8 août 1668 et le second du 18 août suivant. Il faut croire que le premier a peut-être été annulé par le second. Le nombre de pages ayant doublé, ceci dénote que les futurs époux ont augmenté la précision de leur engagement

Le 20 août 1668 en l'église Notre-Dame de Québec Louis et Élisabeth unissait leur destinée. Élisabeth avait sûrement remarqué que Louis détenait une éducation correspondant à celle qu'elle avait elle-même reçue et qu'il devait détenir le potentiel nécessaire pour gravir les échelons de l'aristocratie locale. De plus, tous deux étaient des parisiens.


11. Plan du Fort Ste Thérèse



 

 


12.Effigie de Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville
 

La maigre solde de Louis incluant les 300 livres de marchandise reçue de son père en 1665 et la dot d'Élisabeth qui devait être sérieusement entamée au moment du mariage a certainement incité le jeune couple à faire appel aux parents. Je suis convaincu que Louis a écrit à ses parents en 1668 pour leur annoncer qu'il désirait s'établir en Nouvelle-France avec sa nouvelle épouse. Cependant rien n'indique que Élisabeth ait fait de même. Ceci s'expliquerait dans le cas du décès de ses parents et rien n'indique qu'effectivement ils soient décédés à cette date. La présumée lettre de Louis devait faire appel aux ressources financières de sa famille. En effet, selon Yan Bolduc25, la mère de Louis, Gillette Pijart, devait répondre favorablement à la requête de son fils en confiant le 17 mai 1669 au père Paul Ragueneau de l'argent pour le bénéfice de son fils. Après vérification, il est plausible que le père Ragueneau ait reçu cette commission de madame Pijart car il était revenu26 de Nouvelle-France depuis le 12 août 1662 et qu'il est décédé en 1680. De plus, Ragueneau était jésuite comme les frères de madame Pijart, il devait donc se connaître. Cependant, Paul Ragueneau a dû confier la remise de cet argent à une tierce partie car il n'est jamais retourné en Nouvelle-France après son retour en France. Ce qui est encore plus intéressant, toujours selon Yan Bolduc, c'est que dès le lendemain de cette commission, Pierre Bolduc, le père de Louis, enregistrait une avance d'hoirie25 de 1 500 livres à son fils Louis. Il est nécessaire de préciser qu'au lieu d'écrire, Louis serait peut-être retourner en France pour rencontrer ses parents.
« Le 18 mai 1669, Louis étant de passage à Paris logé chez ses parents et « estant sur le point de s’en retourner en lad. ville de Kébec » supplie ceux-ci « de le vouloir assister de quelque chose pour faire son establissement et négoce de marchandise ». Il reçut 1 500 l.t. en avancement d’hoirie 46. »27 
Avant son départ, Élisabeth était alors enceinte de son premier enfant, elle n'a sûrement pas été du voyage car l'enfant est né en Nouvelle-France. Car si Louis était parti le jour même de son avance d'hoirie de Paris, il aurait été très serré d'être revenu en Nouvelle-France pour le 10 juillet lors de la naissance de l'enfant qui a été baptisé quatre jours plus tard dans l'église Notre-Dame de Québec ou d'être parti pour la Nouvelle-France car cela porte le moment de la conception au début de novembre 1668, période limite de départ d'un navire de Nouvelle-France. Si l'enfant était même que légèrement prématuré le voyage de Louis devient plus qu'improbable La date d'achat de la terre de Charlesbourg correspond bien à un retour de Louis ou du courrier vers la fin de l'été. Cette avance n'aurait pas pu se produire sans le support de son père Pierre car sa mère Gillette ne semblait pas détenir les mêmes dispositions envers son fils indocile. Quelques années auparavant, le 30 avril 1666, Pierre Bolduc testait. Il conjurait sa femme Gillette de bien «
 vouloir un jour avoir la bonté de pardonner à tous les mauvais déportemens de la vie passée de Louis Boulduc, nostre fils, comme je luy pardonne, si tant est qu’avec la grâce de Dieu, comme je l’espère, estant revenu à resipiscence par la recognoissance de toutes les faultes qu’il a cydevant faict, il fasse toutes les soubsmissions requises et nécessaires en pareil cas et rencontre et, ce faisant, qu’elle l’assiste charitablement et raisonnablement de ses bons advis et conseils [...] »28. Il faut croire que Louis a peut-être tout reçu son héritage par la suite ou il n'a pas fait «  toutes les soubsmissions requises et nécessaires en pareil cas »29 car le testament de Gillette du 26 février 1692, précise qu'elle faisait don de tous ses biens présents et futurs à son fils Simon, apothicaire renommée qui n'en n'avait certainement pas besoin « Gillette Pijart donne tout ses biens meubles et immeubles lui appartenant ou qui se trouveront lui apparternir le jour de son décès à Simon Boulduc »30
.


13. Statue de Frontenac

Le 7 octobre 1669, il achetait de Jacques Bédard une terre31 de quarante arpents située dans l'arrondissement de Charlesbourg au prix de 800 livres. Fait à noter que la paroisse de Charlesbourg avait été fondé sept ans plus tôt par l'oncle de Louis, le père Claude Pijart.

Quoi qu'il en soit, Louis revenait ou recevait à la fin de l'été 1669 la rondelette somme de 1,500 livres pour établir ses affaires en Nouvelle-France. Malgré cela, Louis contractait une première obligation32 le 25 août 1670 envers Joseph Boursier, jésuite, puis une seconde33 le 10 novembre 1670 envers Pierre Nolan dit Lechevalier, cabaretier et commissaire d'artillerie.

Ils devaient s'intéresser que très brièvement à l'exploitation agricole7 car le 18 novembre 1672, il baillait une maison34 de Jean de Peiras membre du Conseil Souverain, situé « du côté nord de la rue St-Louis, entre Ste-Ursule et Esplanade »35-36 à Québec et il contractait une troisième obligation envers son bailleur. Ce bail démontre que le cercle social du couple comprend quelqu'un en autorité qui est de surcroît de la famille, Jean De Peiras était l'époux de Anne Thirement, fille37 du Roy et cousine38 d'Élisabeth par sa mère, Marie Hubert qui était la sœur de Claude Hubert.

14. Anne de La Grange
Comtesse de Palluau
et de Frontenac

Le 8 août 1673, Élisabeth poursuit devant le Conseil Souverain une autre fille du Roy nommée Michelle de Lahaye concernant la fourniture de nourriture d'un ou des enfants de Élisabeth Bolduc que l'intimée, déboutée, a dû rendre divers pièces de lingerie et bijoux d'enfants qu'elle avait conservé pour se payer39. Ce procès démontre, une nouvelle fois, le caractère vindicatif et peut être quérulent d'Élisabeth. Le 26 août 1674. il vendait sa terre7 de Charlesbourg pour 850 livres et baillait, le même jour, une maison6 rue du Sault-au-Matelot de Catherine Leneuf de la Potherie, curatrice de son époux aveugle Pierre Denis, sieur de La Ronde.


15. Portrait de Colbert

 Le 20 octobre suivant il était « nommé Bourgeois de la ville de Québec par décision du Conseil Souverain »40. Le 1er septembre 1675, le couple baillait une nouvelle fois un corps de logis6 dans la haute-ville de Québec de Marie-Françoise Chartier, femme de Pierre Joubert de Marsan et de Soulanges, ex-lieutenant de la compagnie de Grandfontaine au régiment de Carignan.

La source de leur revenu de l'époque demeure nébuleuse bien qu'ils disposaient du produit de la vente de leur terre et que l'avance sur l'héritage paternel bien que généreuse semblait devenue vite insuffisante compte-tenu des obligations que Louis avait prises envers différents débiteurs. Louis n'avait aucun office ou charge à ce moment. Comme il ne semble pas y avoir eu de recours en justice de ses débiteurs, il possédait donc les moyens de rembourser. Cette situation devait s'améliorer le 15 avril 1676 « ...il fut nommé, par lettres royales du 15 avril 1676, procureur du roi en la Prévôté de Québec, aux appointements de 300e (livres) Le 31 août suivant, après avoir prêté le serment d’usage, il était mis en possession de son office. »7-41.

Il faut dire que ses accointances avec Frontenac commençaient à porter fruit « Frontenac dont l'épouse (Anne de La Grange) était reçue à la Cour de Louis XIV, et qui connaissait sans doute l'apothicaire Pierre Bolduc, accorde ses bonnes grâces à son fils, Louis, chargé d'une nombreuse famille. »42 Ce qui est sûr, ce n'est pas par grandeur de cœur que Frontenac accordait ses bonnes grâces à Louis. Son cousin par alliance, Jean De Peiras vieil allié du comte, de Tilly ami personnel de Frontenac et maintenant Louis Bolduc s'unissaient donc pour tenter de contrôler le commerce, source principal de revenu de tout ce beau monde.

La controverse ne devait pas tarder à surgir. Le germe de la discorde était présent bien avant la nomination de Louis en 1675. La Prévôté de Québec était revue pour tenir compte d'un édit royal de 1674 qui prévoyait la récupération par la Couronne de toutes les terres cédées à la Compagnie43 des Indes-Occidentales. Donc au terme de cet exercice, en mai 1677, Louis XIV confirmait Louis Bolduc dans sa charge7 « ...le Gouverneur profita de la réorganisation de la Prévôté de Québec faite par un édit royal au mois de mai de 1677, pour adjoindre à Chartier de Lotbinière, Lieutenant Général de la Prévôté, Louis Bolduc, en qualité de Procureur, ainsi que Gilles Rageot comme Greffier. Ces trois fonctionnaires étaient aux gages respectifs de 500, 300 et 100 livres par an. »44 Les passions devaient alors se déchaîner pour discréditer ce pauvre Louis. En janvier 1679, les hostilités éclataient sur la prétention de l'intendant et du gouverneur à la présidence45 du Conseil Souverain. Durant la première année, Louis n'a pas été impliqué dans le conflit. Cependant en 1680, sûrement pour plaire au gouverneur, Louis accuse « ...Agnès Morin d'avoir parler sans égards à Frontenac »46 Louis venait, très probablement par inexpérience, de se mettre un doigt dans l'engrenage des imtrigues. L'intendant Jacques Duchesneau de la Doussinière et d'Ambault écrivait sur Louis au ministre le 13 novembre 1680 « ...est accusé de concussion, de vol dans toutes les maisons dans lesquelles on le souffre, de débauches et de crapules continuelles »47 Jacques-René de Brisay, marquis de Denonville, qui sera gouverneur général jugeait Louis « ...un fripon achevé à ne jamais souffrir dans une pareille charge. »48 Ces commentaires reflètent la réputation que les adversaires présents et futurs désiraient que l'on croit sur le compte de Louis. Prosaïquement, Louis était accusé « d'avoir conseillé au marguillier (Hazeur) de la basilique de ne point présenter les comptes de la fabrique afin d'obtenir un délai et d'avoir mis en branle tout l'appareil judiciaire au profit du gouverneur dans l'affaire de la dame Agnès Morin »49 Au terme d'un procès long et dispendieux, Louis était déchu provisoirement de ses fonctions, le 16 avril 1681 sans être reconnu coupable de rien, car il n'a même pas été condamné aux dépends du procès50comme la coutume le voulait à l'époque lorsqu'un accusé était trouvé coupable. Le 28 avril suivant, Louis était provisoirement suspendu de son office et remplacé par Pierre Duquet de Lachesnaye. Pour faire une analogie contemporaine, tout ce beau monde tentait de sévir contre un employé qui a manqué de jugement et de discernement que l'on a finalement suspendu sans solde. Dans sa lettre51 du 13 novembre, qui est très maladroite, Frontenac écrivait à Colbert en faisant l'éloge de Louis « ...il a été reçu en la dite charge de Procureur du Roi sans aucune plainte ni opposition... », en se plaignant de la pugnacité de François-Madeleine-Fortuné Ruette d'Auteuil de Monceaux basée sur des vétilles, le Procureur général. Frontenac faisait également mention d'une plainte « d'un homme de Bayonne », Jean de la Lande52 « qu'on a fait évader et passer en France depuis deux mois » qui aurait permis après la décision du Conseil du 16 avril d'accusé Louis de malversation. Après lecture de cette lettre, il n'apparaît pas surprenant que Frontenac ait été rappelé l'année suivante car il blâme à mots couverts plusieurs décisions du roi que Frontenac n'avait pas apprécié et qu'il estimait indirectement être la source du conflit. En plus, il admettait faire preuve d'abus de pouvoir en ne permettant pas à de Villeray de se rendre en France pour rencontrer Colbert sur cette affaire. Frontenac n'a pas, de toute évidence, cru que ce pourrait être là ce que Colbert désirait. Finalement, le 18 décembre de la même année, Louis contractait une obligation53 envers un personnage que je n'ai pas pu identifié. Signe que des problèmes financiers se pointaient de nouveau.

« ...un complot mené contre Frontenac par un sous-ministre français désireux de prendre le contrôle de la traite des fourrures, entre 1672 et 1682, entraînent en 1682 son rappel vers la France. »54 Tous les fonctionnaires y incluant Louis et les dirigeants Duchesneau, Frontenac, de Peiras et d'Auteuil faisaient ce commerce55 directement ou en sous main.

Le 20 mars 1682, la catastrophe56. Le Conseil Souverain reconnaissait Louis coupable de malversation, il était dès lors déchu définitivement de sa charge. Le 10 mars 1685, coup de théâtre. Un arrêt de Louis XIV « ...accordait à la famille de Boulduc le tiers des appointements de ce dernier, et invitait l’intendant à lui rendre son emploi, si on le jugeait suffisamment puni. ». La position du gouverneur d'alors, le marquis de Denonville, est bien exprimée en page 8. Tout comme dans le cas de Élisabeth, munie d'un congé de Denonville retournait en France très probablement pour utiliser l'influence de sa famille afin de plaider sa cause au près du roi. Ce dernier déclarait, à propos d'Élisabeth, heureux de« délivrer le pays d’un assez mauvais meuble ». L'opposition7 farouche de Denonville devait finalement l'emporter sur le lobby d'Élisabeth, le 4 juin 1686, Louis était irrémédiablement exclu de sa charge ainsi que de toute autre sur ordre du roi.

Maigre consolation, l'intendant de Meulles qui avait eu maille à partir avec Frontenac écrivait le 12 novembre 1686 concernant Louis «  Beaucoup de passion ayant été mis en cette affaire, le Roi ferait sagement de rétablir ce magistrat »57. Sauf que cette passion ne devait pas s'éteindre. Lors du second mandat de Frontenac, le Procureur général d'Auteuil devait lui aussi subir le même traitement que Louis, mais sans procès. Malgré une supplique transmise au roi de la part de ses amis pour qu'il soit réintégré dans sa charge, d'Auteuil se retrouvait cassé, lui aussi, par le roi « Il(d'Auteuil) a été la cause principale du trouble et de la mésintelligence qui ont régné à Québec. »58

Élisabeth et Louis ont eu huit enfants59 dont la benjamine Louise était la filleule9 de Frontenac et de Catherine Leneuf de la Potherie *

. En 1681, le recensement60 montre six enfants vivants. Louis possédait un fusil et deux vaches. Suite à la disgrâce de 1686, qu'est-il advenu de cette famille? Selon certaines sources, Louis se serait installé avec ses enfants à Saint-Joachim-de-Montmorency et serait décédé à cet endroit vers 1720 (il est alors confondu avec son fils Louis installé et décédé à cet endroit). Selon d'autres sources, Louis serait parti rejoindre son épouse à Paris en laissant ses enfants à la charité des gens de bien. Le couple serait décédé vers 1701 en France sans contact avec les enfants abandonnés.

Je ne crois pas qu'il ait été question d'abandon. Cette option impose que Louis disposait de l'argent requis pour payer sa traversée. Son épouse avait probablement dû lui fournir une partie de ce qui lui restait ou de manière plus probable, Élisabeth a dû lui faire parvenir la somme requise de France qu'il a dû recevoir dans le courant de l'été 1686. N'oublions pas qu'Élisabeth avait quitté l'année précédente avec probablement sa benjamine61 Louise. Comme les affaires ne se sont pas arrangées, je conçois très bien Louis dire à ses enfants qu'ils seront pensionnaires chez des amis, le temps qu'ils puissent rejoindre son épouse et prendre les dispositions nécessaires pour assurer leur survie et leur bien-être. Comme pour Jean Lemercher ayant convenu le pensionnat62 de ses deux filles chez Toussaint Hunault lors du décès de son épouse. Comme Louis a très probablement pu compter sur Jean-Baptiste de Peiras, époux de la cousine d'Élisabeth décédée en 1679 pour qu'il prenne soin des enfants, il ne serait pas surprenant que de Peiras ait placé les enfants sur une de ses nombreuses propriétés avec un couple de métayers ayant comme obligation de prendre soin des enfants aux frais des parents. Il m'apparaît probable que Louis ait quitté avec la plus jeune enfant Louise (si ce n'était pas déjà fait) car on entendra plus parler d'elle tout comme de Louis et d'Élisabeth.

« Le 8 févr. 1700, dans le contrat de mariage de son fils René, Louis Boulduc -pour lors en France -est dit vivant (greffe Jacob) ; le 7 nov. 1701, au contrat de son fils Jacques, il est décédé (greffe Jacob). On en peut conclure qu’il est mort en France entre l’été de 1699 et celui de 1701. [a. v.] »7 Outre l'âge du décès de Louis qu'il ait possible d'estimer, il faut remarquer que ces garçons se sont mariés bien après leur majorité qui était à l'époque acquise à 25 ans. De plus, ces contrats suggèrent que les enfants sont restés en contact avec leurs parents probablement par le biais de Jean-Baptiste de Peiras et qu'ils étaient pensionnaires à Saint-Joachim.

Frontenac, revenu en Nouvelle-France en 1689, a peut-être contribuer au bien-être des enfants du couple Bolduc tout en congédiant d'Auteuil. Ce retour ne marque pas le retour du couple Bolduc dans un nouvel office. Frontenac, en vieux renard, n'aurait pas couru le risque de s'opposer à la volonté du roi aussi directement. On remarquera que René et Jacques se sont mariés quelques années après le décès dans l'année du décès de de Peiras. Quant à Marie-Ursule, elle se mariait au moment de sa puberté comme la majorité des femmes de son époque permettant d'assurer la descendance vers la famille Thérien.

 


16. Extrait de Cyprien Tanguay
Tome 1, pages 64-65

En conclusion et pour plus de détails « Les alliances de Louis Boulduc/Bolduc, procureur du Roi à la prévôté de Québec au XVIIe siècle avec la dynastie des Pijart - Cet article complète les articles précédents relatifs à la dynastie des Boulduc et à celle des Pijart. La filiation de Louis Boulduc est désormais complète tant du côté paternel que du côté maternel. Il n'y a pas d'alliance entre les Pijart et les Béjart. Un tableau généalogique a été constitué à partir de ces résultats. »63.Les enfants64 du couple étaient:

Louis, né le 10 et baptisé le 14 juillet 1669, il devenait l'époux de Louise Caron le 3 juin 1697 et s'installait sur une terre achetée de monseigneur Laval. Leur descendance s'installait principalement dans la région de Joliette. Famille installée à Saint-Joachim-de-Montmorency, 10 enfants;

Marie-Anne, née le 30 juillet et baptisée le 3 août 1670, elle devenait l'épouse de Sieur Jean Marsolet de Bellechasse le 28 mai 1690 puis Jean Primont le 19 février 1716. Sans descendance connue;

Jacques, baptisé en 1671, il devenait l'époux de Marie-Anne Racine le 7 octobre 1701. Famille installée dans la région de Québec, 4 enfants;

Élisabeth née le 16 octobre 1672 et baptisée le lendemain. Elle est absente du recensement de 1681;

Louis, jumeau d'Élisabeth et absent du recensement de 1681;

René, né le 28 février et baptisé le 5 mars 1674, il devenait l'époux de Marie-Anne Gravel le 8 février 1700 puis de Louise Sénard ou Sénat le 5 mai 1711 et finalement de Marguerite Malboeuf le 21 janvier 1717. Il achetait une terre de messieurs du Séminaire de Québec en 1702. Il est décédé vers 1720. La descendance devenait pionnière de la région de la Beauce. Familles installées à Saint-Joachim-de-Montmorency, 7 enfants;


Extrait de Benjamin Sulte Tome V, page 54

Marie-Ursule, née le 5 juillet 1675 et baptisée le lendemain, elle devenait l'épouse de Sieur Henri Brault de Pomainville 11 août 1692, puis de Jean-Baptiste Drapeau le 11 août 1700 et finalement l'ancien prisonnier de guerre Charles Taylor le 5 octobre 1712. Familles finalement installées à Saint-Joachim-de-Montmorency, 10 enfants;

Louise, née le 10 et baptisée le 12 décembre 1677 dans les bras de Louis de Buade, comte de Palluau de Frontenac. Probablement retournée en France avec ses parents entre 1685 et 1686.

 

Transcription du contrat65 de mariage du 8 août 1668

«Pardevant Jean LeConte, notaire en la Juridiction de la ville de Québec, et témoings soussignez furent présents en leurs personnes Louis Bolduc fils de Pierre Boulduc Mtre Apothicaire Epicier demeurant rue St-Jacques, paroisse de St-Benoit, archevesché de Paris, Et Gillette Pizard sa femme ses père et mère d'une part. Et Isabelle Hubert fille de Claude Hubert procureur au parlement de Paris demeurant rue de La Tissanderie paroisse St-Gervais du dit archevesché de Paris et Isabelle Fontesne sa femme ses père et mère d'autre part. Lesquels de leur bon gré, bonne volonté et du consentement de leurs parents et amis et en la présence de Messire Daniel de Remy chevalier seig Baron de Courcelles gouverneur lieutenant-général pour le Roy en ce pais, de dame Marie Barbe de Bollogne veuve de Mtre. Louis Daillebout vivant chevalier seigr. de Coulonges cydevant aussi gouverneur et Lieutenant génér. en ce dit pais, de Mtre Jean Talon conet. du Roy en ses colon. d'estat et privé Intendant de police, justice et finances en ce dit pais, du sieur Le Chevalier Degrandfontesne, son capitaine au régiment de Carignan, du sieur Prévost Lieutenant en la compagnie du Sr. Degrandfontesne, du sieur Degranville Enseigne en la di compagnie, de Damelle Marguerite Le-Roux femme de feu sieur Villatte, du sieur DuBois Escuyer, sr de St-Maurice du dit St-Maurice son fils, du sieur Dehancourt Eser. sr De Baumont, du sieur Dugal, de Damelle Marie de Framchère, de Damelle Marie Charlotte de Poitiers, de Damelle Marie Angélique Portas, de Damelle Fontenay, du sieur Bernard (...)»

«(Ils) reconnurent et confessèrent avoir fait les traités et promesses de mariage qui suivent, c'est à savoir : que le dit Louis Daulduc promet prendre à sa femme et espouse de la dite Isabelle Hubert comme aussi la dite Isabelle Hubert promet prendre à son mary et espoux le dit Louis Baulduc et leur mariage faire et solemniser en face de sa mère Eglise Catholique apostolique et Romaine, le plus tost que faire se poura. Et qu'il sera advisé et délibéré entr'eux leurs parents et amis si Dieu et Nostre mère Ste-Église s'y accordent (...)»

«Et consentent pour estre les futurs espoux uns et commune en biens, meubles, acquets et conquets immeubles suivant la coustume de Paris. Ne seront tenus les futurs espoux des dettes et hypothèques l'un de l'autre faites et crées auparavant la solomnité de leur mariage ainsy aucunes y a elles seront payées et acquittées par celui qui les aura faites et crées sur son bien. Prendra le dit futur espoux la dite future espouse avec ses droits, noms, raisons et actions en quelque lieu qu'ils soient sis et situés et trouvés (...)»

«Et cependant la dite future espouse promet porter avec son dit futur espoux le lendemain de leurs épousailles la somme de quatre cent livres pour tous ses meubles habits bagues et joyaux. Sera la future espouse douée du douaire coustumier suivant la coustume de Paris. Sera le préciput égal et réciproque de la somme de cinq cent livres à prendre par le survivant sur les biens de la communauté suivant la prisée de l'inventaire qui sera pour lors faite sans aucune erreur. Et pourra la dite future espouse advenant la dite dissolution de la dite communauté renoncer à icelle et en ce faisant reprendre ce qu'elle aura apporté avec son dit futur espoux. Le douaire et préciput tels que dessus et tout ce que pendant et constant leur mariage lui sera advenu et échu par succession, donation ou autrement le tout franchement et quittement sans qu'elle soit tenue payer aucunes dettes de la di communauté encore qu'elle y fut obligé ou condamnée (...)»

«En faveur duquel mariage et pour y parvenir les dits futurs espoux se sont par ces présentes fait donation irrévocable entervifs et au survivant d'eux de tous et chacuns de leurs biens meubles acquets et conquets immeubles voire mesme de leurs propres en quelque lieu qu'ils soiz secrez et trouvés et à quelque somme qu'ils se trouvent monter (...)»

«Et pour faire insinuer & car ainsy & s'obligeant & chacun en droit foy et renonçant à fait et passé au dit Québec après midy en Lestude du dit notaire le huitième août mil six cent soixante huit en présence de Jean Levasseur dit Lavigne et de Jean Bourdon huissiers du conseil souverain témoings a ce requis qui ont signé avec les dits parents et amis, les dites parties et le notaire.
 

Et ont signé.

Boulduc Fontenay Isabelle hubert marie portas Courcelle Depeiras M leroux M. de franclieu Le chevalier de grand fontene Marie charlotte de poictiers M B DeBoullougne bernard de Mante Dubois J. Bourdon Duboys Provost St maurice Talon Nicolas de Haucourt J. Levasseur DeGranville Le Conte, Not. Dugal» 66

 

Signatures au contrat de mariage de Louis Bolduc et Élisabeth Hubert le 8 août 1668

 

1Portrait conservé ainsi que celui de son fils Simon à la salle des Actes de la Faculté de pharmacie de Paris, http://www.ordre.pharmacien.fr/roi/pdf/apothicaires-XVII.pdf, 26 décembre 2009

2Christian Warolin, Le cadre de vie professionnel et familial des apothicaires de Paris au XVIIe siècle, Thèse pour le doctorat, Université de la Sorbonne, UFR Histoire, Tome II,Paris, 1994, pages113 et 151

3Wikipédia, Apothicaire, Texte et illustration, http://fr.wikipedia.org/wiki/Apothicaire, 15 décembre 2009

4J. Monet, Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Pierre et Claude Pijart, © 2000 University of Toronto/Université Laval,http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=525&interval=25&&PHPSESSID=osegj9n602oep3hdu1m7tsck95, 18 décembre 2009

5Wikipédia, Louis Boulduc, http://en.wikipedia.org/wiki/Louis_Boulduc, 21/12/2009

6Charles Vianney CAMPEAU , Navires venus en Nouvelle-France, Louis Bolduc, http://naviresnouvellefrance.com/, 17 décembre 2009

7André Vachon, Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Louis Boulduc, © 2000 University of Toronto/Université Laval, http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=660&interval=25&&PHPSESSID=2qk9kviaa1qr79gke6lm6dr893, 15 décembre 2009

8Bernard Quillivic et als. Migrations, Régiment de Carignan, http://www.migrations.fr/compagniescarignan/compagniegrandfontaine.htm, 15 décembre 2009

9Bernard Quillivic, courriel, 3 janvier 2010

10Ibid., 24 décembre 2009

11Jacques Lacoursière et Marie-Hélène Lixier, Nos Racines, l'histoire vivante des Québécois, Les Éditions Transmo Inc., Montréal, 1979, Revue hebdomadaire, Chapitre 9, page 207

12Sur le site de généalogie BMS, l'acte et le contrat de mariage sont sous le prénom d'Isabelle et il en est de même pour la Collection Marcel-Trudel d'actes notariés de la SGCF. Elle ne doit pas être confondue avec son homonyme épouse de Antoine Renaud de Montréal ayant vécus à la même époque. Elle signait élisabelle voir figure 18

13Généalogie personnelle d'Olivier Jeannot, Les familles nobles et bourgeoises de Paris, http://site.voila.fr/geneolivier/noblesse/paris.html#F_Hubert, 16 décembre 2009

14Ibid., Illustration 8, I (Dossier Bleu 422) , 16 décembre 2009

15Ibid., Illustration 9, (cote au CARAN : ET/V/221), 16 décembre 2009

16Bernard Quillivic et als. Migrations, Filles du Roy,http://www.migrations.fr/700fillesroy.htm#H, 16 décembre 2009

17Jacques Hillairet - Connaissance du vieux Paris - Editions Princesse – 1954, page 83

18 Wikipédia, Torture,http://fr.wikipedia.org/wiki/Torture, 16 décembre 2009

19Bernard Quillivic et als. Migrations, Filles du Roy, http://www.migrations.fr/700fillesroy.htm#H, 16 décembre 2009 et Silvio Dumas, Les filles du Roi en Nouvelle-France : étude historique avec répertoire biographique, La Société Historique de Québec, Québec, 1972, page 259

20Ibid.

21Wikipédia, Fort Sainte-Thérèse,http://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_Sainte-Th%C3%A9r%C3%A8se, 16 décembre 2009

22Wikipédia, Fort Chambly, http://fr.wikipedia.org/wiki/Fort_Chambly, 16 décembre 2009

23Ibid. note 11

24Société Généalogique Canadienne-Française, Collection Marcel-Trudel d'actes notariés, Greffe de Jean Lecomte, dossier 14685 en date du 8 août 1668, 3 pages et dossier 8062 en date du 18 août 1668 , 7 pages.

25François Marchi, Généalogie Canadienne-Française, Gillette Pijart, http://genealogiequebec.info/testphp/info.php?no=4466, 18 décembre 2009

26Léon Pouliot, Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Paul Ragueneau, © 2000 University of Toronto/Université, http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=545&interval=25&&PHPSESSID=8o5tjl61th8rhkna46ufsid5e7, 18 décembre 2009

27Ibid. note 10

28Ibid. note 10

29Ibid.

30Ibid. note 24

31Société Généalogique Canadienne-Française, Collection Marcel-Trudel d'actes notariés, Greffe de Pierre Duquet de Lachesnaye, Dossier 6886, 1 page

32Société Généalogique Canadienne-Française, Collection Marcel-Trudel d'actes notariés, Greffe de Pierre Duquet de Lachesnaye, Dossier 8060, 3 pages

33Société Généalogique Canadienne-Française, Collection Marcel-Trudel d'actes notariés, Greffe de Pierre Duquet de Lachesnaye, Dossier 8059, 2 pages

34Société Généalogique Canadienne-Française, Collection Marcel-Trudel d'actes notariés, Greffe de Romain Becquet, Bail(dossier 8057, 3 pages) et Obligation(dossier 8058, 3 pages)

35Evelyn Bolduc , Souvenirs beaucerons et la famille Bolduc, page 43

36Roland-J. Auger, Dictionnaire biographique du Canada en ligne, Robert de Peiras, © 2000 University of Toronto/Université, http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=1025&interval=25&&PHPSESSID=h7nh8hr7ouvpprfqg4mdnb3cg4, 2 janvier 2010

37Bernard Quillivic et als. Migrations, Filles du Roy,http://www.migrations.fr/700fillesroy.htm#H, 16 décembre 2009

38Ibid. note 29

39Silvio Dumas, Les filles du Roi en Nouvelle-France : étude historique avec répertoire biographique, La Société Historique de Québec, Québec, 1972, pages 218-219

40Ibid. note 28, page 44

41Société Généalogique Canadienne-Française, Collection Marcel-Trudel d'actes notariés, Greffe de Romain Becquet, Dossier 4485, 10 pages

42Ibid. note 28, page 44

43Ibid. note 28, page 45

44Ibid. note 28, page 44

45Ibid. note 28, page 46

46Ibid. note 9

47Ibid. note 6

48Ibid. note 6

49Ibid. note 28, page 49

50Ibid. note 28, page 49

51Ibid. note 28, pages 50-51

52Ibid. note 9

53Société Généalogique Canadienne-Française, Collection Marcel-Trudel d'actes notariés, Greffe de Romain Becquet, Dossier 4487, 4 pages

54Wikipédia, Louis de Buade de Frontenac,http://fr.wikipedia.org/wiki/Louis_de_Buade_de_Frontenac, 19 décembre 2009

55Ibid. note 28, page 52

56Ibid. note 7

57Ibid. note 6

58Ibid. note 28, page 52

59Abbé Cyprien Tanguay, Dictionnaire généalogique des Familles Canadiennes , Tome I, pages 64-65

* Pierre-Georges Roy, Recherches historiques, Tome IV, Lévis, 1898, page 37

60Benjamin Sulte, Histoire des canadiens-français, Tome V, page 54

61Wikipedia, Louis Boulduc, http://en.wikipedia.org/wiki/Louis_Boulduc, 21 décembre 2009

62Michel Langlois, Montréal 1653; La grande recrue, Les éditions du Septentrion, Diffusion Dimedia, Québec, 2003, page 123 et 124.

63Christian Warolin, Résumé de l'article concernant Louis Bolduc,Revue d'histoire de la pharmacie, Société d'histoire de la pharmacie, Paris, FRANCE (1930) (Revue), 2009, vol. 56, no360, pp. 395--400 [6 page(s) (article)] (22 ref.), ISSN 0035-2349, http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=21107550, 17 décembre 2009

64Synthèse des informations du site de François Marchi, Généalogie Canadienne-Française, http://genealogiequebec.info/testphp/, 5 janvier 2010 et du livre de Evelyn Bolduc et Luc Lacoursière, Souvenirs beaucerons et la famille Bolduc, pages 53 et 54 et du livre de Benjamin Sulte, Histoire des canadiens-français, Tome V, page 54 et du livre de Abbé Cyprien Tanguay, Dictionnaire généalogique des Familles Canadiennes , Tome I, pages 64-65

65Musée virtuel de la Nouvelle-France, Musée Canadien des Civilisations, Un contrat de mariage, http://www.civilisations.ca/mcc/explorer/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france/population/les-filles-du-roy/les-filles-du-roy26, 21 décembre 2009

66Ibid. note 28, page 42, Source de l'illustration 18

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